France: quatre corps retrouvés sous les décombres d'immeubles effondrés à Marseille
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France: quatre corps retrouvés sous les décombres d'immeubles effondrés à Marseille

France: quatre corps retrouvés sous les décombres d'immeubles effondrés à Marseille

AFP | Lu 1876 fois | Publié

"Des gens meurent pour rien": la colère des habitants gronde, plus de 24 heures après l'effondrement de plusieurs immeubles vétustes du centre de Marseille, dans le sud-est de la France, où quatre corps ont été retrouvés mardi dans les décombres, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver d'autres victimes.

Au total, selon les autorités, 5 à 8 personnes pourraient avoir été ensevelies sous les gravats lors de cette catastrophe survenue non loin du très touristique Vieux-Port, dans un quartier populaire et métissé de la deuxième ville de France où le logement indigne menacerait la santé ou la sécurité de quelque 100.000 habitants.

Quatre corps, ceux de deux hommes et de deux femmes, qui "n'ont pas encore été identifiés", ont été découverts mardi dans l'immense tas de décombres par les secouristes, a indiqué lors d'un point presse mardi soir le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

"Très, très vraisemblablement cinq personnes", ainsi que "trois visiteurs" se trouvaient dans l'un des immeubles effondrés, a ajouté M. Tarabeux. Après l'effondrement des deux bâtiments vétustes lundi matin, un troisième bâtiment mitoyen s'est écroulé en fin de journée.

"Le travail continue pour dégager les gravats et essayer de trouver des personnes", sous les décombres, a précisé à ses côtés le préfet de région Pierre Dartout.

Les autorités avaient annoncé dès lundi que les recherches pour retrouver des victimes pourraient durer plusieurs jours.

"On a encore de l'espoir, même si l'espoir est faible. Des poches de vie peuvent encore être présentes", a expliqué le capitaine de frégate Samuel, commandant des opérations de secours du Bataillon des marins-pompiers de Marseille.

La pluie qui s'est abattue sur la ville lundi soir et mardi matin, parfois torrentielle, "ralentit la progression" des secours "et augmente les risques", a poursuivi le marin-pompier. 

"C'est un travail stratégique avec des outils mécaniques et à la main", notamment une pelleteuse pour extraire les gros débris et du matériel endoscopique pour sonder les entassements parsemés d'objets du quotidien.

 

- Logement indigne -

 

Mardi après-midi par petits groupes de nombreux habitants des immeubles contigus ont pu accéder à leur logements afin de récupérer des affaires et en sortir peu après chargés de sacs et de valises, certains avec leur téléviseur sous le bras, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des habitantes se consolent entre elles: "au moins nous sommes vivantes". Mais Sonia reste très en colère contre "les marchands de sommeil qui n'entretiennent pas les locaux". "Cela fait 10 ans que je suis là, je n'ai jamais vu personne inspecter mon appartement", relate l'habitante tandis que sa voisine assure "n'avoir jamais vu personne en 27 ans".

"C'est l'enfer ici, ils savent que c'est de la merde et des gens meurent pour rien", dénonce à son tour Toufik Ben Rhouma, un habitant, estimant que les effondrements sont "100% de la faute de la mairie".

Si la mairie a avancé l'hypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe, plusieurs représentants de l'opposition ont fait le lien avec l'ampleur du problème du logement indigne à Marseille. 

La mairie de Marseille a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème.

En 2015 un rapport remis au gouvernement faisait état d'"un parc privé potentiellement indigne", présentant "un risque pour la santé ou la sécurité de quelque 100.000 habitants". 

Quelque 40.000 logements sont concernés, soit 13% du parc de résidences principales. Des proportions vues "nulle part ailleurs en France", déplore Florent Houdmon, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre. "C'est le résultat de décennies d'inaction publique", fustige-t-il.

Deux des trois immeubles écroulés étaient murés et théoriquement inhabités. L'un d'eux, frappé par un arrêté de péril en 2008, avait fini par être acheté par la mairie au bout de 10 ans de démarches. 

Dans le troisième en revanche, neuf appartements sur dix étaient habités. Pourtant, depuis 2007, les signaux d'alerte se multipliaient: effondrement du plafond du hall d'entrée, fissures inquiétantes... Un expert agréé auprès du tribunal avait visité l'immeuble le 18 octobre sans préconiser de l'évacuer.

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