Le Djaka festival du Lôh-Djiboua
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Le Djaka festival du Lôh-Djiboua

Le Djaka festival du Lôh-Djiboua

AIP | Lu 2371 fois | Publié

Samedi 11 août 2018, il est 23h. Sur la grande scène du Djaka qui a pris possession du stade municipal de Divo, il y a maintenant une semaine, une prestation live très appréciée du public.

Le chantre Ano Mira, dans toute sa splendeur, égrène ses titres à succès. Celle sui se fait discrète ces dernières années n’a rien perdu de sa splendeur. Son jeu de scène s’est même amélioré. La jeune dame est d’origine Bagoué de San Pedro et elle n’a voulu rater pour rien au monde ce Djaka 2018.

Avec ses sœurs Aklane et Tiane, Ano Mira est une des vedettes de cette soirée de clôture. Retour sur un festival annuel qui gagne d’année en année les cœurs.

Si le Djaka visait à l’origine la valorisation de la culture du peuple Dida, cette manifestation devient peu à peu le creuset, le rendez-vous incontournable entre les éléphants et les panthères du Lôh-Djiboua et leurs frères et voisins de l’espace côtier. Ainsi se côtoient chaque année au Djaka, Dida, Godié, Ega, Néo, Kroumen, etc.

Tous ces peuples aux us et coutumes sinon similaires, à tout le moins voisins, s’unissent dans un même objectif, celui de pérenniser leur culture et l’aider à résister aux vagues vigoureuses du modernisme.

Le programme du festival est minutieusement conçu sous la houlette du commissaire général Alexandre jhronsix Draman. Il embrasse divers aspects de la culture Dida-Godié. Ainsi  on peut citer entre autres le  concours culinaire pour valoriser l’ensemble de l’art culinaire de ces peuples, le concours de danses traditionnelles, des séances de maitrise des langues locales, le concours de beauté traditionnelle et bien d’autres pans du patrimoine Dida-Godié.

La plus emblématique de ces richesses culturelles est le pagne raphia. Pagne traditionnel de prestige, il est entièrement cousu de fil de raphia. Malheureusement, cette plante est aujourd’hui menacée. Les plantations de raphia, on n’en trouve plus beaucoup dans la région du Lôh-Djiboua. Pourtant le pagne est très recherché.

« Nous ne pouvons pas accepter que ce pagne qui est notre fierté disparaisse du jour au lendemain sans qu’on ait fait quelque chose pour le sauver. C’est pourquoi chaque année nous le valoriserons », affirme un Djakaphile.

Pour cette édition, le Djaka s’est enrichi d’un volet touristique. Les festivaliers ont été conviés à la découverte de Zikisso notamment les sites historiques de cette localité. Sur leur calepin, la maison du chef-canton de l’ancien Ziki-nord dans les années 50. Ils avaient aussi l’occasion de visiter les sites sacrés de siédouhouwoua-gouhôbo à Djidji et Nougbétroh de Makoberi. Cette innovation, selon les organisateurs, a pour mérite de permettre aux fils de la région de mieux la connaître en vue de mieux en parler ailleurs.

La force du Djaka, c’est d’attirer, en plus de la diaspora, une forte colonie de personnes venues d’ailleurs notamment les Européens séduits aussi bien par le concept que par les découvertes des spécificités des us et coutumes du terroir.

Un autre de ses atouts et non des moindres, c’est la mobilisation des artistes qu’ils soient originaires des régions concernées ou non. Rachel Dadié, Ahidissa, Nikwess, Sandrine Droubly et bien d’autres illuminent les scènes du Djaka chaque année pour le bonheur des djakaphiles de plus en plus nombreux assurés qu’ils sont de soirées live de qualité.

Seule ombre à ce tableau, l’implication totale du public de Divo. En effet, même s’il est vrai que l’on peut se réjouir du nombre grandissant de festivaliers, il faut reconnaître que le tout Divo n’a pas encore véritablement  intériorisé le Djaka. Quand cela sera, ce festival refusera du monde. Au regard de la qualité du menu, ce serait mérité.

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