La France rapatrie de Syrie dix enfants de jihadistes français
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La France rapatrie de Syrie dix enfants de jihadistes français

La France rapatrie de Syrie dix enfants de jihadistes français

AFP | Lu 4280 fois | Publié

Dix enfants de jihadistes français, "particulièrement vulnérables", ont été rapatriés de Syrie dans la nuit de dimanche à lundi, des "vies sauvées" pour leurs proches qui demandent inlassablement le retour de tous les enfants retenus dans les camps kurdes.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que la France avait rapatrié ces mineurs, "orphelins ou cas humanitaires, qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie", précisant dans un communiqué qu'ils "ont été remis aux autorités judiciaires françaises" et "font désormais l'objet (...) d’une prise en charge par les services sociaux".

Une délégation française est allée chercher ces enfants à Qamishli, a indiqué sur Twitter Abdel Karim Omar, responsable des Affaires étrangères au sein de l'administration autonome kurde.

Parmi ces enfants dont le plus jeune a deux ans, et qui portent à 28 le nombre d'enfants français rapatriés au total, trois ne sont pas orphelins, mais leurs mères "ont accepté de les envoyer en France, en raison des conditions dans le camp", a indiqué une source kurde à l'AFP.

"Deux mères ont accepté de se séparer de leurs enfants, et pour l’un des deux cas au prix de la séparation d’une fratrie", indique dans son communiqué le Collectif Famille unies, qui regroupe des proches.

"Chaque enfant qui revient est une vie sauvée", ajoute le collectif, mais "ce n’est pas à ce prix que nous devons envisager le rapatriement de ces enfants, déjà meurtris par leur histoire, les deuils, la guerre, la vie dans les camps : abandonner leurs mères (et une partie de leurs frères et sœurs) dans les camps n’est pas conforme à l’intérêt supérieur de ces enfants, et ne peut qu’accentuer leurs traumatismes".

Ces séparations sont dictées par la doctrine française du "cas par cas" en ce qui concerne les rapatriements d'enfants: les orphelins de père et de mère peuvent être rapatriés, mais pour les enfants dont un des parents est encore en vie, il faut leur autorisation. 

Une doctrine "aussi cynique que cruelle" a fustigé sur BFM l'avocat William Bourdon. "Tous les responsables de la lutte antiterroriste, des juges d'instruction, disent qu'au-delà d'une urgence humanitaire et sanitaire, il y a une urgence sécuritaire de ramener ces enfants et leurs mères", a-t-il ajouté.

Saluant une "bonne nouvelle", la directrice France d'Human Rights Watch, Bénédicte Jeannerod, a également estimé auprès de l'AFP "qu’il était urgent que la France rapatrie les autres enfants" et "qu’au delà, le retour de ses ressortissants, enfants et adultes, piégés dans le nord-est de la Syrie est la seule réponse viable face aux impératifs humanitaires, de justice, de droit international et de sécurité".

- #OnNeNaitPasTerroriste -

Avec le mot dièse #OnNeNaitPasTerroriste, la Commission nationale consultative des Droits de l'Homme a aussi rappelé, sur Twitter, qu'elle avait appelé "au rapatriement de tous les #enfants français retenus dans les camps syriens".

"Tous les enfants sont des cas humanitaires et leur intérêt supérieur à tous serait d'être rapatriés avec leurs mères", insiste auprès de l'AFP l'avocate Marie Dosé, ajoutant que "ces enfants sont marqués au fer rouge par la violence de leur histoire".

ONG et organisations internationales ont multiplié les appels au rapatriement des enfants, qui pour certains ont déjà passé deux ans dans des conditions sanitaires extrêmement précaires -en 2019, 517 personnes, dont 371 enfants, sont morts dans le camp d'Al-Hol, avait indiqué mi-janvier à l'AFP une responsable du Croissant-Rouge kurde.

Les autorités kurdes, qui affirment détenir environ 12.000 étrangers, 4.000 femmes et 8.000 enfants, dans trois camps de déplacés du nord-est de la Syrie, ont elles-même souvent appelé les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants.

Treize jihadistes françaises, dont Hayat Boumedienne, la compagne de l'un des auteurs des attentats de janvier 2015 en France, se sont évadées des camps où elles étaient détenues, selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

Mais la question est très sensible pour le gouvernement français, plusieurs sondages montrant une opinion publique extrêmement défavorable au retour de jihadistes pour être jugés en France.

Gouvernement, familles et avocats s'accordent cependant sur un point: préserver l'anonymat de ces enfants.

Marie Dosé demande donc "instamment à la presse de les préserver en ne révélant pas leur identité, car ils ont assez souffert comme ça".

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