Les nouvelles technologies offrent des options aux Français confrontés à la grève du rail
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Les nouvelles technologies offrent des options aux Français confrontés à la grève du rail

Les nouvelles technologies offrent des options aux Français confrontés à la grève du rail

AFP | Lu 1658 fois | Publié

Confrontés à une grève qui va s'étaler sur plusieurs jours d'ici à l'été, les Français, mieux connectés, tentent d'en juguler les effets sur leurs journées grâce aux nouvelles technologies et nouveaux modes de travail, l'opérateur du rail ayant de son côté exhorté ses usagers à recourir au covoiturage.

En 1995, une grande grève des transports avait semé le chaos pendant près de trois semaines dans tout le pays : embouteillages routiers, hordes de travailleurs se déplaçant à pied, tentant l'auto-stop ou restant bloqués chez eux, au grand dam des entreprises qui avaient dû faire face à l'absence des salariés.

Deux décennies plus tard, internet, les téléphones portables et nouveaux modes de travail changent la donne alors que les cheminots ont entamé mardi une grève susceptible de paralyser le pays par intermittence (deux jours tous les cinq jours) pendant trois mois pour protester contre les projets du gouvernement d'Emmanuel Macron.

En ce qui concerne l'information du public, après avoir copieusement averti les usagers des perturbations importantes à venir et des risques d'annulation de trains, la SNCF donne désormais des renseignements en temps réel sur son site internet et via les applications mobiles.

Les gares ne sont donc plus prises d'assaut par des passagers en mal d'informations. Mardi, un calme surprenant a régné dans la plupart, à l'heure de pointe.

"Je pensais que ce serait la cohue" mais "les gens ont anticipé", a commenté Chloé, une jeune opticienne rencontrée à la gare de Nice.

La SNCF a incité ses usagers à utiliser sa plateforme de covoiturage courte distance iDVROOM, qui propose - sous conditions - de rembourser les trajets réalisés pendant les perturbations du printemps.

Lors de la journée de grève de mardi, cette solution du covoiturage a séduit de nombreux usagers habituels de la SNCF qui se sont adressés aux entreprises de partage de trajets en voiture, comme BlaBlaCar, leader du secteur, ou son concurrent Karos. Quelques secondes suffisent pour réserver sa place à partir d'un téléphone intelligent.

Grâce à ces services, le trafic routier, certes plus dense que d'habitude dans les grandes villes, n'a pas atteint les records qui ont pu être enregistrés par le passé.

"On est en explosion en termes de nouveaux inscrits", a indiqué à l'AFP le cofondateur de Karos, Olivier Binet. Côté "fréquentation sur notre système, on est à 4 fois plus d'activité sur une journée par rapport à avant la grève", souligne-t-il.

Selon lui, 380.000 chauffeurs ont proposé des places de covoiturage et certains nouveaux passagers devraient être séduits sur le long terme par le service qu'ils découvrent à l'occasion de cette grève.

Lors d'une précédente grève des cheminots le 22 mars, "quelques milliers de personnes ont covoituré pour la première fois et 50% de ces gens continuent à être des +covoituriers+ actifs même quand il n'y a pas de grève", dit-il.

BlaBlaCar pour sa part a enregistré un record de nouveaux utilisateurs et, vendredi dernier, son site a reçu 1,4 million de visites, selon un porte-parole.

- 'Presque dire merci' -

"Grèves: pensez covoiturage", proclamaient également des panneaux lumineux sur des autoroutes françaises lors du weekend de Pâques.

A défaut de moyens de transport, d'autres ont simplement décidé de travailler de chez eux, une solution désormais possible grâce aux ordinateurs, aux connections internet, aux possibilités de visioconférences, au VPN donnant accès aux réseaux professionnels... Autant d'outils qui ont fait irruption dans la vie des travailleurs au XXIe siècle.

Le télétravail a d'ailleurs été encouragé depuis l'arrivée au pouvoir du président centriste Emmanuel Macron.

Le gouvernement a facilité la possibilité pour un salarié d'exercer son activité depuis un autre endroit que son lieu de travail habituel et prévu que l'employeur devrait "motiver sa réponse" en cas de refus.

Les jeunes pousses proposant des espaces de travail partagés ont aussi profité du mouvement social pour promouvoir leurs services.

C'est le moment idoine pour "faire adhérer des collègues à de nouvelles formes de travail. Les solutions de coworking et covoiturage permettent de diminuer les absences très fortement", relève Sébastien Trouillet, cofondateur de Beewake, qui propose 2.000 espaces de travail mais aussi une plateforme technologique permettant aux entreprises de suivre leurs salariés travaillant hors du bureau.

Néanmoins, tout le monde ne peut travailler hors de son entreprise et le pays se prépare à affronter quelques belles perturbations pendant les trois mois à venir.

Dans le parti présidentiel, certains veulent faire contre mauvaise fortune bon coeur : le député Jean-René Cazeneuve twitte ainsi que les grèves, "ça permet de développer un peu + les n(ou)velles formes d'organisation du travail: télétravail, confcall, visioconf, coworking... Il faudrait presque dire merci".

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