Lycée moderne de Cocody : une élève se tire une balle dans la cour de l'école
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Lycée moderne de Cocody : une élève se tire une balle dans la cour de l'école

Lycée moderne de Cocody : une élève se tire une balle dans la cour de l'école

RTI Info/Boris Odilon BLE | Lu 3946 fois | Publié

On a frôlé le pire au Lycée moderne de Cocody le lundi 30 avril dernier. Une élève âgée de 14 ans, a reçu une balle dans la paume gauche dans la cour de l’établissement. Comment cet incident sans précédent s’est déroulé ? RTI Info a été dans ce lycée pour comprendre ce drame évité de justesse.

Les faits

V.D, âgée de 13 ans, est élève en classe de 4e3 au Lycée moderne de Cocody. Elle vit avec ses parents dans un appartement dans la commune de Cocody. Pour permettre aux enfants d’étudier dans la quiétude, le débarras de la maison a été mué en salle d’études. La cohabitation entre V.D et les cartons va susciter la curiosité de l’adolescente de 13 ans. Dans ses fouilles, elle découvre une arme à feu. Elle n’en parle pas à ses parents.

Fière de sa découverte, elle l’annonce le lendemain à son amie M.B. « J’ai un pistolet » lui dit-elle. M.B ne croit pas un seul de mot de ce que lui dit son amie. Où et comment V.D aurait-elle pu se procurer une arme ? Elle exige de la voir. Rendez-vous est donc pris pour le lundi 30 avril 2018.

Le matin du lundi 30 avril, V.D fait une entrée triomphale. Quand elle franchit le seuil de la classe, l’arme à feu dans son sac, elle clame tout haut : « haut les mains, que personne ne bouge ». Mais ses camarades de classe ne s’occupent guère de cet ordre. Elle rejoint tranquillement sa place, ouvre son sac, et présente « son arme » à V.D. Les deux adolescentes sont aux anges. V.D a, en plus de l’arme à feu, deux munitions trouvées dans le même carton qui contenait le pistolet. L’arme n’est pas chargée. Les deux filles manipulent leur « nouveau jouet ». M.B prend une munition qu’elle introduit comme une experte dans le canon de l’arme. Le danger plane désormais, les deux filles ne le savent pas. Elles remettent l’arme dans le sac.

Et l'inévitable se produisit…

La pause intervient à 12H. Les élèves désertent les classes, ceux qui ont cours l’après-midi sont dans la cour de l’école. Comme une trainée de poudre, la nouvelle se répand. Les garçons de la même classe que les deux filles veulent eux aussi voir l’arme. S’engage alors une discussion, qui se mue en dispute puis en une lutte sur le sac de V.D. Les garçons, plus forts et plus nombreux, arrachent le sac. Un invité surprise, en classe de 3e se joint à eux, il récupère le sac et y plonge la main pour faire sortir l’objet de toutes les convoitises. M.B ne l’entend pas de cette oreille et veut l’en empêcher. Dans cette lutte sur l’arme à feu, le coup part… M.B reçoit une balle dans la paume de la main gauche. Elle saigne. Tout ce beau monde est apeuré. Le garçon court dissimuler l’arme dans les toilettes de l’école.

La blessée est conduite à l’infirmerie de l’établissement. Le personnel médical la prend en charge et stoppe l’hémorragie, les parents de la blessée sont contactés.

L’infirmière de l’établissement informe le proviseur Konan Yao. Au moment où il se rend à l’infirmerie, les parents de M.B sont déjà partis avec leur fille blessée. Elle est conduite dans une clinique pour l’extraction de la balle qui s'est logée au niveau du poignet.

La gendarmerie est saisie. Les élèves donnent une version « invraisemblable » de l’incident selon laquelle le coup serait parti de nulle part. M.B aurait reçu selon ses propres dires « une balle perdue ».

Le mercredi 2 mai, le proviseur et ses collaborateurs décident d’entendre les élèves. Coincés, ils avouent. L’arme est remise au proviseur. Les parents de tous les élèves impliqués sont convoqués par les responsables de l’établissement.

Selon les parents de V.D, l’arme de type Beretta, appartenait au propriétaire de la maison qu’ils louent. En tant que fondé de pouvoir d'une banque, cette arme lui servait pour sa protection personnelle.

De nouvelles mesures prises

Face à cette malencontreuse situation, le proviseur Konan Yao prend de nouvelles mesures. « Chaque matin, nous fouillons dans les sacs de tous les élèves. Depuis 5 ans que je suis en fonction ici, on a toujours procédé à des fouilles, mais on contrôlait beaucoup plus les garçons. Désormais, tout le monde sera fouillé » clame-t-il. « Heureusement qu’on a frôlé le pire » a-t-il conclu.

Tous les élèves mis en cause ont écopé d’une suspension de 72 heures à compter du 8 mai 2018. Ils reprennent normalement les cours ce vendredi 11 mai 2018. Aussi, la note de 6 en conduite leur est attribuée.

La vie de M.B n’est pas en danger, les cours se déroulent normalement dans l’établissement.

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