France: 15e manifestation de "gilets jaunes", pour tenter d'enrayer l'essoufflement
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France: 15e manifestation de "gilets jaunes", pour tenter d'enrayer l'essoufflement

AFP | Lu 1689 fois | Publié

Sur les pelouses du château de Chambord ou les Champs-Elysées parisiens, des milliers de "gilets jaunes" ont à nouveau manifesté samedi, pour la quinzième fois consécutive, espérant endiguer le déclin de leur mobilisation.

"Non, le mouvement ne s'essouffle pas, et je pense que ça peut durer", assure Jérémy Desbois, ouvrier de 22 ans, dans le cortège parisien parti des Champs-Elysées et qui regroupait dans le calme 4.000 personnes en début d'après-midi, selon les autorités, contre 3.000 à la même heure il y a une semaine.

A travers la France, 11.600 "gilets jaunes" manifestaient samedi en France à 14H00 (13h00 GMT), selon le ministère de l'Intérieur, soit une légère hausse par rapport à la semaine précédente à la même heure, où 10.200 manifestants avaient été recensés.

Les "gilets" étaient 282.000 à manifester le 17 novembre quand ils ont lancé cette contestation sociale inédite dans sa forme apolitique et asyndicale. La fronde populaire, qui porte sur la politique fiscale et sociale du président Emmanuel Macron, a vite constitué la pire crise qu'il a dû essuyer depuis son élection en 2017.

Mais ils n'étaient plus que 41.000 à manifester il y a une semaine, selon des chiffres officiels contestés par les "gilets".

"A bout de souffle", titrait ce samedi le quotidien Le Parisien, sur une photo d'un "gilet jaune" esseulé mais toujours posté sur un rond-point en signe de protestation.

En plus de trois mois de mouvement, les autorités ont tenté de reprendre la main: après avoir concédé des mesures pour le pouvoir d'achat se chiffrant à plus de dix milliards d'euros, le président Macron a lancé le "grand débat national" : à travers la France, il est destiné à permettre aux mécontents, "gilets" ou non, d'évoquer les raisons de leur colère. Mais il reste à définir comment ces doléances seront prises en compte. Ou pas, comme le craignent nombre de "gilets jaunes".

- Baraques à frites au château -

"Les mêmes raisons qui nous ont fait sortir le 17 novembre ne sont pas réglées. Il y a peut-être moins de monde dans la rue mais les gens continueront à sortir si rien n'évolue à la fin du grand débat", a averti Lucia Ferrera, une "gilet jaune" infirmière de 33 ans, manifestant dans le centre de la France. 

Pour relancer le mouvement, les "gilets" s'essaient à de nouvelles formes de protestation: entre baraques à frites et camion à pizzas, un millier d'entre eux ont pique-niqué dans une ambiance festive et sous un soleil printanier sur la pelouse du château de Chambord (centre), haut lieu touristique, dans un pied de nez au président Emmanuel Macron qui y avait célébré ses 40 ans en 2017. 

D'autres manifestations ont eu lieu à travers la France, notamment à Toulouse (sud-ouest) où une centaine de personnes, dont des "gilets jaunes", ont bloqué la plateforme Amazon, qui a été fermée. "Emmanuel Macron veut faire payer la transition écologique par les plus pauvres", accusaient des tracts.

Des échauffourées sporadiques ont eu lieu, notamment à Rennes (nord-ouest), Lyon (centre-est) et à Clermont-Ferrand (centre) où environ 2.500 manifestants ont défilé dans une ville barricadée par crainte d'une répétition des violences qui ont émaillé presque toutes les manifestations des "gilets". 

Les vidéos des récents heurts et des pillages ont fait le tour du monde, écornant l'image de la France, première destination touristique de la planète.

Si les onze morts depuis le début du mouvement sont la plupart dues à des accidents en marge de points de blocage installés par les "gilets", près de 2.000 personnes ont été blessées lors de rassemblements, les manifestants pointant du doigt la "violence policière". 

L'éclatement de violences à presque chaque manifestation et l'incapacité du mouvement à se fédérer autour d'une cause et d'une figure communes, ont favorisé une baisse de la mobilisation, ainsi qu'un recul de la popularité des "gilets" dans l'opinion publique: alors que les Français soutenaient largement le mouvement, jusqu'à peu encore, ils étaient 52% (+15 points) à estimer qu'il devait cesser, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche (JDD) publié le 17 février.

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