La nouvelle vie des déguerpis de Danga Bel Air dans la commune de Cocody (Abidjan)
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La nouvelle vie des déguerpis de Danga Bel Air dans la commune de Cocody (Abidjan)

La nouvelle vie des déguerpis de Danga Bel Air dans la commune de Cocody (Abidjan)

RTI Info / Boris Odilon BLE | Lu 262 fois | Publié Il y a 26 jour(s)

Les habitations du quartier Bel Air dans la commune de Cocody précisément à Danga, ont été détruites le 8 mai dernier. Deux semaines après, certains habitants squattent toujours ces lieux, vivant dans les décombres et gravats.

“Chaque nuit, c’est environ 200 personnes qui dorment là, sur ce site, n’ayant nulle part où aller“ nous dit Gadou Philippe, vice-président du syndic Danga Bel Air. Il ajoute que parmi ces 200 personnes, se trouvent des habitants des autres quartiers concernés par le déguerpissement : Adjamé (Habitat Extension), Treichville (Autoroute, Aras et Belleville). "C’est leur manière à eux de nous témoigner leur soutien" précise-t-il. Femmes, enfants, jeunes et vieux, tous sont présents. Assis ou couchés, sous des abris, côtoyant une eau qui ruisselle et des toilettes de fortune. Le spectacle est désolant.

Il est 12 heures, quand tout ce monde se dirige vers la cuisine, installée sous un petit arbre. Au menu, du placali. Un plat local fait à base de semoule de manioc. Il faut bien se nourrir, gagner des forces pour les discussions futures. Parmi eux, des élèves. 

"Il y a une quarantaine d’élèves parmi nous. Certains ne vont plus à l’école, car ils ont perdu livres et cahiers au cours de la destruction" renchérit Gadou Philippe. "Nos enfants ont le droit d’aller à l’école, mais en ces temps de pluie, l’école pour eux c’est fini", se plaint-il.

Parmi les déguerpis, un septuagénaire a perdu la vie, quelques jours après la démolition du quartier. Son fils nous dit qu’il n’a pas supporté ce qu’il qualifie d’humiliation. A propos, selon une note datant du 13 avril 2018, dont nous avons reçu copie, les habitants de Danga Bel Air avaient jusqu’au 11 juillet 2018 pour déguerpir. Les populations se demandent pourquoi la SICOGI (Société ivoirienne de construction et de gestion immobilière) n’a pas attendu cette date… Amer et remonté, Gadou Philippe soutient que "parmi les 44 familles qui vivaient sur le site, 21 avaient déjà reçu l’argent promis par la SICOGI afin de quitter les lieux. Pourquoi la SICOGI n’a pas attendu 90 jours après le 13 avril 2018 pour effectuer le déguerpissement".

Ce mardi matin, le cortège du premier ministre Amadou Gon Coulibaly a marqué une halte au niveau du quartier détruit. Après de brefs échanges avec les responsables du syndic, il a promis contacter le ministère de la construction pour qu’une solution soit trouvée et se pencher sur le volet social. Il leur a aussi remis une enveloppe contenant la somme de 500.000 FCFA selon Gadou Philippe.

 

Une chaine de solidarité spontanée est née depuis le 8 mai. Des artistes, des sportifs, des personnes de bonne volonté ont offert aux déguerpis des vivres et d’autres produits. Un concert dont les bénéfices devraient être reversés aux déguerpis serait prévu.

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