Gambie: Banjul reste ferme, Dakar va demander des sanctions contre Yaya Jammeh
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Gambie: Banjul reste ferme, Dakar va demander des sanctions contre Yaya Jammeh

Gambie: Banjul reste ferme, Dakar va demander des sanctions contre Yaya Jammeh

AFP | Lu 933 fois | Publié

Vivement critique pour l'excution de condamns mort dont deux Sngalais, la Gambie a rpt jeudi avoir agi en conformit avec ses lois, alors que le Sngal, pays voisin, a annonc qu'il allait saisir des institutions pour exiger des sanctions contre elle. La prsidence gambienne s'est exprime dans un communiqu diffus jeudi soir par la tlvision d'Etat, le premier depuis que, le 27 aot, le ministre de l'Intrieur a annonc que neuf dtenus, dont une femme, ont t fusills la veille, suscitant un toll dans le monde. Selon ce communiqu, plusieurs ministres gambiens ont reu mercredi des reprsentants de l'Union europenne (UE), des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui ont rclam au nom de leurs pays "plus d'claircissements" sur les xecutions et l'arrt de la procdure concernant le reste des prisonniers dans le couloir de la mort (38, selon plusieurs ONG dont Amnesty International). Rponse du ministre des Affaires prsidentielles, Njogu Bah, d'aprs la prsidence: "dans le cas de la Gambie, les peines appliques (le sont) en conformit avec les lois en vigueur dans le pays", les Occidentaux "doivent se rendre compte que chaque Etat souverain a ses propres lois" et "il n'existe pas de systme judiciaire parfait dans le monde, y compris dans leurs propres pays". Implicitement mais fermement, un rejet des critiques et appels qui se sont multiplis depuis l'annonce par le prsident gambien Yahya Jammeh de l'excution de tous les prisonniers dans le couloir de la mort dans son pays avant mi-septembre. M. Jammeh, qui s'exprimait dans un message la Nation diffus les 19 et 20 aot, n'avait pas fourni de dtails. Et le 27 aot, le ministre gambien de l'Intrieur avait assur que neuf de ces dtenus ayant puis leurs recours ont t fusills, et que toutes les peines prononces par la justice en Gambie seront appliques " la lettre, y compris les peines de mort". Au Sngal, les dclarations gambiennes ont suscit colre et indignation: Dakar a indiqu que deux Sngalais ont t excuts son insu et qu'un troisime est menac d'tre tu. Excutions "dans le plus grand secret" Jeudi soir, le prsident sngalais Macky Sall a demand son Premier ministre "de saisir toutes les institutions africaines et internationales habilites pour suspendre la dcision" d'excution l'encontre du troisime sngalais, "dnoncer ce qui s'est pass et exiger des sanctions contre la Gambie", a indiqu le gouvernement sngalais, sans plus de dtails. Aupavant, mercredi, l'ambassadeur de Gambie Dakar, Mass Axi Gey, avait t convoqu pour recevoir une protestation formelle. La veille, mardi, le prsident Sall avait dnonc un "mpris" de Banjul et une attitude "inacceptable". Selon la prsidence gambienne, M. Sall avait dpch Banjul son ministre de l'Economie avec un message de teneur non indique, qu'il a remis la vice-prsidente gambienne. De leur ct, des ONG et organisations internationales, dont certaines accusent rgulirement le rgime de M. Jammeh de violations des droits de l'Homme et des liberts, ont maintenu la pression sur le dossier. A Dakar, elles ont tenu un rassemblement sans incident jeudi matin devant le sige de l'ambassade de Gambie Dakar, en appelant ragir pour arrter de nouvelles excutions. Un appel similaire a t lanc en Sierra Leone par quatre ONG locales. La responsable de l'ONU en charge des droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, s'est dclare jeudi "profondment trouble" par les excutions, estimant qu'elles marquent "un recul regrettable pour la protection des droits de l'Homme" en Gambie o, officiellement, la peine capitale n'avait pas t excute depuis 27 ans. Mme Pillay a fait tat de "proccupations majeures" concernant l'quit des procs de certains des condamns mort. De pareils doutes avaient t exprims mardi par le rapporteur spcial des Nations unies sur les excutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns, selon un communiqu obtenu jeudi par l'AFP. "D'aprs les preuves prsentes, les procs des personnes condamnes n'auraient pas respect les procdures rgulires" et "les excutions ont t conduites dans le plus grand secret, loin du public et des familles des condamns", a dit M. Heyns.
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