Mali: Human Rights Watch appelle à la fin de l'impunité des groupes terroristes
0
 

Écouter
Mali: Human Rights Watch appelle à la fin de l'impunité des groupes terroristes

Mali: Human Rights Watch appelle à la fin de l'impunité des groupes terroristes

AFP | Lu 4114 fois | Publié

Human Rights Watch a appelé lundi le gouvernement malien à mettre fin à la quasi impunité des groupes armés islamistes et d'autodéfense communautaires, responsables l'an dernier d'un nombre record d'atrocités qui ont coûté la vie à plus de 450 civils dans le centre du Mali selon l'ONG.

"Combien de sang doit encore couler?", s'interroge l'organisation de défense des droits humains dans un rapport fondé sur des interviews avec près de 150 victimes et témoins d'exactions, des leaders des communautés peule et dogon, des responsables des services sécuritaires et judiciaires et des experts.

"A travers la région centrale du Mali, des groupes armés tuent, mutilent et terrorisent des communautés, apparemment sans craindre de devoir rendre des comptes", a déclaré Corinne Dufka, directrice de Human Rights Watch pour l'Afrique de l'Ouest, citée dans un communiqué. "Le bilan humain en vies détruites s'alourdit à mesure que se répètent les cycles mortels de violence et de vengeance", a-t-elle ajouté.

Depuis leur apparition dans le nord du Mali en 2012, les violences jihadistes se sont propagées vers le centre du pays et au Burkina et au Niger voisins, malgré la présence des forces françaises, régionales ou de l'Onu.

Des attaques de grande ampleur visent régulièrement des camps de l'armée malienne, où les victimes se comptent souvent par dizaines, provoquant des réactions d'incrédulité et de colère au sein d'une population qui ne voit pas venir la fin du conflit, ainsi qu'un rejet croissant des interventions étrangères.

Après l'apparition en 2015 du groupe du prédicateur radical Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi des Peuls, généralement des éleveurs, les affrontements se sont en outre multipliés entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, qui pratiquent essentiellement l'agriculture. Ces dernières ont créé des groupes d'autodéfense en s'appuyant sur les chasseurs traditionnels dozos.

"Au moins 456 civils ont été tués, et des centaines d'autres blessés" dans le centre du Mali, "épicentre" de la violence, ce qui fait de 2019 "l'année la plus mortelle pour les civils depuis le début de la crise politique et militaire dans ce pays en 2012", selon le rapport de 97 pages.

Human Rights Watch fustige la quasi impunité dont jouissent les responsables des différents groupes armés, estimant que "les autorités maliennes devraient de toute urgence accélérer les enquêtes et les poursuites".

Cet article vous a plu ! Partagez-le maintenant

A lire également

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En continu

Afrique du Sud: une centaine de rapatriés de Chine libérés de leur quarantaine

Pour cause de coronavirus, Madagascar fête son indépendance à huis-clos

Coronavirus: les Maliens élisent leurs députés la peur au ventre

Le Bénin n'a pas les "moyens" de confiner sa population (chef de l'Etat)

Un renforcement de sensibilisation contre le coronavirus souhaité à Sikensi