L’éducation : un droit pour toutes les filles
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L’éducation : un droit pour toutes les filles

L’éducation : un droit pour toutes les filles

Ouallo Arnaud-Didier/Expert en Droits Humains | Lu 275 fois | Publié

« L’éducation » est un droit essentiel, qui permet à l’être humain depuis le bas âge de recevoir une instruction et de s’épanouir au niveau social. C’est un droit de l’homme qui est partie intégrante de la deuxième génération des droits de l’homme appelée droits économiques, sociaux et culturels.

Le droit à l’éducation est inscrit dans de nombreux textes en vue de sa promotion, de sa protection et de sa défense. Entre autres, au niveau international, nous avons la déclaration universelle des droits de l’homme –DUDH- de 1948 en son article 26, le Pacte international des droits économiques sociaux et culturels (PIDESC) de 1966 (art 13 et 14) et la Convention internationale des droits de l’enfant (CDE) de 1989. Au niveau régional, nous avons la convention africaine pour le bien être de l’enfant de 1990 et au niveau interne la constitution de novembre 2016 en son article 9 (alinéa 1) : « Toute personne a droit à l’éducation et à la formation professionnelle » / et en son article 10 : (alinéa1) « L'école est obligatoire pour les enfants des deux sexes, dans les conditions déterminées par la loi »/ (alinéa 2) « L'Etat  et les collectivités publiques assurent l’éducation des enfants. Ils créent les conditions favorables à cette éducation ». Outre la constitution de novembre 2016 qui assure la promotion, la protection et la défense des droits de l’homme, est entrée en vigueur la Loi n°2015-635 du 17 Septembre portant modification de la loi n°95-696 du 7 septembre 1995 relative à l'enseignement et à l’école obligatoire pour tous.

Nonobstant la présence de ces nombreux instruments, force est de reconnaître que la mise en œuvre de ce droit n’est pas toujours appliquée sous nos tropiques, surtout au niveau de la gente féminine. En Côte d’Ivoire, le taux d’achèvement du premier cycle des filles reste faible et bien inférieur à celui des garçons. En effet, au-delà de la scolarisation, c’est avant tout pour achever leur cursus scolaire que les filles sont désavantagées. Ainsi, sur 100 filles entrées au CP1, seulement 58 parviennent au CM2. Pire encore : moins d’un tiers (30,5%) des filles inscrites en première année du secondaire vont jusqu’au bout du 1er cycle. Le taux d’achèvement des filles pour 2015-2016 au primaire est de 64,7%, au premier cycle du secondaire 35,4% et au second cycle 18.9% (source : Direction des Stratégies, de la Planification et des Statistiques).Vue ces chiffres alarmants , il est important que chaque partie (parents, acteurs du système éducatif, ongs d’alerte et Gouvernement) responsable de l’éducation de nos enfants prenne des mesures et autres dispositions de plus en plus idoines pour la présence en nombre suffisant de nos filles dans nos temples du savoir (écoles, lycées, universités, etc). Force est de saluer l’action du gouvernement avec l’entrée en vigueur de la loi n°2015-635 du 17 septembre 2015 ; cependant, une vulgarisation de la loi notamment dans les zones encore imperméables ou peu favorables à l’accès à l’éducation des filles (zone nord, nord-ouest) s’avère nécessaire. Certaines valeurs ou règles traditionnelles violant la mise en œuvre du droit à l’éducation sont toujours de mises. De nombreux parents se basent sur des traditions ancestrales (le mariage forcé à l’adolescence, la petite fille qui doit faire le ménage et aider sa mère dans les charges quotidiennes de la maison, la petite fille qui doit assurer la cueillette lors des travaux champêtres, la mauvaise conception ou appréhension du droit à l’éducation de la jeune fille par de nombreux parents, etc.) pour nier l’accès à l’éducation des filles. Des campagnes de sensibilisation-éducation doivent être envisagées pour un changement de mentalité. Au niveau des acteurs du système éducatif, force est de constater encore la présence de  Notes sexuellement transmissibles, le fort taux de grossesses et autres violences (agressions sexuelles, harcèlements sexuels, les viols avec les toilettes non séparées) en milieu scolaire entre élèves ou professeurs-élèves.Ces états de fait poussent de nombreuses filles à sortir du système éducatif.

Concernant les Organisations non gouvernementales (Ong) œuvrant en milieu scolaire, leurs actions sont à saluer avec le peu de moyens dont elles disposent. Cependant beaucoup reste à faire pour l’épanouissement de la jeune fille que ce soit par exemple au niveau de la sensibilisation des professeurs que celui des élèves. Par ailleurs, au niveau Gouvernemental, les autorités locales (les autorités administratives, coutumières, militaires, religieuses, communautaires, etc) doivent veiller en collaboration avec les acteurs du système éducatif à organiser des campagnes de sensibilisation dans les zones ou les parents sont réticents quand à l’accès à l’éducation de la jeune fille. En outre, la construction d’écoles spécifiques pour les jeunes filles est à envisager. Cela éviterait de nombreux abus. A titre illustratif, nous avons le lycée des jeunes filles de Bingerville, le lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro, le lycée Simone Ehivet Gbagbo de Yopougon. Aussi, après la  phase sensibilisation, la phase répression  doit être de mise afin de mettre fin à la réticence de plusieurs parents quant à leur refus de scolariser la jeune fille.

Pour conclure, nous sommes tous coupables de ce faible taux d’accès à l’éducation de la jeune fille, les responsabilités doivent être situées, les solutions dégagées pour le bienêtre de la jeune fille. Cette frange de la population est assez nombreuse, elle mérite qu’on s’attarde sur leurs difficultés. Tout ceci, contribuera à l’émancipation de l’Ivoirienne nouvelle pour une Côte d’Ivoire forte et émergente en l’an 2020.

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