La France présente son plan pour contrer le déclin accéléré de la biodiversité
0
 

Écouter
La France présente son plan pour contrer le déclin accéléré de la biodiversité

La France présente son plan pour contrer le déclin accéléré de la biodiversité

AFP | Lu 1675 fois | Publié

Le "plan biodiversité" de la France sera-t-il à la hauteur du diagnostic alarmant? Le gouvernement présente mercredi ses mesures pour tenter d'enrayer le déclin des espaces naturels et des espèces, qui connait une accélération sans précédent.

Priorité du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, cette "grande mobilisation pour la nature" est lancée alors que les alertes se multiplient dans le monde. Et la France, 40 ans après une grande loi nature en 1976, n'échappe pas à cette lame de fond aux causes connues: pollution, surexploitation des ressources, destruction des milieux naturels...

Métropole et outre-mer confondus, près d'une espèce sur trois est en danger de disparition en France, note l'Observatoire national de la biodiversité, quand seulement la moitié des zones humides, 43% des eaux de surface et 22% des milieux d'intérêt européen sont en bon état.

Quatre jours après la sortie d'une étude choc sur les oiseaux, en mars, le président français Emmanuel Macron avait posté une vidéo pour l'opération Earth Hour: "Imaginez... Vous n'entendez plus de chant d'oiseaux, vous regardez par la fenêtre et les paysages que vous chérissiez sont desséchés (...) Ce n'est pas une illusion, car nous constatons déjà certains effets", alertait-il, en anglais.

Jeudi, lors d'un forum sur l'avenir de l'agriculture, le Premier ministre Edouard Philippe a mis en garde contre le risque d'un "effondrement". "Le niveau de vigilance (à l'égard de la biodiversité) doit être équivalent à celui que nous avons eu sur les questions climatiques", a-t-il prôné.

climatiques", a-t-il prôné.

 

- "Grand horizon 2030" -

 

Quelles mesures attendre mercredi, au terme de trois semaines d'enquête citoyenne (25.000 contributions et 100.000 votes en ligne)?

En mai, à Marseille (sud-est), le ministre avait fixé "un grand horizon" - 2030 - pour "que notre pays" cesse de "détruire la nature".

Annonçant "cinq axes" de travail, dont un plan contre l'artificialisation des sols, la mobilisation des acteurs économiques et l'action au niveau international, il avait souhaité une France exemplaire.

Une promesse que les défenseurs de la nature considèrent avec espoir, et prudence.

"La biodiversité est à l'agenda politique", se félicite Sandrine Bélier, directrice de l'association Humanité et Biodiversité. 

Mais "nous jugerons ce plan par ses mesures concrètes", prévient-elle.

"On garde espoir mais on est écorchés. Il y a eu le Grenelle (de l'environnement, NDLR), la loi biodiversité (2016), la stratégie nationale... On rajoute au mille-feuilles et les questions fondamentales restent", s'impatiente de son côté Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). 

"Les politiques pourront-ils, par exemple, revisiter l'agriculture intensive ? L'artificialisation des sols ? (...) Arrêtons de dire +chaque citoyen doit s'emparer de cette question+, poursuit-il. Avant tout, c'est l'Etat qui doit faire un choix, de nouveaux paradigmes et de finances".

Signaux positifs pour les ONG, l'abandon d'un projet d'aéroport contesté dans l'ouest du pays, à Notre-Dame-des-Landes, ou l'inscription dans la Constitution de la préservation de l'environnement. 

Mais l'Etat français soutient aussi la rocade ouest de Strasbourg, et a fait appel du rejet en justice du projet de mégacomplexe commercial Europacity près de Paris.

La loi agriculture et alimentation donne lieu à d'âpres débats, et si le gouvernement promet l'interdiction d'ici 2021 du glyphosate, un herbicide très répandu et jugé cancérogène probable, pas question de l'inscrire dans le texte.

"On sait ce qu'il faut pour contrer l'érosion de la biodiversité", déclare Sandrine Bélier: "c'est la question du modèle agricole, une politique nationale efficace de préservation des sols, et le chantier de la fiscalité écologique".

Dans les faits, "on en parle on en parle, notamment sur les pesticides. Mais quand on voit les discussions sur la nouvelle PAC (Politique agricole commune de l'Union européenne), on n'est pas sur un virage ni un changement de modèle", ajoute-t-elle.

Cet article vous a plu ! Partagez-le maintenant

A lire également

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En continu

La ministre Mariatou Koné a procédé, dimanche à Amanvi, à 40 km de Bondoukou à la pose de la première pierre de l’IFEF

Vavoua :Un besoin de 35 professeurs enregistré au lycée moderne

La ministre Mariatou Koné distinguée par l’ONU

Guitry :Plusieurs personnalités distinguées dans l’ordre ivoirien de la solidarité

Une association instruite sur les enjeux du rôle de la femme en période électorale