Afrique du Sud : Jacob Zuma, un parcours politique plein de frasques.
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Afrique du Sud : Jacob Zuma, un parcours politique plein de frasques.

Afrique du Sud : Jacob Zuma, un parcours politique plein de frasques.

Rti Info / Mariam CISSE (stagiaire) | Lu 281 fois | Publié

Jacob Zuma a été rappelé par son parti politique le mardi dernier. Le Congrès National Africain (ANC), veut dissocier son image de celle du chef d’Etat aux multiples scandales depuis son élection. Une proposition à laquelle Zuma a adhéré en cédant son fauteuil dans la soirée du mercredi 14 février. Retour sur une chute prévisible...

Ascension fulgurante du combattant "Zulu"

Le chemin menant à la tête de l’ANC, Zuma le trace très tôt. De son Zululand natal actuel Kwazulu, il commence le combat contre l’apartheid à 17 ans. En 1962 il entre dans le Umkhonto we Sizw, la branche militaire du mouvement. Un an plus tard, Zuma se fait arrêter avec 45 autres membres de l’ANC y compris Nelson Mandela. Il va passer 10 ans dans la prison de Robben Island, des années qui lui seront plutôt avantageuses. Derrière les Barreaux, Zuma se construit non seulement un carnet d’adresses lourd mais le bénéfice le plus apparent reste son coaching. Il y apprend à lire et à écrire mais également à faire de la politique.  

En 1973, il sort de prison et tient la base de l’organisation dans le Kwazulu. Deux ans après, la guerre du gouvernement contre l’ANC continue, Zuma s’exile ainsi que les partisans qui jusque-là demeuraient dans la clandestinité. Il parcourt plusieurs pays notamment le Mozambique et la Zambie (où se trouvait le quartier général de l’ANC) en 1977. Dans la même année, il rejoint le Comité exécutif national de l’ANC et gravit petit à petit les échelons.

Dix ans plus tard, le gouvernement Klerk s’ouvrent aux discussions. Zuma rentre en Afrique du Sud pour participer aux négociations au sujet des prisonniers politiques et du retour des exilés.  1994, il s’engage dans la conquête du poste de premier ministre de sa région natale, il échoue certes mais obtient quand même une place dans le Comité exécutif de l'économie et du tourisme de la localité.

Une succession de scandales

En 1999, il est nommé vice-président de l’Afrique du Sud, par Thabo Mbeki alors président du pays. A partir de ce moment, commence la série de scandales autour de Jacob Zuma. Dans sa lutte acharnée contre la corruption, le président Mbeki avait mis en place une unité d’enquête connue sous le nom de "scorpion". Les premiers résultats indexent Zuma, le gouvernement annonce son implication dans une affaire d’achat d’armes d’une valeur de plus de 15 milliards de francs CFA. Une affaire pour laquelle, la justice sud-africaine avait demandé des comptes à Zuma en 2001. Trois ans après, aucune suite, la législation avait fini par abandonner et Zuma a eu gain de cause.  

En 2005, le dossier refait surface doublé d’une nouvelle accusation. Zuma aurait accepté un pot-de-vin dans le cadre de l'accord de 1999 sur les armes. Un autre scandale qui lui coute sa place de vice-président, il se fait limoger par le Président Mbeki. En décembre 2005, un nouveau scandale éclate, cette fois-ci à caractère sexuel. La justice l’inculpe pour viol d’une femme séropositive. Une affaire qui crée une indignation chez les sud-africains. Malgré tout, Zuma s’en sort encore une fois. 

En 2007, il s’appuie sur la réputation de dictateur de son ancien patron Mbeki, pour battre sa campagne d’accès à la tête du Congrès National Africain et le contraint l’année d’après à démissionner du pouvoir.

En 2009, il est élu président de l’Afrique du sud puis réélu en 2014. En 2016, Zuma est une fois de plus indexé : il a rénové sa maison avec l’argent du contribuable. Pour cette affaire, il commence par nier les faits qu’on lui reproche, mais après enquête du parlement, le chef d’Etat fini par avouer son forfait. La justice ainsi que l’opinion publique avaient exigé un remboursement, mais comme toujours Zuma réussi à s'échapper. Toujours dans la même année, Zuma est accusé d'avoir reçu de l’argent de la famille Gupta (des hommes d’affaires indiens installés en Afrique du Sud depuis 1993) pour le choix de certains ministres favorables à leurs manœuvres illégales. 

Zuma, la chute

La controverse autour du Président sud-africain Jacob ZUMA s’accroit depuis la pléiade de scandales politico-financiers et sexuels dans lesquels il est trempé. L’ex président de l’ANC est au plus bas de sa popularité. Les avis sur son départ un an avant la fin de son mandat se sont généralisés au fil du temps.

Les premières plaintes sont venues des partis de l’opposition, qui avaient tenté à plusieurs reprises d’obtenir sa destitution. Ceux-ci seront rejoints par les cadres de l’ANC qui, après avoir obtenu sa destitution à la tête du parti, ont après plusieurs réunions et négociations réussi à le chasser du pouvoir.

Le parti a décidé mardi de le rappeler en lui donnant un délai de 48 heures pour démissionner au risque d’une présentation de motion de défiance au parlement ce jeudi.

A l’instar de son prédécesseur, Zuma finit par obtempérer. Il a annoncé hier mercredi sa démission. Une démission qui représente une aubaine pour Cyril Ramaphosa, l’actuel vice-président également président de l’ANC. Selon la constitution M. Ramaphosa devra remplacer Zuma sur 30 jours maximum, en cas de démission le temps pour le parlement d’élire le nouveau chef d’Etat. Mais le parlement tranche ce jeudi, en votant directement Ramaphosa à la tête du pays. L'ancien homme d'affaire considéré comme l'homme fort de l'Afrique du sud et le protégé de Nelson Mandéla  vient de réaliser son rêve, il a preté serment au parlement ce jeudi. Une investiture qui ouvre une nouvelle ère pour l'Afrique du Sud.

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