Cessez-le-feu des Farc en Colombie: une promesse impossible à vérifier
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Cessez-le-feu des Farc en Colombie: une promesse impossible à vérifier

Cessez-le-feu des Farc en Colombie: une promesse impossible à vérifier

AFP | Lu 1017 fois | Publié

Le cessez-le feu promis par la guérilla des Farc en Colombie, lors des négociations de paix avec le gouvernement, s\'avère impossible à vérifier, faute de mécanismes de contrôle dans un pays en proie à de multiples groupes illégaux, selon des experts interrogés par l\'AFP.

A l'ouverture des pourparlers lundi à Cuba, la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) s'est engagée, en signe de bonne volonté, à respecter une trêve de deux mois, même si les autorités ont exclu de suivre l'exemple. "Cette trêve des Farc est absolument invérifiable sur le terrain, car il n'y a aucun organisme de contrôle", affirme Alfredo Rangel, directeur de la Fondation Sécurité et Démocratie, un institut d'études sur la violence en Colombie. "Quand il y aura des affrontements, on ne pourra pas savoir si c'est une action offensive de la guérilla, en violation de ses engagements, ou si c'est une action défensive face à une opération de l'armée", poursuit cet analyste. Aucune mécanisme de vérification internationale n'a jamais été mis en place en Colombie, même à l'époque du cessez-le-feu bilatéral scellé dans les années 80 lors de la première tentative de négociations de paix avec cette guérilla fondée en 1964. "Il n'y a pas eu de contrôle et aucun des deux camps n'a finalement respecté la trêve, reportant la faute sur l'autre", rappelle M. Rangel, en soulignant l'importance de la propagande dans un conflit aux allures de guerre psychologique. Pour le politologue colombien, Alejo Vargas, l'obtention d'un cessez-le-feu est "aussi complexe que l'accord (de paix) final". "Cela implique tout un système de vérification, et probablement la localisation des forces. Or je ne crois pas que les Farc seraient disposées à indiquer où se trouvent leurs fronts", ajoute-t-il. "Le cessez-le-feu est une bonne nouvelle mais il va être très difficile de le vérifier, au delà des informations des médias et des déclaration, tant des Farc que du gouvernement", admet aussi Javier Ciurlizza, directeur régional de l'ONG Crisis Group, spécialisée dans la résolution des conflits. "alliance entre groupes armés" Selon M. Ciurlizza, les meilleurs témoins demeurent les "agences humanitaires présentes dans les zones les plus affectées". Tenues toutefois à un devoir de réserve, à l'image du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), elles ne peuvent pas prendre position officiellement. Reste l'hypothèse d'une instance de contrôle internationale, comme l'Organisation des Etats-Américains (OEA), souvent utilisée comme médiateur en cas de crises en Amérique latine. "Mais elle ne peut agir que sur pétition directe du gouvernement", souligne le directeur de l'ONG. Or les autorités colombiennes sont avant tout résolues à ne pas relâcher la pression sur la guérilla dont les troupes, estimées à 9.200 combattants, ont fondu de moitié en dix ans et se sont repliées dans les zones rurales du pays. Des responsables de l'armée ont déjà affirmé que les Farc avaient rompu leur trêve dès les premiers jours, notamment dans la province du Cauca, dans le sud du pays. "D'une main, ils agitent un drapeau blanc, de l'autre, ils continuent d'activer des mines contre les soldats", a confié à l'AFP le général Jorge Humberto Jerez, commandant de la force Apolo, qui opère dans cette région montagneuse stratégique pour l'acheminement de la drogue. Pour le ministre de la Défense Juan Carlos Pinzon, "les organisations terroristes disent une chose et en font une autre". La présence d'autres bandes armées contribue aussi à brouiller les pistes, notamment dans les régions frontalières avec le Venezuela et l'Equateur, où sévit une seconde guérilla communiste, l'Armée de libération nationale (ELN), ou celles qui bordent l'océan Pacifique, axe convoité par les narco-trafiquants. "Dans plusieurs régions, il existe des alliance entre groupes armés. En cas de violence, il est compliqué d'établir qui en est vraiment l'auteur", fait observer M. Rangel.
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