Mamoudou Gassama ou l’échec des politiques publiques africaines.
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Mamoudou Gassama ou l’échec des politiques publiques africaines.

Mamoudou Gassama ou l’échec des politiques publiques africaines.

Frédéric Goré-Bi | Lu 648 fois | Publié

Mamoudou Gassama, vivant dans la clandestinité en France, vient d’occuper l’actualité internationale ces derniers jours. Et pour cause, le jeune malien de 22 ans a sauvé au péril de sa vie, un enfant de quatre ans, suspendu au balcon d’un immeuble dans le 18e Arrondissement de Paris. Une situation qui remet au goût du jour le phénomène de l’immigration clandestine avec en prime la fuite des bras valides de l’Afrique pour d’autres horizons plus cléments et plus prospères. Ce qui fait dire à certains observateurs que le cas Gassama est la matérialisation de l’échec des politiques publiques africaines.

De sans papier à héros national.  
Le samedi 26 mai 2018, le monde tombe sous l'héroïsme de Mamadou Gassama qui au risque de sa vie a sauvé un enfant en France. Un geste qui a été salué à l’unanimité dans le monde entier et en particulier par l’Etat français qui a décidé de naturaliser le héros. Ainsi donc, d’un statut de migrant sans papier, Mamoudou Gassama est devenu résident français après sa rencontre avec Emmanuel Macron qui lui a promis sa naturalisation et son intégration dans les rangs des pompiers civils de Paris. 

Si le geste héroïque de Mamoudou Gassama qui est empreint d’humanisme et de don de soi, est à saluer, n’empêche qu’il mérite beaucoup d’interrogations.

Et la première des questions se rapporte à la présence d’un jeune de 22 ans de surcroît sans papier dans les rues de Paris, alors qu’à cet âge, soit, on est sur les bancs de l’université, soit, on cherche à intégrer son premier emploi. Mais pas en train de flâner dans les rues de Paris après avoir fui son pays et son lot de misères et de désolations.

A l’analyse, Mamoudou Gassama qui baragouine dans la langue de Molière n’a jamais eu son intelligence fécondée par une connaissance livresque. En un mot, il n’a jamais été à l’école. Alors que l’enseignement est obligatoire dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne jusqu’au premier cycle de l’enseignement secondaire. Comment se fait-il donc qu’à son âge Gassama n’a pas pu partir à l’école et pis se trouve à l’aventure ?

 

L’échec des politiques publiques africaines.

La réponse à cette question peut se trouver dans la mise sur agenda de l’exécution des politiques publiques africaines. En effet, l'histoire de ce jeune homme de 22 ans parti de son Mali en 2013, en traversant le Burkina Faso, le Niger, l'Algérie, la Libye (où il a fait la prison) avant d'arriver en Italie en septembre 2017, met à nue les insuffisances des politiques publiques africaines.

Les politiques publiques ou stratégies publiques se définissent comme un ensemble d'actions coordonnées, mises en œuvre avec pour objectif d'obtenir une modification ou une évolution d'une situation donnée. Ainsi, si l’on s’en tient à cette définition, il appartient aux gouvernants de mettre tout en œuvre pour impacter leurs populations au travers des actions ciblées dans les différents domaines. Notamment celui de l’éducation qui permet de former les générations actuelles et à venir.

Mais avec le déferlement des jeunes africains sur les embarcations de fortune à l’assaut de l’Occident pour un meilleur devenir, on se rend compte, que les politiques publiques n’ont pas atteint leurs objectifs. Et des Gassama, il s’en trouve chaque jour sur la mer méditerranéenne, ayant quitté les salles de classe, des amphithéâtres, des gares routières, etc.

Mais combien de Gassama sont morts dans la méditerranée et sur les côtes de l’Italie ? Combien de Gassama sont au chômage ? Combien de Gassama sont dans le désespoir et voient leur avenir en pointillés ? Et jusqu'à quand des ‘’Gassama’’ vont continuer à quitter le continent pour aller à la rencontre de l’eldorado ?

Autant de questions qui méritent une réflexion plus approfondie, car des jeunes qui sont capables de risquer la vie pour l'Europe, peuvent participer pleinement au développement de leurs pays. La jeunesse a besoin de perspectives et non de chiffres. La jeunesse a besoin de considération et non de manipulations. Il faut simplement ajuster les politiques publiques pour en faire des leviers de développement et non des opportunités d’enrichissement.

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