Les déguerpis de Cocody Danga : "On ne veut pas de maisons gratuites, mais on veut des maisons qu’on pourra payer".
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Les déguerpis de Cocody Danga : "On ne veut pas de maisons gratuites, mais on veut des maisons qu’on pourra payer".

RTI Info / Boris Odilon BLE | Lu 329 fois | Publié Il y a 29 jour(s)

Deux semaines après la démolition de leur quartier, certains habitants de Danga Bel Air dans la commune de Cocody (Abidjan) demeurent sur les lieux, logeant à la belle étoile. Face à cette situation, les ministres Claude Isaac De et Mariatou Koné les ont reçus hier mercredi après-midi au ministère de la construction, en présence de responsables de la Société ivoirienne de construction et de gestion immobilière (SICOGI). Ces derniers ont exprimé le vœu d'avoir accès à la propriété.

Sur instruction du premier ministre, les déguerpis de Danga Bel Air ont été reçus au cabinet du ministre de la construction, du logement, de l’assainissement et de l’urbanisme. Pendant trois heures, les déguerpis, divisés en deux groupes, ont présenté leurs doléances aux ministres Claude Isaac De et Mariatou Koné.

Dans un premier temps, les représentants du gouvernement ont discuté avec le "Groupe des 44", constitué des 44 familles déguerpies n’ayant intenté aucune action en justice contre la SICOGI. Il est ressorti que 38 d’entre elles avaient déjà encaissé les 1.000.000 FCFA destinés à aider ces dernières à se reloger. "Les ressources financières des 6 familles qui n’ont pas encore reçu l’argent sont disponibles" a clamé le ministre de la construction. Séance tenante, elles ont été invitées à récupérer l’argent. Deux ont accepté et encaissé illico leur dû, les 4 autres ayant désisté.

"Aujourd’hui, avec 1.000.000 FCFA, on ne peut pas se reloger. L’argent n’est pas conséquent pour un relogement. Nous vivons à 10 voire 15 dans chaque maison. Où allons-nous trouver des maisons à 65.000 FCFA pour loger tout ce monde" a soutenu dame Assa Dramé, présidente du Syndic Danga Bel Air. Claude Isaac De a tenu à rappeler que c’est suite à un calcul fait par la SICOGI sur la base d’une caution de loyer à 65.000 FCFA, des frais de déménagement et d’abonnement à l’eau et à l’électricité, que cette somme a été allouée. Et le ministre de terminer en disant : "que ceux qui trouvent ces mesures d’accompagnement suffisantes viennent les prendre".

La deuxième phase de la rencontre concernait les déguerpis qui avaient assigné en justice la SICOGI. Au nombre de 33. Le verdict de la Cour Suprême rendu en janvier dernier faisait de la SICOGI le vainqueur du procès. Par conséquent, les 33 familles n’étaient pas concernées par les mesures d’aide au relogement de la SICOGI.

"Le premier ministre a demandé que vous, les 33, puissiez bénéficier dès demain de l’aide au relogement comme les autres", a indiqué d’emblée Claude Isaac De. Répondant au ministre, le secrétaire général du Syndic Danga Bel Air, Kossobé Zacharia, a rétorqué que "ce n’est pas une question d’argent, mais de relogement (...), on ne veut pas de maisons gratuites, mais on veut des maisons qu’on pourra payer" soutient-il.

La ministre de la solidarité, Mariatou Koné, a demandé aux déguerpis de prendre l’argent dans un premier temps : "cette somme vous permet de vous reloger et de poursuivre les discussions". Les "33" ont demandé à se retirer pour aller réfléchir.

Après environ 3 heures d’échanges pour le moins houleux, le ministre Claude Isaac De a demandé aux déguerpis de "libérer le site", mais les déguerpis ne l’entendent pas de cette oreille. Ils promettent vivre sur les décombres jusqu’à ce que "des solutions" idoines soient trouvées.

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