Sénégal : Le président Sall ouvre un dialogue. Une partie de l'opposition boude.
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Sénégal : Le président Sall ouvre un dialogue. Une partie de l'opposition boude.

Sénégal : Le président Sall ouvre un dialogue. Une partie de l'opposition boude.

AFP | Lu 1354 fois | Publié

Le président sénégalais Macky Sall a appelé mardi à Dakar à une "gouvernance concertée", lors de l'ouverture d'un "dialogue national", dont il s'est engagé à mettre en oeuvre les décisions. Une partie de l'opposition a décidé de ne pas y participer .

La première journée de ce dialogue national, promis par Macky Sall lors de sa prestation de serment pour un second mandat le 2 avril, s'est déroulée dans la salle des banquets du palais présidentiel, où leaders religieux, représentants de la majorité et de l'opposition et membres de la société civile ont enchaîné les prises de parole pendant plus de six heures.

"J'ai toujours pensé que la démocratie ne saurait ou ne devrait être réduite à la confrontation permanente entre pouvoir et opposition, entre majorité et minorité", a déclaré le chef de l'Etat. Dans son discours inaugural, il a appelé "à la bonne volonté de toutes les composantes de notre nation pour bâtir ensemble une gouvernance concertée".

"La crise de confiance est profonde entre le pouvoir et l'opposition", a répondu le député Mamadou Diop, au nom du Front de résistance nationale (FRN), principale coalition de l'opposition, qui comprend les partis des quatre candidats battus au premier tour le 24 février et celui de l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012).

L'opposant a ainsi évoqué l'invalidation des candidatures de Karim Wade, fils et ancien ministre d'Abdoulaye Wade, et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations judiciaires.

Sur le cas de Khalifa Sall, le chef de l'Etat a dit avoir "entendu" les requêtes et une nouvelle fois évoqué son "pouvoir de grâce", sans prendre d'engagement précis.

- 'Respecter les consensus' -

 

Le dialogue national, dont une première édition en 2016 n'avait pas eu de suites, abordera les questions électorales (calendrier, parrainage, statut du chef de l'opposition...), économiques et sociales (gestion des futures ressources pétrolières et gazières, emploi des jeunes et des femmes...) et environnementales, ainsi que de paix et de sécurité, a expliqué Macky Sall.

"Je ne changerai rien aux points de consensus qui seront trouvés. Je ne suis pas dans des calculs", s'est engagé mardi le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2012.

Le "pilotage" de ce dialogue a été confié à un ancien ministre et ex-président du Conseil économique et social, Famara Ibrahima Sagna, une désignation approuvée par l'opposition. Les participants au dialogue ont 15 jours pour désigner leurs représentants, qui mèneront au sein de différents ateliers des discussions qui devraient durer plusieurs semaines.

"C'est une lourde responsabilité (de diriger le dialogue national). J'espère que mon expérience et le Ciel m'aideront à répondre à l'attente de tout le monde", a commenté M. Sagna à la télévision publique RTS, qui a retransmis en direct l'ensemble des débats.

L'opposition, qui dénonce un accaparement des principaux leviers du pouvoir par Macky Sall, après notamment l'adoption au pas de charge d'une révision constitutionnelle supprimant le poste de Premier ministre dès l'entame de son second mandat, a réagi en ordre dispersé à l'appel au dialogue.

Si les représentants de deux petits ex-candidats, Madické Niang et Issa Sall, étaient bien présents mardi, ceux des deux autres, l'ex-Premier ministre Idrissa Seck et le député Ousmane Sonko - figure montante de l'opposition - étaient en revanche absents. Le parti d'Abdoulaye Wade a officiellement boycotté la rencontre, mais son coordonnateur, Oumar Sarr, n'a pas suivi la consigne et a assisté au lancement du dialogue.

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