France: ouverture du procès de l'affaire Balkany, symbole de la corruption des élus
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France: ouverture du procès de l'affaire Balkany, symbole de la corruption des élus

France: ouverture du procès de l'affaire Balkany, symbole de la corruption des élus

AFP | Lu 1724 fois | Publié

Plus de 13 millions d'euros dissimulés au fisc, de somptueuses villas au Maroc et dans les Caraïbes, des fonds "occultes" transitant par la Suisse, le Liechtenstein, Singapour... Le procès des époux Balkany, élus locaux de la banlieue parisienne, s'est ouvert lundi à Paris et se poursuivra bien mardi, après le rejet des demandes de renvoi.

Le tribunal a rejeté les demandes de renvoi des avocats de ce couple souvent présenté comme un symbole de la corruption et de l'avidité de certains élus. 

Les Balkany encourent jusqu'à 10 ans de prison et surtout des peines d'inéligibilité.

Aux yeux des juges français, l'absence de Mme Balkany, 71 ans, toujours hospitalisée après avoir ingéré des médicaments début mai, n'empêche pas la tenue du procès car elle a "accepté d'être représentée par ses conseils".

Dans la foulée, la défense de Patrick Balkany a ouvert un nouveau front en demandant au président du tribunal correctionnel de se faire remplacer en raison de sa manière de juger une affaire distincte de fraude fiscale impliquant un élu. Le magistrat ayant refusé, la défense entend déposer une requête en récusation, qui n'entrave toutefois pas la poursuite des débats.

Tonitruant maire Les Républicains (droite) de Levallois-Perret, une riche commune de l'ouest parisien, Patrick Balkany, 70 ans, est arrivé sans dire un mot, escorté par ses avocats sous une nuée de caméras.

En l'absence de son épouse - première adjointe de la mairie - mais aussi des quatre autres prévenus, dont leur fils Alexandre, l'élu a pris place seul au premier rang d'une salle comble.

Ses avocats avaient plaidé pour le renvoi de ce procès prévu pour six semaines. Patrick Balkany "a envie d'être auprès de sa femme", "c'est lui qui la découvre inanimée, qui la croit morte", a plaidé son avocat Eric Dupond-Moretti.

- "A grande échelle" -

Les juges d'instruction avaient débuté leur enquête en 2013 après des révélations de Didier Schuller, un ancien allié du couple.

Les Balkany sont accusés de "blanchiment à grande échelle" entre 2007 et 2014, pour avoir dissimulé au fisc des revenus et un patrimoine "occultes" à hauteur "au minimum" de 13 millions d'euros, en particulier deux propriétés cachées derrière d'exotiques montages financiers.

La première, la villa Pamplemousse, acquise en 1997 par une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse, est sise à Saint-Martin, aux Antilles.

Isabelle Balkany a fini par reconnaître qu'elle en était propriétaire, expliquant l'avoir achetée avec l'argent d'un héritage. Son époux en est officiellement bénéficiaire depuis 2004.

La seconde propriété, la villa Dar Gyucy de Marrakech (Maroc), est détenue depuis 2010 par une SCI marocaine propriété d'une société panaméenne, Hayridge. Cette dernière est au nom de Jean-Pierre Aubry, l'homme de confiance de Patrick Balkany à Levallois. M. Aubry et l'avocat Arnaud Claude, associé de l'ex-président français Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui est lui-même un proche des Balkany depuis des décennies mais n'est pas poursuivi, devront répondre de leur "rôle central" dans le montage financier autour du riad.

Les Balkany, habitués des lieux, ont constamment nié en être propriétaires. Mais les juges sont formels: ils sont les "seuls bénéficiaires" du riad, où des peignoirs brodés aux initiales "PB" ont été retrouvés. Leur fils Alexandre est jugé pour avoir souscrit deux baux de location fictifs, permettant à ses parents d'affirmer qu'ils ne possédaient pas la villa.

Les enquêteurs ont fini par établir que le prix de vente officiel du riad, 2,75 millions d'euros, avait été payé par l'homme d'affaires saoudien Mohamed Al Jaber au moment où celui-ci négociait un super-projet immobilier à Levallois. Le promoteur est jugé pour la "corruption active" du maire. 

Par ailleurs, 2,5 millions d'euros de "dessous de table" ont été réglés via le compte singapourien d'une autre société panaméenne. Cet argent provient selon les enquêteurs d'une commission versée à Patrick Balkany par un industriel belge, George Forrest, contre son aide pour un contrat minier en Namibie. Ce que réfute M. Balkany.

Les investigations sont remontées bien au-delà de la période 2007-2014 qu'elles ciblent, sans pouvoir retracer l'origine de tous les fonds.

Les juges estiment que Patrick Balkany a été "à la tête d'un véritable réseau de sociétés offshore" mis en place dès la fin des années 1980.

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