Dan Diaconescu, le populisme extravagant à la roumaine
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Dan Diaconescu, le populisme extravagant à la roumaine

Dan Diaconescu, le populisme extravagant à la roumaine

AFP | Lu 1016 fois | Publié

Au volant de sa Rolls-Royce blanche immaculée, Dan Diaconescu, sulfureux patron de télévision et candidat pour un siège de député au parlement roumain, se dirige vers Targu Jiu (centre), petite ville grise marquée par le chômage, pour son bain de foule quotidien.

Accompagné de son staff de campagne et de ses quatre gardes-du-corps, il s'engage dans une distribution d'écharpes à la couleur de son parti, le violet, à des passants plus intéressés par le cache-nez gratuit que par les arguments électoraux du millionnaire. Son Parti du peuple Dan Diaconescu (PPDD) est pourtant crédité de près de 15% des voix dans les sondages et arriverait troisième aux élections législatives derrière les deux grandes coalitions rivales, l'Union sociale-libérale (USL, majorité de centre gauche) et l'Alliance pour une Roumanie droite (ARD, opposition, centre droit). "Nous voulons rétablir les valeurs perdues de la Roumanie et rendre leur dignité aux Roumains", dit-il à l'AFP. "Nous proposons aussi d'augmenter le niveau du salaire minimum à 1.000 lei (220 euros contre 140 actuellement, ndlr) et de donner à chaque Roumain qui crée son affaire 20.000 euros", poursuit-il. A 44 ans, ce personnage original à la voix nasillarde et à l'air juvénile malgré ses cheveux gris s'encadre parfaitement dans le profil du nouveau riche roumain qui, en manque de reconnaissance, a décidé de se lancer dans la politique. "Dan Diaconescu est un populiste type qui s'inscrit dans une tendance de retour au nationalisme et rallie autour de son parti tous les perdants de la transition du communisme au capitalisme, un électorat qui oscille, selon la situation économique, entre 10% et 35%", explique le politologue Cristian Pirvulescu. "Le problème n'est pas l'impact électoral qu'il peut avoir mais le signal qu'il transmet et que personne n'entend: une pauvreté grandissante, l'augmentation de l'insatisfaction des Roumains et des bases toujours moins solides pour la démocratie", ajoute-t-il. Dans un cirque médiatique sans précédent, Dan Diaconescu s'est porté candidat à la reprise d'un combinat chimique mammouth hérité du communisme lors de sa privatisation, cet automne. Il a offert une somme quatre fois plus élevée que le reste des candidats, n'hésitant pas à se rendre avec des sacs prétendument remplis d'argent devant le ministère de l'Economie. Il n'a cessé de clamer qu'il allait rendre aux travailleurs cette usine et maintenir ainsi l'un des joyaux de l'industrie nationale dans les mains du peuple. Mais il a été incapable de payer le montant promis et le feuilleton s'est terminé par l'ouverture d'une enquête pour tromperie par le parquet anticorruption. Journaliste de formation, Dan Diaconescu a construit sa fortune en créant en 2001 une télévision sensationnaliste, OTV (Miroir télévision) dans un petit appartement du centre de Bucarest. "Dan Diaconescu balaie avec aplomb les sujets liés au sang, à la mort, au sexe et à la fabulation dans un contexte de tabloïdisation générale des médias", note le spécialiste des médias, Iulian Comanescu. L'émission phare d'OTV est un show quotidien de plusieurs heures modéré par Diaconescu lui-même dans lequel sont invités diverses personnalités aux carrières aussi ephémères qu'inintéressantes et qui débattent sur des sujets qui font la Une de la presse people. Les téléspectateurs participent aux discussions en envoyant des SMS qui leur sont rondement facturés. Pour les législatives, le PPDD présente 446 candidats que Diaconescu baptise "les anges membres de ma dream team". "La majorité sont des opportunistes qui, pour une raison ou une autre, veulent rentrer au parlement et utilisent le PPDD comme tremplin", note M. Pirvulescu. Le PPDD affirme avoir plus d'un million de militants inscrits. Dan Diaconescu a de grandes ambitions. "Notre objectif est d'obtenir la victoire lors des prochaines élections présidentielles de 2014", dit-il sûr de lui, avant de repartir en Rolls à son siège de campagne.
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