RDC: Mathieu Ngudjolo Chui: de l'armée à la CPI en passant par les maquis milicien
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RDC: Mathieu Ngudjolo Chui: de l'armée à la CPI en passant par les maquis milicien

RDC: Mathieu Ngudjolo Chui: de l'armée à la CPI en passant par les maquis milicien

AFP | Lu 1274 fois | Publié

Caporal, déserteur puis infirmier, Mathieu Ngudjolo Chui , acquitté mardi de crimes de guerre et contre l\'humanité après trois ans de procès à La Haye, avait trouvé sa voie comme chef de guerre en Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), avant d\'être rattrapé par la Cour pénale internationale (CPI).

Arrêté début février 2008 à Kinshasa, le colonel Ngudjolo, 42 ans, avait été transféré à la CPI, dont le procureur lui reprochait des crimes de guerre et contre l'humanité lors d'un massacre de villageois commis en 2003 dans le district aurifère de l'Ituri (nord-est). Il était à l'époque un des chefs présumés du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), une milice créée fin 2002 avec un soutien ougandais, dont de nombreux membres, de la communauté lendu, sont soupçonnés d'avoir participé à des massacres à caractère ethnique dirigés contre les Hema. A son transfert à La Haye, cet homme au visage rond, tête rasée, moustache fournie, avait rejoint dans les geôles de La Haye son ancien allié Germain Katanga des Forces de résistance patriotiques en Ituri (FRPI, groupe lendu). La silhouette désormais alourdie par des années de bonne chère, il avait également retrouvé son ennemi hema Thomas Lubanga, chef de l'Union des patriotes congolais (UPC), condamné en juillet pour enrôlement d'enfants-soldats à 14 ans de prison lors du premier jugement rendu par la CPI. Né le 8 octobre 1970 à Bunia, chef-lieu d'Ituri, Mathieu Ngudjolo Chui est issu d'une modeste famille lendu. Il embrasse rapidement la carrière militaire et devient caporal dans les Forces armées zaïroises (FAZ) de l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko. Quand la guerre éclate en 1996, il déserte des FAZ, qui sont balayées en huit mois par une rébellion congolaise soutenue par le Rwanda. Pendant quatre ans, il se fait oublier et suit avec succès une formation d'infirmier à Bunia. En 1998 éclate une deuxième guerre en RDC, lors de laquelle il soigne ses congénères. Mais le conflit le rattrape en 2002. Il échappe de justesse à un assassinat dirigé par des membres de l'UPC, qui prenait alors le contrôle de Bunia, et rejoint ensuite des combattants lendu. Sa formation militaire et son charisme en font rapidement un des principaux commandants du FNI, alors allié des FRPI, selon des témoignages recueillis par une ONG locale de défense des droits de l'Homme. En 2003, Ngudjolo "a lui-même pris part et dirigé les combattants du FNI lors de plusieurs massacres, notamment à Bogoro, Tchomia, Mandro et Bunia", selon des informations de l'ONG internationale Human Rights Watch. Au centre du village hema de Bogoro se trouvait un camp militaire de l'UPC mais le bureau du procureur de la CPI estime que l'attaque visait aussi les civils afin de prendre le contrôle de la route voisine entre Bunia, chef-lieu de l'Ituri, et le Lac Albert, plus à l'est, à la frontière avec l'Ouganda, "pour faciliter l'acheminement de marchandises". Pendant l'attaque, MM. Ngudjolo Chui et Germain Katanga ont "utilisé des enfants soldats et tué plus de 200 civils en quelques heures, ils ont violé des femmes, des filles et des femmes âgées, ils ont pillé le village et transformé des femmes en esclaves sexuelles", avait affirmé l'ancien procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo, à l'ouverture du procès il y a trois ans. Fin 2003, Ngudjolo est arrêté par l'ONU pour le meurtre d'un chauffeur de taxi-moto à Bunia et est transféré à la prison de Kinshasa. Libéré en 2004 faute de preuve, il disparaît pendant des mois avant de ressurgir en Ouganda, où il fédère des miliciens issus de plusieurs groupes. Il co-fonde et prend la tête du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), créé à Kampala en juin 2005, une milice qui continuera à semer la terreur en Ituri. En juillet 2006, alors que près de 20.000 miliciens ont rendu les armes en Ituri, il signe un accord de paix avec Kinshasa, promettant de démobiliser ses hommes contre la promesse d'une amnistie générale. Il obtient pour lui-même un grade de colonel et quitte l'Ituri en novembre 2007 pour un centre de formation militaire pour officiers dans la capitale, où il est arrêté moins de trois mois plus tard.
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