France: La Corse sous tension avant une visite du président Macron
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France: La Corse sous tension avant une visite du président Macron

France: La Corse sous tension avant une visite du président Macron

AFP | Lu 1761 fois | Publié

Tentatives d'attentats, villas incendiées, boycott des dirigeants nationalistes : avant la visite, jeudi, du président français Emmanuel Macron, les tensions ressurgissent en Corse, île française de Méditerranée un temps frappée par des violences indépendantistes.

Des charges, qui n'ont pas explosé, ont été découvertes lundi devant deux bâtiments des finances publiques à Bastia, dans le nord de l'île, entraînant la saisine de la section antiterroriste du parquet de Paris. 

Dans la nuit du 9 au 10 mars, six résidences secondaires avaient déjà été visées par des explosions, sans faire de blessé mais en provoquant de sérieux dégâts.

La police se refuse à confirmer ou infirmer la piste des indépendantistes corses, qui ont par le passé revendiqué de nombreux attentats similaires. 

"On est dans le flou", explique à l'AFP Thierry Dominici, de l'Université de Bordeaux, dans l'ouest de la France. "Soit c'est de la violence qui serait une nouvelle forme de protestation, soit il s'agit d'actions menées par des personnes isolées qui souhaitent le retour à la violence".

En 2014 et 2016, les organisations indépendantistes armées FLNC Union des combattants puis le FLNC du 22-Octobre ont cessé leurs actions violentes.

Mais, "après une dizaine de plasticages en un mois, l'éventualité d'une résurgence de la violence clandestine n'est plus une abstraction", résume le quotidien local Corse Matin.

Les derniers attentats ou tentatives d'attentats, même s'ils "s'inscrivent dans un climat de tensions sociales et politiques, ne correspondent ni à notre stratégie politique ni à la vision que nous avons pour l'avenir de la Corse, assure Antonia Luciani, porte-parole de Femu a Corsica, le parti du président autonomiste du conseil exécutif corse Gilles Simeoni.

- "Climat tendu" -

Cela dénote en tout cas d'un regain de tension sur l'île, où Emmanuel Macron est attendu jeudi pour la dernière étape du "grand débat national", série de rencontres destinées à apaiser la colère des "gilets jaunes" qui s'opposent à la politique fiscale et sociale du président.

Le déplacement de M. Macron s'annonce délicat, notamment après le boycott des deux dirigeants principaux de l'île. 

Dès lundi matin, le président autonomiste Gilles Simeoni avait annoncé qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à cette rencontre entre les maires et Emmanuel Macron, jugeant le "climat tendu" et dénonçant "un blocage politique" avec Paris. Vendredi déjà, le président de l'Assemblée de Corse, l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni avait lui aussi annoncé qu'il ne prendrait pas part à la rencontre avec M. Macron.

Les dirigeants corses ont été déçus de la visite très attendue d'Emmanuel Macron, en février 2018. Le président a accepté d'inscrire "une mention" de la Corse dans la Constitution mais rejeté toute idée de co-officialité de la langue corse et l'amnistie des prisonniers "politiques", revendications nationalistes.

La coalition nationaliste Pe a Corsica, formée notamment des partis de Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, a appelé à une demi-journée "Isula Morta" (Ile morte) jeudi après-midi.

Gilles Simeoni dit craindre "la résurgence de la logique de conflit": "Il est de notre devoir commun, en Corse comme à Paris, de rompre cette spirale funeste, d'ouvrir enfin un réel dialogue".

Dans un entretien au quotidien local Corse Matin, diffusé mardi, Emmanuel Macron assure qu'il se rend sur l'île "disponible et volontaire" pour débattre avec les élus insulaires.

Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'Etat souligne que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée".

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