Nigeria : le parti au pouvoir s'effrite à quelques mois de la présidentielle
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Nigeria : le parti au pouvoir s'effrite à quelques mois de la présidentielle

Nigeria : le parti au pouvoir s'effrite à quelques mois de la présidentielle

AFP | Lu 1058 fois | Publié

Des parlementaires nigérians appartenant au parti au pouvoir, All Progressives Congress (APC), ont formé un groupe dissident, annonce sans surprise d'une division imminente et d'un mouvement contre le président Muhammadu Buhari, de plus en plus critiqué au sein même de son camp, à moins d'un an de la présidentielle.

Ancien allié de Buhari, Buba Galadima a annoncé mercredi la création du Reformed All Progressives Congress (rAPC), et a appelé tous les membres dissidents du parti à le rejoindre.

Le rAPC n'est pas un parti d'opposition, mais un groupe dissident au sein du parti, ce qui permet aux élus de garder leur poste.

Il a notamment accusé l'ancien général et son gouvernement de ne pas avoir tenu ses promesses en termes de sécurité et de lutte contre la corruption.

Selon lui, la présidence de Buhari à la tête du pays le plus peuplé d'Afrique (180 millions de personnes) est un "désastre monumental", et son équipe au sein de l'exécutif "n'a aucune vision, est inepte et incompétente".

"Il a instauré un Etat dictatorial, où règnent l'impunité, l'abus de pouvoir, la perte des droits constitutionnels", a-t-il affirmé à des journalistes à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria.

Cette annonce fait suite à des mois de luttes intestines au sein de l'APC, portées notamment par les présidents des deux Chambres, Bukola Saraki et Yakuba Dogara, dont les relations sont notoirement conflictuelles avec Buhari. Ils n'ont pas annoncé leur ralliement au rAPC pour l'instant.

Les grandes figures du parti - notamment le nouveau chef de file de l'APC Adams Oshiomole, ont tenté en vain d'atténuer les tensions, en multipliant les discussions.

"Cette annonce n'est pas une surprise", Cheta Nwanze, du cabinet SMB Intelligence basé à Lagos.

Ce tournant, huit mois avant la présidentielle de février 2019, rappelle les événements au sein du PDP (Parti Populaire Démocratique), alors au pouvoir sous Goodluck Jonathan: de nombreux membres avaient fondé le mouvement du "nPDP", avant de faire défection pour rejoindre l'APC, le portant ensuite au pouvoir.

Parmi eux, se trouvaient déjà Bukola Saraki et Yakuba Dogara: "Les anciens du nPDP ont toujours été critiques au sein du parti, surtout depuis l'élection de Saraki et Dogara au Sénat et à l'Assemblée", poursuit Cheta Nwanze.

Au Nigeria, Etat fédéral composé de 36 Etats, les alliances politiques et les soutiens des gouverneurs sont essentiels pour accéder au pouvoir, ce qui explique ces dissidences et les aller-retour d'un parti à un autre.

Muhammadu Buhari, 75 ans, qui a annoncé son intention d'être candidat à sa propre succession, subit de nombreuses pressions sur tous les fronts. Il a perdu de nombreux soutiens, notamment dans la région de la "Ceinture du Milieu" (Etats centraux de Benue, de Nasarawa et du Plateau) à cause du conflit intercommunautaire entre agriculteurs et éleveurs nomades.

Le mois dernier, l'Assemblée nationale avait déclaré "ne pas hésiter à (invoquer) ses pouvoirs constitutionnels si rien n'est fait" pour assurer la sécurité et mettre un terme à la montée des conflits qui ont fait plus de 2.000 morts dans le pays depuis le début de l'année.

Le Nigeria est aussi en butte à l'insurrection sanglante des jihadistes de Boko Haram, qui a fait plus de 20.000 morts depuis 2009.

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