Plusieurs maquis « Baoulé » s’activent pour la célébration de « Pâquinou » à Abidjan
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 Plusieurs maquis « Baoulé » s’activent pour la célébration de « Pâquinou » à Abidjan

Plusieurs maquis « Baoulé » s’activent pour la célébration de « Pâquinou » à Abidjan

Aip | Lu 1290 fois | Publié

Une randonnée à Koumassi, Abobo, N’Dotré et Yopougon dans le district d’Abidjan a donné de constater que les maquis dits « Baoulé », peuple du centre de la Côte d’Ivoire, se préparent activement pour la célébration de « Pâquinou », occasion de grandes réjouissances et de retrouvailles pendant la fête chrétienne de la Pâques. Décor féerique, du son et de la danse, de la nourriture à profusion, tout est fin prêt pour le grand show qui démarre ce samedi.

Il est 16H30, quand l’équipe de reportage de l’AIP s’invite,  jeudi, au « QG Kédjébo » à Koumassi. Selon le gérant, Goli Kouadio, ce temple du Goli, de l’Aloukou, de l’Adjoss, danses très prisées en pays Baoulé et dont le nom « Kédjébo » signifie littéralement « remuer la forêt » est la propriété de Kédjébo, artiste tradi-moderne.

Dans ce maquis campé dans les tréfonds de la commune, le personnel et le stock de boisson ont été renforcés. Le prix du vin, beaucoup consommé pendant la célébration de « Paquinou » a subi une légère augmentation. Vendu habituellement à 1800 FCFA, le « Grigbo », comme l’appellent les initiés passe à partir de ce soir à 1900 FCFA. La bière 66 et bien d’autres seront vendues à 650 FCFA au lieu de 600 FCFA, confie Goli Kouadio alias « Colombo ».

« Ces légères augmentations nous permettront de louer des chaises et bâches que nous installerons dehors pour le monde qui va venir », justifie-t-il.

Toujours à Koumassi, à la place « In’Challah » un second cadre de jouvence, « N’Gowakro », qui signifie toujours en langue vernaculaire « le village de réjouissance ». Gérant du plus grand coin « Baoulé » de la commune, Kouassi Olivier ne déroge pas à la règle. Une banderole à l’entrée du maquis annonce les festivités. Deux jours de folie sont annoncés dimanche et lundi avec des artistes de renom dont Arthur et Sahouet.

La brasserie ivoirienne accompagne l’événement avec sa marque « ivoire » vendue exceptionnellement les cinq bouteilles à 2000 au lieu de 2500 FCFA. L’espace VIP a été relooké pour la circonstance et le personnel est passé de 10 serveuses à plus d’une vingtaine, annonce le gérant.

Cap sur la commune d’Abobo dit « La guerre ». Après plus d’une heure et demi d’embouteillages, l’AIP s’introduit dans le « 9 giga » dans le quartier de l’ex-cinéma « Etoiles », il est 19H30. Quelques décibels et une poignée de consommateurs annoncent les couleurs des trois jours de fêtes.  En ce lieu, les dispositions sont presque les mêmes constatées à Koumassi sauf que les prix de la consommation restent inchangés.

20H30, immersion à N’Dotré dans le maquis « Baoulékro », situé à quelques encablures du grand carrefour, où sont distillés des airs de musiques « Baoulé » dans l’antre de Charly Parker, producteur du groupe « Akobo poussière ».

« Nous avons prévu durant ces trois jours de donner la chance aux artistes Baoulé en herbe de se faire connaitre », a fait savoir le manager Youl, annonçant en attraction les artistes Aboutou Roots et Akobo poussière, en guest star.

A Yopougon, quartier Maroc, « O’Baoulé » affiche une affluence plus grande à 22H dans le plus ancien maquis « Baoulé » d’Abidjan. Plusieurs chansonniers Baoulé ou artistes en herbe auront également l’occasion de se tisser une toile. La hauteur de l’événement a induit l’agrandissement des lieux. Les médias sont annoncés pour la couverture de l’événement, fait savoir le gérant qui a décidé de mettre un accent particulier sur l’accueil.

« J’ai renforcé mon stock de poisson et de poulet. Les prix seront les mêmes, le poisson à partir de 2500 F CFA et le poulet à 4000 », confie une restauratrice, installée devant le maquis.

La ville de Yamoussoukro accueille les festivités « officielles » décentralisées en présence de la Reine des Baoulé, tandis chaque village reçoit ses fils de la diaspora intérieure et extérieure dans une ambiance joyeuse de retrouvailles où se règlent les problèmes et se prennent les décisions importantes engageant le développement des villages et l’avenir des populations.

Pâquinou, en dehors des villages Baoulé ne sera pas seulement l’affaire des maquis dit « Baoulé » d’Abidjan. Depuis quelques années des paroisses catholiques ont décidé de donner une coloration traditionnelle à la célébration de la Pâques en offrant  l’occasion à leur fidèle de vivre cette solennité de la résurrection du Christ dans une atmosphère villageoise.

A la paroisse Saint Joseph Charpentier de Yopougon-Gare, le curé, le Père Alphonse Yao Kouadio, a initié depuis trois ans une messe le dimanche de la Pâques dite et chantée en langue Baoulé. A la fin de l’eucharistie, un espace gastronomique est dressé pour la vente de mets puisés du terroir comme le foutou d’igname à la sauce « Gouagouassou », « Kôpè » ou « Gnangnan » accompagné de la viande de brousse et du vin de palme « Bandji ».

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