La justice française saisit les biens de l'homme d'affaires Bernard Tapie
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La justice française saisit les biens de l'homme d'affaires Bernard Tapie

La justice française saisit les biens de l'homme d'affaires Bernard Tapie

AFP | Lu 1332 fois | Publié

La justice française a ordonné la saisie des biens de l'homme d'affaires Bernard Tapie inculpé pour "escroquerie en bande organisée" dans une affaire d'arbitrage dans laquelle est impliquée la directrice du FMI, Christine Lagarde, à l'époque ministre des Finances de Nicolas Sarkozy.

Cette décision a été prise par les juges le 28 juin, avec l'accord du parquet de Paris, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Les juges considèrent, selon le quotidien Le Monde, que Bernard Tapie a été "le principal bénéficiaire des sommes versées" par le Consortium de réalisations (CDR) - l'organisme sous tutelle de l'Etat chargé du passif de la banque Crédit Lyonnais - "au terme d'une escroquerie dont il apparaît comme l'un des organisateurs". Homme d'affaires sulfureux, ancien ministre sous la présidence de François Mitterrand, ex-patron du club de football de l'Olympique de Marseille, acteur et désormais patron de presse, Bernard Tapie, 70 ans, est mis en cause dans l'enquête sur l'arbitrage controversé de son litige avec la banque du Crédit Lyonnais dans la vente de l'équipementier sportif Adidas, qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008. Les juges d'instruction soupçonnent l'arbitrage d'avoir été truqué au profit de l'homme d'affaires. Cette affaire a réveillé en France le spectre du conflit d'intérêts entre politique et monde des affaires. Certains soupçonnent l'ancien président Nicolas Sarkozy d'avoir favorisé Bernard Tapie pour le remercier de son soutien lors de la campagne de 2007. "pas de magouille" Pour Bernard Tapie, qui a été placé en garde à vue durant quatre jours consécutifs fin juin, l'enquête se résume à un "complot" le visant et à travers lui Nicolas Sarkozy et "il n'y a rien" dans le dossier. L'homme d'affaires a d'ailleurs promis d'annuler l'arbitrage si l'enquête révélait "la moindre entourloupe", "tellement je suis certain qu'il n'y a pas eu de magouille". Christine Lagarde, ministre de l'Economie de l'époque, aujourd'hui patronne du Fonds monétaire international (FMI) a été placée dans cette affaire sous le statut de témoin assistée, intermédiaire entre celui d'inculpée et de témoin. Depuis 2008, Christine Lagarde a toujours revendiqué la responsabilité de l'arbitrage et la décision de renoncer à en demander l'annulation, en invoquant sa volonté de mettre fin à une procédure longue et coûteuse. Il lui est reproché d'avoir recouru à un arbitrage privé alors qu'il s'agissait de deniers publics, d'avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres et d'avoir fait modifier le protocole initial pour y intégrer la notion de préjudice moral, ce qui avait permis aux époux Tapie de toucher 45 millions d'euros supplémentaires. Fin mai, le conseil d'administration du FMI a "réaffirmé sa confiance dans les capacités de la directrice générale à assumer efficacement ses fonctions". Selon Le Monde, parmi les biens visés par la justice figurent deux assurances-vie souscrites en novembre 2008 et dont la valeur de rachat est estimée par les enquêteurs à 20,7 millions d'euros, les parts sociales de l'homme d'affaires dans un hôtel particulier à Paris, à hauteur de 69,3 millions d'euros, et une villa à Saint-Tropez, sur la Côte d'Azur, que M. Tapie avait achetée en 2011 pour 48 millions d'euros. Les juges ont également demandé la saisie de six comptes en banque, d'un contrat d'assurance-vie détenu par la holding Groupe Bernard Tapie domiciliée à Bruxelles et des parts de M. Tapie dans le groupe de presse Hersant Media. Au soir de l'inculpation de M. Tapie, un de ses avocats, Me Hervé Témime, avait estimé que le dossier était "vide d'éléments susceptibles de démontrer que la sentence arbitrale, son résultat, est le fruit d'une escroquerie, d'un plan concerté". Outre M. Tapie, quatre personnes, dont son avocat Maurice Lantourne, sont à ce stade inculpés pour "escroquerie en bande organisée".
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