Le FMI a raison d'évoquer une taxe sur la richesse, selon Kenneth Rogoff.
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Le FMI a raison d'évoquer une taxe sur la richesse, selon Kenneth Rogoff.

Le FMI a raison d'évoquer une taxe sur la richesse, selon Kenneth Rogoff.

AFP | Lu 1362 fois | Publié

Le Fonds monétaire international (FMI) a eu raison d'envisager une taxe exceptionnelle sur la fortune, même si une telle option ne suffirait pas à combler les déficits dans les pays riches, a estimé un de ses anciens économistes en chef.

"Le FMI a raison --sur le terrain de l'équité et de l'efficacité-- de soulever l'idée d'une taxe temporaire sur la fortune dans les pays avancés pour apaiser les tensions budgétaires", écrit Kenneth Rogoff dans une tribune publiée lundi sur le site Project Syndicate. Dans un rapport paru début octobre, le Fonds estimait qu'une taxe de 10% sur le patrimoine privé dans 15 pays de la zone euro leur permettrait de ramener leurs déficits aux niveaux d'avant-crise. L'institution a, depuis, pris ses distances avec ce rapport en assurant qu'elle ne préconisait pas officiellement une telle taxe, dont la simple évocation avait soulevé la fureur des milieux conservateurs. Chef économiste du FMI entre 2001 et 2003, aujourd'hui professeur à Harvard, M. Rogoff souligne que les arguments en faveur d'un prélèvement exceptionnel sont "plus forts" aujourd'hui à l'heure du chômage de masse dans les pays développés. Pour autant, les recettes qui en seraient tirées seraient "certainement plus faibles" et son coût "plus élevé" que ne laissent penser les calculs du FMI, ajoute l'économiste. M. Rogoff pointe également les "effets de distorsion" liés à l'inquiétude qu'un tel impôt puisse ne pas être exceptionnel et devienne permanent. "Après tout, beaucoup d'impôts temporaires sont invités à déjeuner et restent finalement pour dîner", ironise-t-il. Plus généralement, l'expert assure qu'aucun prélèvement ne saurait se "substituer" à une réforme à long terme visant à simplifier les systèmes fiscaux à et les rendre plus efficaces. Expert renommé, M. Rogoff avait connu une sérieuse déconvenue en avril quand il avait dû admettre, trois ans après, que son étude influente liant dette publique et récession comportait des erreurs.
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