Guinée/massacre d'opposants: les victimes réclament la date du procès
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Guinée/massacre d'opposants: les victimes réclament la date du procès

Guinée/massacre d'opposants: les victimes réclament la date du procès

AFP | Lu 1908 fois | Publié

Dix ans après un massacre d'opposants dans un stade de Conakry, le gouvernement guinéen est "déterminé", selon le Premier ministre, à organiser le procès des présumés auteurs de cette tuerie "pour rendre justice aux victimes", qui ont une nouvelle fois demandé samedi aux autorités d'en fixer la date avant la fin de l'année

Le 28 septembre 2009, des militaires avaient tué au moins 157 personnes et violé 109 femmes, dans le stade de Conakry où étaient rassemblés des milliers d'opposants à la candidature à la présidentielle du chef de la junte de l'époque, Moussa Dadis Camara, selon une commission internationale d'enquête de l'ONU.

L'instruction sur le massacre est clôturée depuis fin 2017. Depuis l'ouverture de l'enquête en 2010, 14 personnes ont été inculpées, un civil et 13 militaires, selon un avocat des victimes, Me Alpha Amadou Bah.

L'anniversaire du massacre devait être un "moment solennel (pour) connaître l'annonce officielle de la date d'ouverture du procès puisque depuis dix ans, nous évoluons de promesses en promesses", a dit samedi la présidente de l'Association guinéenne de victimes (Avipa), Mme Asamaou Diallo.

L'association "ne cache pas son indignation" et demande aux autorités de "fixer la date de l'ouverture du procès avant la fin de l'année 2019", a dit Mme Diallo.

Les Etats-Unis, la France et l'Union européenne ont souligné "l'importance de la tenue d'un procès afin que les auteurs présumés de ces crimes puissent répondre dans les plus brefs délais de leurs actes". Ils s'engageant à "coopérer étroitement" avec Conakry pour un "procès transparent et équitable", selon un communiqué conjoint de vendredi.

"Je veux les rassurer (les victimes) de notre détermination à œuvrer pour la manifestation de la vérité", a déclaré vendredi le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana. "Tous les présumés auteurs desdites exactions, quels que soient leur appartenance politique, leur titre, leur rang ou leur grade, devront répondre de leurs actes devant la justice de notre pays".

"Ce procès sera, et nous nous y engageons fermement, une occasion de rendre justice aux victimes, de relever concrètement le défi contre l’impunité" en Guinée. Les autorités vont "créer les conditions matérielles, logistiques, techniques et sécuritaires pour la tenue effective de ce procès dans l'enceinte de la cour d’appel de Conakry, a-t-il ajouté. 

La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a appelé samedi les autorités à "accélérer" l'organisation du procès. "L'impunité règne depuis trop longtemps en Guinée et empêche les cicatrices des victimes de guérir", a écrit Michelle Bachelet.

Six organisations guinéennes et internationales, dont Human Rights Watch et Amnesty, avaient dénoncé le 25 septembre le fait que dix ans après le massacre, les "familles attendent toujours qu'on leur rende justice". 

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