L’économie ivoirienne se porte bien, mais doit s’adapter à une nouvelle réalité dans le secteur du cacao (Banque Mondiale)
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L’économie ivoirienne se porte bien, mais doit s’adapter à une nouvelle réalité dans le secteur du cacao (Banque Mondiale)

L’économie ivoirienne se porte bien, mais doit s’adapter à une nouvelle réalité dans le secteur du cacao (Banque Mondiale)

Lacinan Ouattara | Lu 2500 fois | Publié

Selon la Banque Mondiale, l’économie ivoirienne reste toujours dynamique depuis le début de l’année avec une croissance qui devrait atteindre 7,2 % en 2019, contre 7,4 % en 2018. C’est l’annonce faite lors de la neuvième édition du rapport intitulé "Au pays du cacao, comment transformer la Côte d’Ivoire ? " sur la situation économique en Côte d’Ivoire rendu publique ce jeudi 11 juillet à Abidjan.

Le rapport s’est particulièrement penché le cacao, dont la Côte d’Ivoire est premier producteur mondial. Si la production a quadruplé depuis 1960 pour atteindre plus de deux millions de tonnes en 2018, les conditions de vie des producteurs restent à déplorer. La Banque Mondiale souligne que 54,9 % d’entre eux vivaient en-dessous du seuil de pauvreté en 2015.

En outre, cette augmentation de la production a eu un impact sur le couvert forestier qui n’occupent plus que 3 millions d’hectares contre près 12 millions dans les années 60.

Selon l’étude, il importe de repenser l’ensemble de la chaîne de valeur du cacao pour transformer l’économie ivoirienne. Pour cela, il a été proposé de miser sur la technologie pour accroître les rendements et passer d’une croissance extensive à intensive ; établir des mécanismes de traçabilité pour les acheteurs afin de garantir un produit responsable et enfin, développer l’industrie locale de transformation.

"La Côte d’Ivoire a une opportunité unique d’améliorer les conditions de vie de ses producteurs de cacao et créer des emplois le long de la chaîne de transformation tout en restaurant son patrimoine naturel", souligne Coralie Gervers, Directrice des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo.

"Il est urgent de moderniser la filière cacao et de faire en sorte qu’elle devienne un véritable vecteur de croissance inclusive", a-t-elle ajouté.

L’Etat ivoirien reconnaît la pertinence du rapport, mais indique qu’il ne met pas suffisamment en évidence les performances du secteur agricole des sept dernières années, fait remarquer Coulibaly Sangafowa, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

"Les productions végétales toutes catégories confondues sont passées en volume d’environ 17 millions de tonnes à environ 25 millions de tonnes entre 2012 et 2018 soit une croissance de 68%. En valeur, les revenus globaux des producteurs ont, quant à eux doublés sur la même période. Passant d’environ 3000 milliards á 6000 milliards de FCFA", a tenu a précisé le Ministre.

Le rapport présenté par la Banque Mondiale a salué les performances de l’économie ivoirienne et souligné que les réformes entreprises par le gouvernement sont à la base de ce succès.

En effet, le retour du secteur privé qui avait ralenti entre 2016 et 2017 et constitue à nouveau le principal moteur de croissance du pays explique cette croissance. Selon l’étude, la reprise actuelle se concentre principalement dans les télécommunications, l’agroalimentaire et les bâtiments-travaux publics.

"À court et moyen termes, les perspectives restent solides avec, entre autres, une inflation maîtrisée, un déficit public qui devrait se redresser et une augmentation progressive des exportations", explique Jacques Morisset, chef des programmes de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire. Toutefois, l’institution de Bretton Woods souligne plusieurs facteurs susceptibles de porter un coup à cette embellie économique. "Plusieurs risques pourraient toutefois altérer ces prévisions, notamment ceux liés à la fragilité de la conjoncture internationale et des marchés financiers et, aux élections présidentielles de 2020 qui risquent d’inciter à la prudence des acteurs économiques et des consommateurs", ajoute le principal auteur du rapport.

Les experts de la Banque Mondiale préconise aussi aux autorités ivoiriennes la maîtrise des comptes car bien que le déficit public ait diminué de 4,5 % à 4 % du PIB entre 2017 et 2018, cet ajustement s’est principalement traduit par des coupes budgétaires. 

Par Lacinan Ouattara 

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