JO-2016 - Terrorisme: le flair du RAID à Rio
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JO-2016 - Terrorisme: le flair du RAID à Rio

JO-2016 - Terrorisme: le flair du RAID à Rio

AFP | Lu 1559 fois | Publié

"Quand on s'entraînait, on entendait des tirs de la favela d'à côté", confient deux membres du RAID français venus à Rio de Janeiro apporter leur savoir-faire à l'anti-terrorisme brésilien en vue des JO, dans une ville plus habituée à la violence des narco-trafiquants.

Quentin D. et Christophe B., basés à Paris, achèvent une mission de quinze jours auprès de la Brigade d'intervention canine (BAC) de Rio, une section de la Police militaire, afin de lui apporter leur expérience dans la sécurisation préventive et la détection d'explosifs.

Les échanges nourris de tirs entre trafiquants et militaires sont fréquents dans les favelas de Rio. La criminalité liée au trafic de drogue représente l'une des douze menaces listées par les autorités en vue des JO (5-21 août).

Le Brésil n'a jamais eu à déplorer d'acte de terrorisme sur son sol mais, avec la récente vague d'attentats djihadistes dans le monde, le risque terroriste est devenu le principal.

La menace était montée d'un cran lorsque, trois jours après les attentats de novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, le Français Maxime Hauchard, considéré comme l'un des bourreaux de l'organisation Etat islamique (EI), a tweeté cette menace, ensuite effacée: "Brésil, vous êtes notre prochaine cible".

Ce mercredi matin, les deux membres du RAID supervisent un exercice dans l'aéroport international de la "Ville merveilleuse", qui consiste à sécuriser un espace avant le passage d'une personnalité.

- 'Chiens efficaces' -

Pendant les Jeux, "on évaluera les besoins de sécurisation préventive selon la localisation de la personnalité et les forces de l'ordre qui s'en chargeront", précise Daniel Puga, premier lieutenant du Commandement des opérations spéciales.

Devant les médias, les militaires brésiliens inspectent d'abord les lieux, examinant les recoins à la lampe de poche. Ils y amènent ensuite deux chiens policiers, qui flairent le terrain et les chariots porte-bagage. Ils tombent en arrêt devant une porte, derrière laquelle était placée un paquet aspergé d'odeur d'explosif. Mission accomplie.

"La BAC de Rio ne connaissait pas ce type d'approche", relève Christophe B. "On a voulu transmettre nos savoirs et nos expériences dans un échange de méthodologies".

"On ne va pas entrer dans les détails": les informations dévoilées à la presse seront limitées, sur les méthodes elles-mêmes comme sur leur éventuelle actualisation après les attentats de 2015 en France.

Les forces de l'ordre brésiliennes sont habituées à la lutte à grande échelle contre le trafic de drogue, dont les gangs mettent sous coupe réglée des favelas entières, à Rio comme ailleurs dans le pays.

Mais flairer des explosifs est une nouveauté pour leurs chiens récemment entraînés. "Ca reste une recherche olfactive", soutient Quentin D. "Les chiens brésiliens sont aussi efficaces que les chiens français, quand on voit le nombre de saisies de drogue qu'ils font".

D'ailleurs, parmi les deux chiens brésiliens qui ont fait l'exercice à l'aéroport, se trouvait Chefe, fils d'une légende carioca: le labrador Boss, aujourd'hui à la retraite, multipliait les découvertes de drogue il y a quelques années, au point d'avoir eu sa tête mise à prix par des malfaiteurs en 2012.

- 'Guérilla urbaine' -

Christophe B. et Quentin D. estiment en tout cas les forces d'élite de la Police militaire tout à fait "opérationnelles".

"Ils sont confrontés à une sorte de terrorisme dans les favelas", disent à l'AFP les deux Français, une fois micros et caméras coupés. "La BAC est en-dessous, la favela au-dessus. Ce n'est pas une position idéale. Quand on s'entraînait, on entendait des tirs de la favela d'à côté".

"Au Brésil, les militaires ont une culture de prévention naturelle, poursuivent-ils. Ici, c'est la guerre! Ils ont donc des méthodes de guérilla urbaine. Ils sont très bons".

Quelque 85.000 membres des forces de sécurité -47.000 policiers et 38.000 militaires- seront mobilisés pour assurer la sécurité des 10.500 athlètes mais aussi des officiels, journalistes et touristes du monde entier attendus à Rio pour les Jeux (5-21 août). C'est le double qu'à ceux de Londres en 2012.

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