Plusieurs personnes décèdent après avoir consommé de l’alcool traditionnel à Abatta, près de Bingerville.
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Plusieurs personnes décèdent après avoir consommé de l’alcool traditionnel à Abatta, près de Bingerville.

Plusieurs personnes décèdent après avoir consommé de l’alcool traditionnel à Abatta, près de Bingerville.

Dorcas Loba (Stagiaire) | Lu 15848 fois | Publié

Les évènements se sont déroulés le samedi 29 juin 2019 à Abatta, village près de Bingerville (environ 10 km d’Abidjan). Un groupe de jeunes riverains se retrouvent dans une buvette dans la soirée. Au menu, comme d’habitude, quelques verres d’une boisson locale alcoolisée très prisée communément appelé « Koutoukou » dans une ambiance bon enfant. Ils se séparent après un bon moment entre amis.

Aussitôt entré chez eux, deux d’entre eux vont être transférés d’urgence au centre de santé du village dans la nuit de samedi à dimanche, où ils rendront l’âme quelques temps seulement avant même de recevoir des soins, selon les témoignages de plusieurs personnes.
Par la suite, deux autres victimes vont suivre le lundi 01 juillet 2019 et une cinquième dans l’après-midi du mardi après de fortes douleurs abdominales observées.

Que s’est-il réellement passé ?


Armand K.Z, parent de l’une des victimes de ce drame, encore sous le choc et rencontré sur les lieux explique.  
"J’ai trouvé mon frère dans un état d’agonie, se plaignant de vives douleurs au ventre le lundi 1 juillet. On l’a rapidement envoyé au centre de santé pour être pris en charge, malheureusement, comme les deux premières victimes, il est mort peu de temps après son arrivée", explique le témoin inconsolable.
Ce que disent les médecins ?
Entre spéculations, colères et hypothèses de toutes sortes, nous avons pu contacter l’un des médecins du service de médecine générale de l’Hôpital de Bingerville ayant participé à la prise en charge de trois des victimes décédées.
"Nous avons reçu trois cas le lundi 1 juillet qui présentaient des symptômes similaires. On pouvait observer des troubles de la conscience, associées à des sécrétions basales, gluantes qui faisaient penser à un tableau d’intoxication. Dans le processus d’évacuation de ces patients, car n’étant pas à mesure de les prendre en charge sur place, ils sont décédés pendant l’évacuation. Le troisième patient reçu dans la soirée du lundi a davantage attiré notre attention car présentant les mêmes symptômes que les deux premiers reçus plutôt.
Nous avons de ce fait contacté le District sanitaire de Cocody-Bingerville, pour effectuer des prélèvements chez ces personnes décédées en vue de rechercher l’étiologie véritable. Pour l’heure nous sommes en attente de ces résultats. Mais, au vue des tableaux cliniques observés, nous avons pensé à une intoxication alimentaire".

La situation sur les lieux
Après l’annonce du cinquième décès dans l’après-midi du mardi, les populations ont manifesté leur colère dans les rues du village, demandant la fermeture de tous les « maquis » commercialisant le même type d’alcool (Koutoukou, Tchapalo...)
Les gendarmes présents sur les lieux ont pu calmer plusieurs jeunes manifestants mécontents. La tenancière du maquis, où les amis avaient leurs habitudes, a également dû fermé ses locaux, après la collecte par les autorités sanitaires des échantillons de ses boissons.


En attendant l’issue de l’enquête et les résultats des analyses médicales, la chefferie du village d’Abatta s’est également saisie de l’affaire. On comptait, quand nous quittions les lieux de la soirée cinq victimes.

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