A Daloa, les populations dénoncent la cherté des denrées alimentaires (Enquête express)
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A Daloa, les populations dénoncent la cherté des denrées alimentaires (Enquête express)

A Daloa, les populations dénoncent la cherté des denrées alimentaires (Enquête express)

Youssoufi Mariko avec AIP | Lu 556 fois | Publié

La flambée des prix des denrées alimentaires rime depuis quelques temps avec les cris des populations ivoiriennes. Lors d'une enquête express sur les prix des vivres, dans le petit marché de Lobia 2 et du grand marché de Daloa, les populations de cette localité n'ont manqué de dénoncer le coût exorbitant de ces aliments.

 

Les personnes interrogées, notamment les consommateurs ou même les commerçants dénoncent la cherté des denrées alimentaire de grande consommation dont les légumes, les tubercules, la banane plantain, le riz, et l’huile (...).

Au dire d’une ménagère au marché de Lobia, Mme Féké Marie Thérèse, "le prix des produits alimentaires était acceptable" trois années antérieures. "Mais aujourd’hui, tout a augmenté. Tu vas au marché aujourd’hui, tu achètes un kilo de riz à 300f, demain tu reviens comme par coup de magie, on te dit que le riz est monté à 400f".

Elle ajoute que quelques années en arrière, 25 litres d’huile étaient à 17000 FCFA alors qu’aujourd’hui nous sommes à 18000 FCFA ou 19000 FCFA. Concerna nt les légumes, elle précise que les prix varient selon les périodes. "Vraiment tout est cher et nous ne mangeons plus pour être en bonne santé, mais, nous le faisons pour survivre", a-t-elle déploré.

Selon Mme Gbeuly Olga couturière au marché de Lobia, "tout est devenu cher. Avant, le litre d’huile était à 500 FCFA, aujourd’hui le litre d’huile est à 1000 FCFA. Voyez par vous-même l’écart, et cela ne va plus baisser mais le prix va toujours grimper".

Une instructrice, Zokora Danielle dénonce également le même phénomène, soutenant que "les denrées alimentaires de première et de grande nécessité sont chères. Les gens n’arrivent plus à se nourrir correctement. Ils se nourrissent mal et arrivent à peine à avoir un repas par jour. Même l’ivoirien moyen, c’est-à-dire le fonctionnaire n’arrive pas à avoir les trois repas par jour et arrive à peine à avoir un bon repas par jour", s’elle t-elle plaint.

Elle précise que les associations des consommateurs, ne font que "la politique de leur propre ventre". Elle plaide auprès du gouvernement, afin que les mesures arrêtés pour une baisse du coût des denrées alimentaires sont appliquées effectivement, sollicitant le président de la république à se pencher sur le problème de la cherté. "Nous l’avons réélu, il faut qu’il pense aussi à cette population qui l’a réélu, afin que nous ne sombrions pas dans la faim", a-t-elle préconisé.

Pour une vendeuse de piment et de tomates appelées communément tomates de salade, Mme Kouadio Ahou Cynthia, le prix des produits varient selon les saisons. "Lorsque c’est la bonne période, les tomates sont vendues en gros au prix de 400 FCFA/KG, lorsque ce n’est pas la saison, le kilogramme grimpe jusqu’à 800f ou 900f chez les grossisses, nous les prenons et les revendons en détail, nous plaçons les petites tomates 4 à 100 FCFA et les plus grosses 4 à 200 FCFA", a-t-elle expliqué. Les piments sont vendus en gros dans des cuvettes au prix de 6000 FCFA et nous les revendons un tas à 50 FCFA", selon elle.

Une vendeuse de banana plantain au petit marché de Lobia, Alangba Anne Marie dénonce également le prix excessif de la banane plantain. "Nous prenons trois régimes de bananes dans les villages au prix de 1000 FCFA et nous les revendons en d étail, 4 grosses bananes à 200 FCFA et les plus petites 4 ou 5 bananes à 100 FCFA".

Cependant, elle précise que le transport demeure l’un des facteurs de la cherté des denrées alimentaires, car le coût du transport de ces aliments des villages ou des campements jusqu’à la ville reste toujours élevé malgré la baisse du prix du carburant.

Alangba Anne Marie a donc lancé un appel aux autorités afin que le problème du coût du transport qui est toujours élevé soit revu à la baisse.

Toujours dans cette même veine, Kouamé Adjoua Clarice explique que par faute de moyens de transport, elle préfère ne pas se rendre en brousse pour prendre la marchandise comme ses sœurs commerçantes. Elle dit prendre ses marchandises en gros avec les revendeuses qui reviennent de la brousse, bien que cela lui revienne un peu cher.

"Je prends mes marchandises ici, en ville, avec les femmes qui viennent de la brousse. Elles nous font cela cher, nous prenons le panier d’aubergine à 3000 FCFA, nous revendons à 50 FCFA et 100 FCFA le tas d’aubergine. Quand aux gombos, les paniers varient entre 1000 et 1500 FCFA, selon le contenu du panier et nous les plaçons à 25 FCFA lorsque c’est la période de gombo et à 50 FCFA lorsque le gombo manque sur le marché".

Au grand marché de Daloa, au dire de Coulibaly Ibrahima, un commerçant d’oignons, de riz, d'huile, de cube Maggi etc, "tout est cher et rien ne marche". "Nous vendons nos marchandises en gros, demi-gros et en détail, selon la demande du client. Le kilogramme de l’oignon varie entre 400 et 500 FCFA, selon les lieux et en détail de 25 à 100 FCFA", selon son volume, a-t-il expliqué.

Ce commerçant justifie cette cherté des marchandises par les taxes municipales, les patentes. Il pointe un doigt accusateur sur l’association des commerçants à Daloa qui, selon lui, a "déjà les moyens et ne se préoccupe pas de la cherté de la vie des populations locales".

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