RDC: Bosco Ntaganda, "Terminator" au coeur de deux décennies de violences
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RDC: Bosco Ntaganda, "Terminator" au coeur de deux décennies de violences

AFP | Lu 1145 fois | Publié

Le général congolais Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour "crimes contre l'humanité", n'a vécu que par les armes depuis deux décennies, d'abord au Rwanda puis en République démocratique du Congo (RDC), où sa cruauté, selon ses adversaires, lui a valu le surnom de "Terminator".

Selon Kinshasa, le général Ntaganda aurait trouvé refuge samedi au Rwanda, parmi plusieurs centaines de rebelles congolais du M23 en pleine déroute fuyant une offensive militaire d'une faction rivale. Kigali n'a pas encore fait de commentaire officiel sur sa présence. Issu d'une famille de six enfants, Bosco Ntaganda est né en 1973 à Ruhengeri, ville du nord-ouest du Rwanda, qu'il a quitté au milieu des années 80 pour s'installer à Ngungu, dans la province congolaise voisine du Nord-Kivu (est), où vit une importante communauté rwandophone. Dépourvu de tout diplôme, d'expérience exclusivement militaire, il fait ses armes avec le Front patriotique rwandais (FPR), avec qui il met fin au génocide des Tutsi -communauté à laquelle il appartient- par les Hutu en 1994 au Rwanda. Deux ans plus tard, en RDC, il prend part à la rébellion de Laurent-Désiré Kabila contre le maréchal Mobutu Sese Seko, en mai 1997. Grand, de corpulence moyenne, teint clair, très imbu de lui-même, Ntaganda est réputé, partout où il est passé, pour avoir la "gâchette facile". Il surnommé "Terminator" ou "Maréchal", même s'il n'aura été général congolais que de 2009 à 2012. Il rejoint l'armée gouvernementale congolaise en 1997, mais commence, dès l'année suivante une décennie de rébellion. Il combat dans l'Ituri (nord-est) aux côtés des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC, de 2002 à 2005), puis au sein du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, à dominante tutsi) de 2005 à 2009. Homme de pouvoir, il passe un accord avec Kinshasa et Kigali pour renverser le dirigeant du CNDP Laurent Nkunda, gère en 2009 l'intégration des ex-CNDP dans l'armée, et devient ainsi général -un poste qu'il avait refusé en 2004. Malgré sa "trahison" de Nkunda, arrêté et en résidence surveillée au Rwanda, il parvient à garder le contrôle d'une grande partie des ex-combattants du CNDP et, selon des ONG, profite de sa position pour exploiter illégalement des minerais, dont regorge le Kivu. Radié de l'armée en 2012, il prend la tête des mutins qui reprennent la rébellion contre les forces gouvernementales. Mais le nouveau mouvement, le M23 (Mouvement du 23 mars) est divisé. Ntaganda inspire la branche de Bishop Jean-Marie Runiga, le président politique du M23. Il s'oppose à la faction de Sultani Makenga, chef militaire du M23, qui a lui une approche plus conciliante avec le gouvernement congolais. M. Runiga et quelque 600 rebelles se sont réfugiés samedi au Rwanda, après plusieurs jours de combats meurtriers entre les deux factions, une fuite marquant la débâcle de son groupe. Ntaganda est recherché depuis 2006 par la CPI pour enrôlement d'enfants soldats en 2002-2003 dans l'Ituri (nord-est), quand il était chef d'état-major adjoint des FPLC de Thomas Lubanga, que la CPI a déjà reconnu coupable mi-mars de ce crime. Le mandat d'arrêt pourrait être étendu pour "des persécutions fondées sur des critères ethniques, le viol et l'esclavage sexuel" qui auraient été commis en RDC entre septembre 2002 et septembre 2003. Son avocat, Antoine Mahamba Kasiwa, dresse de l'ex-général un tout autre portrait. Ntaganda "n'a pas les caractéristiques d'un criminel", c'est "un personnage énigmatique, sérieux, très réservé, timide, taciturne, bon père de famille", assure-t-il. Alors que la plupart des militaires vivent dans des conditions difficiles, le général polyglotte (kinyarwanda, swahili, anglais) possède une ferme dans le territoire de Masisi et, à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, une résidence cossue où il offre volontiers aux invités un verre de lait en signe de bienvenue. Il "adore le jogging, passe la moitié de son temps sur internet et aime bien s'habiller", souligne encore son avocat.
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