L’Indice de perception de la corruption : La Côte d’Ivoire améliore sa position.
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L’Indice de perception de la corruption : La Côte d’Ivoire améliore sa position.

L’Indice de perception de la corruption : La Côte d’Ivoire améliore sa position.

Lacinan Ouattara | Lu 3430 fois | Publié

L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2018 a été publié 29 janvier dernier par Transparency International en Allemagne et révèle de façon globale l’incapacité chronique de la plupart des pays à contrôler efficacement la corruption, facteur qui contribue à la crise de la démocratie dans le monde. Cependant, seuls vingt (20) pays, dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Guyane et l’Estonie, ont sensiblement amélioré leurs indices de l’IPC.

Malgré la faible performance globale de l’Afrique subsaharienne dans la lutte contre ce fléau avec une moyenne de 32 points sur 100, quelques pays ont réalisé des progrès. Deux pays, notamment la Côte d’Ivoire et le Sénégal figurent, pour la deuxième année consécutive, parmi les principaux agents d’amélioration de l’IPC.

Au cours des six dernières années, la Côte d'Ivoire est passée de 27 points en 2013 à 35 points en 2018, tandis que le Sénégal est passé de 36 points en 2012 à 45 points en 2018. Ces positions sont le fait des législations et politiques. Les réformes institutionnelles engagées dans les deux pays, ainsi que la volonté politique dans la lutte contre la corruption manifestée par leurs dirigeants respectifs.

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande font office de bons élèves avec respectivement 88 et 87 points. La Somalie, le Soudan du Sud et la Syrie sont au bas de l’échelle avec 10, 13 et 13 points. La région ayant obtenu le score le plus élevé est celle de l’Europe occidentale et de l’Union européenne, avec un score moyen de 66, tandis que les régions enregistrant les scores les plus faibles sont l’Afrique (avec une moyenne de 32), l’Europe de l’Est et l’Asie centrale (avec une moyenne de 35).

"Alors que de nombreuses institutions démocratiques sont menacées à travers le monde – souvent par des dirigeants qui s’inscrivent dans une tendance autoritaire ou populiste –, nous devons redoubler d’efforts pour renforcer les freins et contrepoids et protéger les droits des citoyens. La corruption effrite la démocratie et produit un cercle vicieux en sapant les institutions démocratiques. En effet, plus ces institutions sont faibles, moins elles sont en mesure de contrôler la corruption", indique Patricia Moreira, directrice générale de Transparency International

LA CORRUPTION ET LA CRISE DE LA DÉMOCRATIE

Une analyse croisée incorporant des données sur la démocratie dans le monde montre qu’un lien existe entre corruption et santé démocratique. Dans l’IPC, les démocraties bien établies obtiennent en moyenne un score de 75 points ; les démocraties imparfaites un score moyen de 49 ; les régimes hybrides – présentant des éléments de tendance autocratique – arrivent à un score de 35 ; et les régimes autocratiques enregistrent les pires résultats, leur score moyen atteignant à peine 30 points.

Selon Transparency International, l’étude établit un lien évident entre démocratie saine et lutte efficace contre la corruption dans le secteur public.

"La corruption a beaucoup plus de chances de prospérer là où les fondements démocratiques sont faibles et, comme nous l’avons observé dans de nombreux pays, là où les politiciens populistes, peu démocrates, peuvent en abuser à leur avantage", indique Madame Rubio.

Illustration de cette tendance, les scores de la Hongrie et de la Turquie ont diminué respectivement de huit et neuf points au cours des cinq dernières années. Dans le même temps, la Turquie a rétrogradé de la catégorie "partiellement libre" à "non libre", tandis que la Hongrie a enregistré son score le plus bas en matière de droits politiques depuis la chute du communisme en 1989. Ces classements reflètent une détérioration de l’État de droit et des institutions démocratiques, ainsi que le rétrécissement rapide de l’espace réservé à la société civile et aux médias indépendants dans ces pays.

Un fait surprenant : Les Etats-Unis ont perdu quatre points depuis l’année dernière avec un score de 71 points, sortant ainsi de la liste des 20 pays en tête de l’IPC pour la première fois depuis 2011. Ce faible score intervient à un moment où des menaces pèsent sur le système de freins et contrepoids des États-Unis avec l'Administration Trump. 

 

INGREDIENTS POUR UNE REELLE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Pour progresser réellement dans la lutte contre la corruption et consolider la démocratie dans le monde, Transparency International recommande entre autres de :

Renforcer les institutions chargées de maintenir l’équilibre des pouvoirs, notamment les freins et contrepoids au pouvoir politique, et veiller à ce qu’elles puissent fonctionner sans subir de pressions ;

Combler les écarts au niveau de la mise en œuvre de la législation, des pratiques et de l’application des normes destinées à la lutte contre la corruption ;

Soutenir les organisations de la société civile qui sont un relais en matière politique et assurent un suivi des dépenses publiques, en particulier au niveau local ;

Soutenir les médias libres et indépendants et garantir la sécurité des journalistes de telle sorte qu’ils puissent travailler sans faire l’objet d’intimidations ni de harcèlement.

A noter que l’IPC 2018 s’appuie sur 13 enquêtes et évaluations d’experts pour mesurer la corruption du secteur public dans 180 pays et territoires, en attribuant à chacun un score allant de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu).

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