Réforme des retraites : la France réveillonne dans un climat de grève
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Réforme des retraites : la France réveillonne dans un climat de grève

Réforme des retraites : la France réveillonne dans un climat de grève

AFP | Lu 3609 fois | Publié

La grève dans les transports publics se poursuivait mardi en France à quelques heures du réveillon de Noël et les cheminots semblaient déterminés à poursuivre leur mobilisation dans les jours à venir contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron.

Pour ce vingtième jour de grève, seuls 40% des TGV (trains à grande vitesse) circulent, selon la SNCF, l'opérateur du rail. Sur un total de seize lignes du métro parisien, seules les deux lignes automatisées fonctionnent normalement.

Le trafic devait être encore plus réduit dès mardi en fin de journée, avec une fermeture totale de lignes de trains de banlieue parisiens, qui ne rouvriront que mercredi "en début d'après-midi", selon la SNCF. 

"Il n'y a pas de raison que ça s'arrête soudain", a dit dans le journal communiste L'Humanité Laurent Brun, le secrétaire général de l'organisation syndicale CGT-Cheminots, se projetant déjà à après Noël : "On ne s'arrêtera pas quand on a perdu 20 ou 25 jours de salaires juste parce que c'est le Nouvel An".

Le trafic ferroviaire devrait cependant s'améliorer pour le week-end à venir, avec six TGV sur dix, selon la SNCF. C'est plus que le week-end précédent, quand seuls cinq trains sur dix roulaient.

Même si le soutien des Français à la grève restait encore majoritaire, malgré un effritement, la patience des usagers du transport public commençait à connaître ses limites, en particulier à Paris, largement paralysé.

"Je n'ai pas d'autres moyens de transport. Je suis en galère tous les jours", enrage Juno Dormevil, 27 ans, qui fait tous les jours trois heures de trajet pour aller à son travail et retourner chez lui. "Je ne soutiens pas du tout la grève. J'ai de la sympathie pour des travailleurs dans certains secteurs, comme les infirmières, mais pas les cheminots", ajoute-t-il, disant vouloir que leur système de retraites, qui leur permet de partir plus tôt, soit aligné sur le régime général, comme le propose le gouvernement.

Cette réforme vise à fusionner en un système "universel" les 42 régimes de retraites existants et en particulier à supprimer les "régimes spéciaux", dont ceux de la RATP (métro parisien) et de la SNCF qui permettent à leurs employés de cesser le travail plus tôt.

- 400 millions d'euros de manque à gagner -

Même s'ils se plaignent des embarras provoqués par la grève, une petite majorité des Français (51%) "soutiennent" le mouvement ou "ont de la sympathie" pour lui, selon un sondage Ifop diffusé dimanche. Cela représente cependant une baisse de trois points par rapport à une semaine plus tôt.

Le syndicat Info'Com-CGT a toutefois souligné le "soutien concret d'une grande partie de la population" en remettant un chèque de 250.000 euros aux grévistes de la RATP, issus d'une cagnotte rassemblant des dons de la population.

"On reçoit des chèques de partout en France, des salariés du privé, des enseignants, des retraités", a expliqué à l'AFP Marianne Ravaud, la secrétaire générale adjointe du syndicat CGT des salariés de l'information et de la communication.

La grève a déjà occasionné un manque à gagner de 400 millions d'euros à la SNCF, a déclaré son patron Jean-Pierre Farandou dans un entretien avec le quotidien Le Monde paru mardi.

Lundi, des manifestants ont brièvement bloqué la circulation sur une des deux lignes automatiques du métro parisien, les seules fonctionnant encore normalement. "Le but était de montrer une certaine forme de détermination", a expliqué à l'AFP Fabien Villedieu, un délégué SUD-Rail qui a participé à cette action surprise. 

"Ce n'est pas acceptable", a réagi le "Monsieur Retraites" du gouvernement, Laurent Pietraszewski.

Rien ne semble devoir bouger avant le début de l'année prochaine : le gouvernement a ainsi fixé au 7 janvier la date de la prochaine rencontre entres ministres et syndicats.

Les discussions se poursuivront avant la présentation du projet de loi en Conseil des ministres le 22 janvier.

Parallèlement, le Premier ministre Edouard Philippe "proposera (...) une méthode de travail" concernant l'équilibre financier du système de retraites pendant la "semaine du 6 janvier".

La plupart des syndicats ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle le 9 janvier.

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