France: un manifestant a une main arrachée lors de la 13ème manifestation des "gilets jaunes"
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France: un manifestant a une main arrachée lors de la 13ème manifestation des "gilets jaunes"

AFP | Lu 1913 fois | Publié

Un manifestant a eu une main arrachée samedi à Paris où de vives tensions ont eu lieu lors de la 13ème journée nationale de manifestation des "gilets jaunes", mobilisés depuis mi-novembre contre la politique sociale et fiscale d'Emmanuel Macron.

Malgré une mobilisation affaiblie par près de trois mois de contestation et plusieurs concessions du gouvernement, la colère des "gilets jaunes" reste vive en France et des cortèges étaient prévus sur tout le territoire.

Selon le ministère de l'Intérieur, quelque 12.100 "gilets jaunes" manifestaient samedi à 14H00 (13H00 GMT) en France, dont 4.000 à Paris, un chiffre en recul par rapport à la semaine précédente (17.400, dont 8.000 à Paris, à la même heure). Les décomptes du ministère de l'Intérieur sont contestés par les "gilets jaunes". 

A Paris, des manifestants partis des Champs Elysées ont tenté d'enfoncer les palissades qui protègent l'entrée de l'Assemblée nationale en arrivant à la hauteur de l'édifice, après avoir uriné sur les grilles d'enceinte.

Présent dans le cortège parisien, un homme a eu la main arrachée dans ces incidents, ont rapporté à l'AFP des secouristes volontaires sur place, baptisés "street-medics" par les manifestants. Il a été évacué par les pompiers, un bandage au bout de l'avant-bras, a constaté un journaliste de l'AFP.  

Les manifestants ont à plusieurs reprises protesté contre la dangerosité de l'arsenal utilisé par les forces de l'ordre, notamment les grenades de désencerclement et les lanceurs de balles de défense (LBD) mis en cause dans plusieurs blessures graves.

La cause exacte de la blessure n'était pas établie dans l'immédiat. Mais, selon un témoin direct qui a filmé la fin de la scène, Cyprien Royer, il s'agit d'une "grenade de désencerclement" lancée par les forces de l'ordre, alors que des manifestants tentaient d'enfoncer les palissades.

La victime est "un photographe +gilet jaune+", a rapporté cet homme de 21 ans, dont l'AFP a pu visionner les images.

"Quand les flics ont voulu disperser les gens, il a reçu une grenade de désencerclement au niveau de son mollet, il a voulu mettre un coup de main dedans pour ne pas qu'elle explose vers sa jambe et elle (la grenade) a pété quand il l'a touchée", a-t-il affirmé.

"On l'a mis sur le côté, on a appelé les street-medics, c'était pas beau: il hurlait de douleur, il n'avait plus aucun doigt, il n'avait plus grand-chose au-dessus du poignet".

La préfecture de police a confirmé à l'AFP qu'un "manifestant blessé à la main" avait été pris en charge par les pompiers, sans plus de précisions.

- "On n'est pas fatigués !"-

Des incidents sporadiques se sont poursuivis le long du parcours de ce cortège parisien qui a continué à marcher vers le boulevard Saint-Michel, au coeur de la capitale. 

Aux tirs de projectiles contre les policiers et aux dégradations de mobilier urbain ou de banques, les forces de l'ordre ont répondu par des tirs de grenades lacrymogènes, de désencerclement ou de LBD.

Elles ont aussi procédé à quelques interpellations, selon des journalistes de l'AFP. Au moins dix personnes avaient été interpellées à la mi-journée, a précisé la préfecture de police.

"Il faut pas lâcher, il faut qu'on gagne pour avoir plus de justice sociale et fiscale dans ce pays", a déclaré à l'AFP Serge Mairesse, un retraité d'Aubervilliers (région parisienne), porteur d'une pancarte réclamant le rétablissement de l'impôt sur la fortune, largement allégé par le chef de l'Etat français. 

"Ce mouvement exprime la vraie colère sociale dans ce pays, de la part de gens qu'on n'entend jamais", souligne cet homme de 63 ans qui participe à sa onzième manifestation depuis le début de cette fronde soutenue par près de deux Français sur trois (64%), selon un sondage diffusé jeudi.

En région, des rassemblements étaient prévus à Bordeaux et Toulouse, dans le sud-ouest de la France, pôles depuis plusieurs semaines de contestation souvent émaillées de heurts.

"On n'est pas fatigués", ont scandé des milliers de manifestants à Toulouse, rassemblés sous un soleil printanier pour défiler sur le boulevard ceinturant le centre historique de la Ville rose. 

Diverses manifestations et actions étaient également programmées dans d'autres villes, telles Lille (nord), Nantes, Rennes ou Brest (ouest).

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