Présidentielle au Brésil: le ton monte, les tractations battent leur plein
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Présidentielle au Brésil: le ton monte, les tractations battent leur plein

Présidentielle au Brésil: le ton monte, les tractations battent leur plein

AFP | Lu 434 fois | Publié Il y a 5 jour(s)

Le ton est monté mardi dans la campagne pour le 2e tour de la présidentielle au Brésil, le favori Jair Bolsonaro traitant son adversaire Fernando Haddad de "canaille" pendant que leurs partis rivalisaient pour obtenir le report de voix des candidats éliminés.

Les deux finalistes de ce scrutin extrêmement polarisé se sont livrés à une passe d'arme par réseaux sociaux interposés.

L'altercation virtuelle est partie d'une proposition de Fernando Haddad, du Parti des Travailleurs (PT), de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré pour corruption, à Bolsonaro.

Le candidat de gauche, qui a obtenu 29% des voix au premier tour, a proposé à son adversaire de signer un engagement commun contre la dissémination de fausses informations sur internet, mais a essuyé un refus virulent.

"La marionnette du corrompu (Lula) me propose de signer une lettre d'engagement contre les mensonges sur internet, alors que c'est lui qui invente que je vais augmenter les impôts des plus pauvres. C'est une canaille", a déclaré sur Twitter le candidat d'extrême droite, fort de 46% des suffrages du premier tour.

"Nous avons reçu une réponse du même niveau que le candidat", a rétorqué Haddad lors d'une rencontre avec des journalistes à Sao Paulo.

 "Esclave de la Constitution" -

 

Auparavant, il avait lancé une autre pique sur Twitter, tentant de mettre à mal l'image anti-establishment de son rival, qui siège à la chambre des députés depuis 1991.

"C'est un politicien traditionnel, avec 28 ans de vie politique et peu de services rendus à notre pays. Il va pouvoir se présenter maintenant. Au deuxième tour, tu ne peux pas te cacher derrière les réseaux sociaux", a écrit le candidat de gauche.

Une allusion à peine voilée au fait que Jair Bolsonaro n'a pas participé aux derniers débats télévisés en raison de l'attentat à l'arme blanche qui a failli lui coûter la vie début septembre. 

L'ancien parachutiste de l'armée a été hospitalisé trois semaines et a présenté un certificat pour justifier son absence au dernier débat, jeudi dernier, mais a concédé une longue interview sur une autre chaîne, qui l'a diffusée à la même heure.

À l'occasion, la candidate écologiste Marina Silva, l'avait accusé d'avoir "eu la trouille" de se confronter à ses adversaires.

Lundi soir, les deux finalistes du second tour ont accordé de courts entretiens, en direct mais à distance, au journal télévisé de TV Globo, la plus importante chaîne du pays. 

Jair Bolsonaro, chantre décomplexé de la dictature militaire (1964-1985), a assuré lundi qu'il resterait "esclave de la Constitution" brésilienne, promettant de gouverner "avec autorité, sans autoritarisme".

"L'avenir de notre pays est en jeu. L'avenir de la démocratie est en jeu. L'avenir de vos droits est en jeu", a martelé pour sa part le remplaçant de Lula.

 

- Objectif centre -

 

Même s'ils n'hésitent pas à s'interpeller vertement sur les réseaux sociaux, les deux candidats s'attachent à adoucir leurs discours pour attirer l'électorat plus au centre.

D'intenses tractations ont commencé avec les partis des candidats éliminés.

Dès le soir du premier tour, Ciro Gomes (centre gauche), arrivé en troisième position avec 12,5% des suffrages, avait déjà déclaré son rejet catégorique de Bolsonaro au nom de la "lutte contre la démocratie et le fascisme".

Geraldo Alckmin, du PSDB (centre droit), qui a obtenu près de 5% des voix, avait affirmé que son parti tiendrait une réunion mardi pour définir qui il soutiendrait. 

Formation de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002), le PSDB, absent du second tour pour la première fois depuis 1994, est en revanche en finale de plusieurs élections pour le poste de gouverneur, ce qui pourrait peser dans sa stratégie.

Joao Doria, membre du PSDB favori du duel pour gouverner l'Etat de Sao Paulo, a d'ores et déjà annoncé lundi qu'il soutenait Bolsonaro.

En 2016, il avait été élu à la mairie de Sao Paulo au premier tour, infligeant une cuisante défaite à Fernando Haddad, qui était le maire sortant. 

Une chose est sûre: le candidat de gauche va devoir ratisser le plus large possible pour tenter de rattraper son retard après la démonstration de force de son adversaire au premier tour. 

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