RDC: la dépouille de Tshisekedi père en route pour Kinshasa
0
 

Écouter
RDC: la dépouille de Tshisekedi père en route pour Kinshasa

RDC: la dépouille de Tshisekedi père en route pour Kinshasa

AFP | Lu 1377 fois | Publié

La dépouille d'Etienne Tshisekedi, figure de l'histoire du Congo et père de l'actuel président Félix Tshisekedi, a quitté jeudi Bruxelles pour Kinshasa où l'ex-opposant et Premier ministre doit être inhumé samedi, plus de deux ans après sa mort.

"L’avion qui ramène la dépouille du feu Premier ministre Etienne Tshisekedi vient de décoller de Bruxelles à 11H25 heure de Kinshasa", a indiqué sur Twitter la directrice de communication du président congolais, Lydie Omanga.

"L'avion est bien parti", a confirmé une source belge après le report d'un premier départ annoncé au dernier moment mercredi soir.

Trois jours de funérailles et d'hommage populaire sont prévus de l'arrivée du corps ce jeudi jusqu'à l'inhumation samedi.

Les ambassades belges et françaises ont prévenu leurs ressortissants que des "perturbations pourraient avoir lieu en soirée et pendant une partie de la nuit" à Kinshasa.

A partir de quelle heure? Le temps de vol entre Bruxelles et Kinshasa est de huit heures. Deux sources congolaises évoquaient une possible escale d'un avion d'une quarantaine de places, sans autre précision. 

L'ex-opposant et ex-Premier ministre Etienne Tshisekedi est décédé à l'âge de 84 ans le 1er février 2017 à Bruxelles où il venait se faire soigner.

Sa dépouille reposait depuis dans un funérarium de la capitale belge, faute d'accord entre sa famille et l'ancien régime du président Joseph Kabila sur le rapatriement et l'organisation des obsèques.

La situation s'est éclaircie avec l'investiture le 24 janvier de son fils Félix, proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre.

Il y a une semaine, un comité d'organisation des obsèques présentait enfin un programme précis: rapatriement et cortège funèbre jeudi, exposition du corps vendredi au stade des Martyrs (80.000 places), inhumation samedi.

Mercredi après-midi, les autorités offraient une journée "chômée et payée" aux habitants de Kinshasa pour le coup d'envoi de ces funérailles longtemps différées.

Tout est tombé à l'eau mercredi soir sur la base aérienne de Melsbroek peu avant l'heure du départ prévue et avant un hommage en présence du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, lui aussi annulé.

Le vol de mercredi soir "a dû être reporté à la dernière minute pour des raisons logistiques", a indiqué un court communiqué des autorités congolaises.

"L'avion n'est pas arrivé", a précisé à l'AFP une source qui a préféré rester anonyme. Le vol était à la charge de la partie congolaise. Problèmes de paiement? Couac dans les virements auprès de la société d'aviation privée prestataire de l'appareil?

"Franchement, je ne comprends rien, rien du tout", a résumé à l'AFPTV Ghislain Mbkoso, un Congolais présent près de la base aérienne de Melsbroek.

"Cette situation est totalement indépendante de la volonté des autorités belges et des organisateurs des obsèques", est-il précisé dans le communiqué du comité d'organisation des obsèques, diffusé par la présidence congolaise. 

 

- Imbroglio -

A Kinshasa, le comité d'organisation des obsèques s'en tient toujours au programme initial des funérailles pour les deux jours qui viennent: exposition du corps, messe et recueillement populaire vendredi au stade des Martyrs, inhumation samedi à la Nsele, haut lieu du mobutisme, à la sortie de Kinshasa, entre le fleuve Congo et les plateaux Bateke.

 

Né en 1932, Etienne Tshisekedi a été un proche du dictateur Mobutu Sese Seko avant de passer à l'opposition. 

Le natif du Kasaï (centre) était même ministre de l'Intérieur quand Mobutu a envoyé à la potence quatre responsables politiques en les accusant de préparer un complot le 1er juin 1966. 

Ces "Martyrs" de la Pentecôte donnent leur nom au stade de Kinshasa où un dernier hommage populaire doit être rendu au défunt.

Tshisekedi père est passé dans l'opposition en fondant dans la clandestinité l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) en 1982.

"Désormais sa vie sera faite d'arrestations, de tortures, de brimades, de pressions, de bannissements, de relégations et de résidences surveillées", écrit l'historien Jean-Marie Mutamba Makombo jeudi dans le journal congolais La Prospérité.

Le "Sphynx" de Limete, du nom de sa commune de résidence à Kinshasa, a été brièvement Premier ministre dans les années 90, avant de repasser dans l'opposition au régime des Kabila père et fils à partir de 1997.

Candidat à l'élection présidentielle de 2011, il avait refusé de reconnaître la réélection de Joseph Kabila en se proclamant président élu.

En janvier 2019, le même Kabila a cédé le pouvoir à son fils Félix, proclamé vainqueur de l'élection du 30 décembre 2018, première transition pacifique dans l'histoire du Congo. Un scénario contesté par un autre opposant, Martin Fayulu.

Cet article vous a plu ! Partagez-le maintenant

A lire également

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En continu

Roger Stone, fidèle de Trump, reconnu coupable de mensonge au Congrès

RDC : Le Président Tshisekedi prévoit une éradication du virus Ebola d’ici à la fin de l’année.

Amnesty International plaide pour la réhabilitation de la prison de Katiola

Lancement officiel de planting d'arbres ce vendredi sur le territoire national

Le Gouvernement guinéen rejette un rapport d’Amnesty international