Somalie: plus de 70 morts en un mois dans des combats autour de Kismayo
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Somalie: plus de 70 morts en un mois dans des combats autour de Kismayo

Somalie: plus de 70 morts en un mois dans des combats autour de Kismayo

AFP | Lu 845 fois | Publié

Les combats dans lesquels s'affrontent plusieurs chefs de guerre dans le port de Kismayo, dans le sud de la Somalie, ont fait au moins 71 morts en juin, a affirmé vendredi une agence onusienne.

"Les récents combats acharnés (...) continuent d'avoir un profond impact sur les civils et l'aide humanitaire dans la région du Bas-Juba," a affirmé l'Organisation mondiale de la Santé dans un communiqué. Selon l'OMS, 71 personnes ont été tuées au cours du seul mois de juin et plus de 300 ont été blessées. L'agence ne précise pas s'il s'agit uniquement de civils ou si des combattants ont été intégrés dans le bilan. Ce bilan repose sur les corps que l'OMS a pu directement comptabiliser. L'agence, qui a mis en place une unité de soins dans le port de Kismayo, estime que les combats ont certainement fait de nombreuses autres victimes. Ces affrontements entre milices rivales dans la région ont aussi contraint l'OMS à interrompre sa campagne de vaccination contre la poliomyélite au moment où la maladie vient de resurgir en Somalie, pour la première fois en six ans. "Kismayo reste une zone volatile, où les combats entre factions armées augmentent, comme aussi les attaques à la grenade ou les explosions de mines antipersonnelles," a ajouté l'OMS. Plusieurs milices rivales se battent depuis plusieurs mois pour le contrôle de Kismayo, un port stratégique du sud somalien, repris aux shebab en octobre 2012 par le contingent kényan de la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), épaulé par la milice locale Ras Kamboni de l'ancien chef islamiste Ahmed Madobe. Les récents combats opposent notamment les miliciens d'Ahmed Madobe aux hommes de Bare Hirale, un ex-ministre somalien de la Défense aujourd'hui à la tête d'une puissante milice. La Somalie a officiellement demandé à l'Amisom de retirer le contingent kényan déployé dans la zone, accusant Nairobi de soutenir ouvertement Ahmed Madobe, qui conteste l'autorité du gouvernement de Mogadiscio sur la région du Jubaland, dont il s'est auto-proclamé président en mai. Le Kenya avait envoyé son armée fin 2011 dans le sud de la Somalie pour y combattre les insurgés islamistes shebab. Les troupes kényanes ont intégré l'Amisom en juin 2012. L'Amisom, forte de 17.700 hommes, est déployée sous mandat de l'ONU en Somalie pour soutenir les fragiles autorités de Mogadiscio. Mais cette semaine, la Somalie a publié une lettre de sa ministre des Affaires étrangères, Fawzia Yusuf Adam, accusant les soldats kényans d'encourager "la formation de différentes factions claniques ... mettant aujourd'hui en danger la paix et la stabilité" de la région. Mme Adam a accusé les soldats kényans de prendre directement part aux combats, et de faire usage d'armes lourdes y compris dans des zones habitées par des civils. La région frappée par les récents combats dépasse le seul Bas-Juba. Appelée "Jubaland", elle englobe tout le sud somalien et est frontalière à la fois du Kenya et de l'Ethiopie. Elle est occupée par plusieurs milices, l'armée kényane, mais aussi un contingent de soldats éthiopiens, entrés eux aussi fin 2011 en Somalie pour y combattre les shebab. La zone est dotée de terres fertiles, d'une lucrative industrie du charbon de bois et potentiellement de gaz et de pétrole. Le Kenya aimerait aussi en faire une zone tampon, pour protéger son territoire, et sa propre industrie du tourisme, de l'instabilité qui règne en Somalie depuis deux décennies.
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