Simone Gbagbo : "Les Ivoiriens ont intérêt à se réconcilier"
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Simone Gbagbo : "Les Ivoiriens ont intérêt à se réconcilier"

Frédéric Goré-Bi / RTIinfo | Lu 5673 fois | Publié

Simone Gbagbo a déclaré samedi que les ivoiriens ont intérêt à se réconcilier et à vivre dans un pays où il n’y a pas d’agressions permanentes tout en remerciant Alassane Ouattara, président de la république de Côte d’Ivoire qui a pris une ordonnance d’amnistie pour 800 citoyens impliqués dans la crise post-électorale. Apportant ainsi une réponse à ceux qui l’avaient tancé de ne pas avoir remercié au sortir de la prison, le chef de l’Etat.

"Nous avons tous intérêt à vivre dans un pays où il y a la paix et où on se respecte mutuellement", a déclaré l’ex-première dame ivoirienne lors du culte d’action de grâce qu’elle a organisé dans sa résidence privée à Moossou dans la commune de Grand Bassam pour remercier Dieu pour sa libération.

"Je voudrais remercier Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire. Je crois fermement que Dieu a incliné le cœur de monsieur Alassane Ouattara pour que nos portes de prison s’ouvrent et que nous sortions" a-t-elle soutenu pour marquer sa reconnaissance au chef de l’Etat qui a bien voulu prendre une ordonnance pour amnistier plusieurs centaines de protagonistes des évènements post-électoraux entre 2010 et 2011.

« Je remercie tous les hommes et toutes les femmes vivant en Côte d’Ivoire et hors du pays qui ont intercédé pour ma libération que je considère comme un miracle de Dieu », a-t-elle ajouté.

Dans son allocution, Madame Gbagbo a tenu également à remercier la ville d’Odienné où elle a passé trois ans et demi en détention. "Cette ville, cette terre ne m’a pas rejetée. J’y ai vécue sans tracasseries, sans maladies", s’est-elle réjouie.

Selon elle, plusieurs personnalités politiques et militaires ainsi que des personnes anonymes de la région du Denguélé, se sont dévouées pour rendre son séjour "carcéral supportable".

"Le ministre Diakité Coty ancien maire d’Odienné, et qui a été mon élève au lycée classique d’Abidjan, m’a traitée comme on traite sa mère. Quant au général Issouf Koné chez lequel j’étais logée et dont la défunte femme était une grande amie à moi, il a été d’un apport appréciable pour rendre mon séjour agréable alors que je suis arrivée inquiète et le cœur chargé", s’est souvenue l’ex-députée d’Abobo.

Les médecins et les avocats de Simone Gbagbo ont été aussi remerciés tout comme les commandants et le personnel de l’école de Gendarmerie d’Abidjan. "J’étais stressée, anxieuse et j’aurais pu avoir de graves problèmes de diabète et d’hypertension mais mes médecins ont été formidables ainsi que mes avocats qui ont été vaillants", fait-elle savoir avant de révéler qu’à "l’Ecole de Gendarmerie d’Abidjan, les gendarmes m’ont appelé maman".

Revenant sur la réconciliation, l’ancienne parlementaire a donné sa solution pour y parvenir. "Il faut avoir le courage d’aborder ce chantier. Il faut qu’on y arrive avec sagesse. Certes il y aura des difficultés sur le chemin mais, il ne faut pas les contourner".

"Quand je parle de réconciliation, je parle d’une réconciliation tout azimut et s’il y a des colères à l’intérieur de mon propre parti, mon vœu c’est que cela se règle et que la situation se régularise", a-t-elle indiqué pour faire allusion à la scission que connait le front populaire ivoirien depuis quelques temps.

Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes de tous les camps de la crise post-électorale sans distinction aucune.

Arrêtée et incarcérée le 11 avril 2011, Simone Ehivet Gbagbo a été libérée le 08 août 2018, après une ordonnance d’amnistie annoncée par le chef de l’Etat au cours de son message de veille d’indépendance, du mardi 06 août.

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