Immigration clandestine et croissance économique, le paradoxe ivoirien
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Immigration clandestine et croissance économique, le paradoxe ivoirien

Immigration clandestine et croissance économique, le paradoxe ivoirien

AFP | Lu 696 fois | Publié Il y a 28 jour(s)

C'est le paradoxe de la Côte d'Ivoire: alors que son économie est l'une des plus dynamiques d'Afrique, de plus en plus d'Ivoiriens se lancent à travers désert et Méditerranée, vers l'Eldorado français. La Côte d'Ivoire enregistre depuis 2011 une croissance moyenne annuelle de 8% et "devrait rester sur un sentier de croissance autour de 7 à 7,5% ces prochaines années", a estimé récemment la Banque Mondiale.

Il est vrai que le niveau actuel du revenu par habitant reste inférieur à celui du début des années 1980, avec un taux de pauvreté avoisinant 45%, contre moins de 10% à l'aube des années 1980.

Malgré la récente embellie économique, les demandeurs d'asile ivoiriens en France étaient deux fois plus nombreux en 2017 (3.745) par rapport à l'année précédente.

La même année, 8.753 migrants âgés de 14 à 24 ans,partis de Côte d'Ivoire, sont arrivés en Italie, dont 1.263 femmes et 1.474 mineurs non accompagnés, selon le Centre de volontariat international (CEVI), une ONG italienne.

Les migrants ivoiriens qui tentent de gagner l'Europe se positionnent au 3e rang des pays d'Afrique de l'Ouest, après le Nigeria et la Guinée, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

On constate une stagnation des indicateurs sociaux due à une répartition inégale des fruits de la croissance", explique l'économiste-démographe Gervais N'Da. A Daloa (centre-ouest, à 385 km au nord-ouest d'Abidjan), considérée comme une plaque tournante de l'émigration clandestine vers l'Europe, "il n'y a pas d'emplois, pas d'usines d’envergure capable d'absorber le taux de chômage".

Pour l'économiste Yves Ouya, la croissance économique ivoirienne est "tirée par le BTP et les investissements directs étrangers, sans grand impact sur l'activité économique locale, comme la création d’entreprises et de richesses".

Si les difficultés socio-économiques sont principalement responsables du phénomène d'émigration massive, les réseaux sociaux contribuent à l'amplifier.

"Ton compagnon de galère se retrouve après une traversée en Italie et met en avant sa réussite sociale (voiture, maison...) sur les réseaux sociaux. Alors rien ne pourra t'empêcher de l'imiter", explique Chérif Aziz Haïdara, responsable de la jeunesse communale de Daloa.

 - L'image du pays ternie -

 

Pour lui, Facebook, WhatsApp, Messenger... ont participé à cet appel d'air pour l'émigration clandestine, et sont utilisés aussi par les réseaux des passeurs, une véritable nébuleuse bien organisée.

"La filière ou le réseau est composée d'une vingtaine de personnes sans activités fixes. Ce sont parfois des jeunes du quartier, travaillant dans l'ombre et qui investissent le terrain pour démarcher les candidats", explique Édouard Bado, responsable d'une ONG à Daloa.

Ces passeurs ont également profité de la destruction, il y a quatre ans, du grand marché de Daloa, le "Black Market" où travaillaient plus de 2.000 jeunes comme artisans, commerçants, cordonniers et vendeurs.

Grâce à ces petits métiers, ces jeunes engrangeaient chacun mensuellement près de 200.000 francs CFA (300 euros) de revenus, l'équivalent d'un salaire moyen dans la fonction publique ivoirienne.

AbidjanCôte d'Ivoire | AFP | mardi 17/07/2018 - 14:47 UTC | 654 mots


REVOICI AVEC CHIFFRE MODIFIÉ DU NOMBRE DE DEMANDEURS D'ASILE IVOIRIENS EN FRANCE AU 4E PARA.

C'est le paradoxe de la Côte d'Ivoire: alors que son économie est l'une des plus dynamiques d'Afrique, de plus en plus d'Ivoiriens se lancent à travers désert et Méditerranée, vers l'Eldorado français.

La Côte d'Ivoire enregistre depuis 2011 une croissance moyenne annuelle de 8% et "devrait rester sur un sentier de croissance autour de 7 à 7,5% ces prochaines années", a estimé récemment la Banque Mondiale. 

Il est vrai que le niveau actuel du revenu par habitant reste inférieur à celui du début des années 1980, avec un taux de pauvreté avoisinant 45%, contre moins de 10% à l'aube des années 1980.

Malgré la récente embellie économique, les demandeurs d'asile ivoiriens en France étaient deux fois plus nombreux en 2017 (3.745) par rapport à l'année précédente.

La même année, 8.753 migrants âgés de 14 à 24 ans,partis de Côte d'Ivoire, sont arrivés en Italie, dont 1.263 femmes et 1.474 mineurs non accompagnés, selon le Centre de volontariat international (CEVI), une ONG italienne.

Les migrants ivoiriens qui tentent de gagner l'Europe se positionnent au 3e rang des pays d'Afrique de l'Ouest, après le Nigeria et la Guinée, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

"On constate une stagnation des indicateurs sociaux due à une répartition inégale des fruits de la croissance", explique l'économiste-démographe Gervais N'Da. A Daloa (centre-ouest, à 385 km au nord-ouest d'Abidjan), considérée comme une plaque tournante de l'émigration clandestine vers l'Europe, "il n'y a pas d'emplois, pas d'usines d’envergure capable d'absorber le taux de chômage".

Pour l'économiste Yves Ouya, la croissance économique ivoirienne est "tirée par le BTP et les investissements directs étrangers, sans grand impact sur l'activité économique locale, comme la création d’entreprises et de richesses".

Si les difficultés socio-économiques sont principalement responsables du phénomène d'émigration massive, les réseaux sociaux contribuent à l'amplifier.

"Ton compagnon de galère se retrouve après une traversée en Italie et met en avant sa réussite sociale (voiture, maison...) sur les réseaux sociaux. Alors rien ne pourra t'empêcher de l'imiter", explique Chérif Aziz Haïdara, responsable de la jeunesse communale de Daloa.

 

 - L'image du pays ternie -

 

Pour lui, Facebook, WhatsApp, Messenger... ont participé à cet appel d'air pour l'émigration clandestine, et sont utilisés aussi par les réseaux des passeurs, une véritable nébuleuse bien organisée.

"La filière ou le réseau est composée d'une vingtaine de personnes sans activités fixes. Ce sont parfois des jeunes du quartier, travaillant dans l'ombre et qui investissent le terrain pour démarcher les candidats", explique Édouard Bado, responsable d'une ONG à Daloa.

Ces passeurs ont également profité de la destruction, il y a quatre ans, du grand marché de Daloa, le "Black Market" où travaillaient plus de 2.000 jeunes comme artisans, commerçants, cordonniers et vendeurs.

Grâce à ces petits métiers, ces jeunes engrangeaient chacun mensuellement près de 200.000 francs CFA (300 euros) de revenus, l'équivalent d'un salaire moyen dans la fonction publique ivoirienne.  

"+Avec la somme de 800.000 à 1,5 million de FCFA (de 1.200 à 2.200 euros), je peux te faire émigrer vers l'Italie afin que tu changes ta vie!+ C'est ce rêve qu'ils (les passeurs) ont vendu aux sinistrés du Black Market", souligne M. Bado, dont l'ONG lutte contre l'émigration clandestine. 

Face à la crise migratoire qui ternit l'image de la première économique d’Afrique francophone, les autorités ivoiriennes ont entamé depuis trois ans l’évacuation de leurs ressortissants bloqués en Libye après des tentatives de traversée de la Méditerranée pour gagner l'Europe.

L'opération appuyée par l'OIM et l'Union européenne a permis de ramener au pays "3.445 personnes" et coûté des "millions d'euros" à la Côte d'Ivoire pour la prise en charge.

Le pays compte sur la politique de durcissement du Niger, pays de transit des migrants clandestins ouest-africains vers l'Europe, pour atteindre ses objectifs: freiner le phénomène.

Le flux de migrants au Niger a chuté de plus de 95%" entre 2016 et 2017, passant de 330.000 à environ 10.000 par an, selon l'UE, qui finance la lutte contre l’immigration clandestine.

 

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