Meurtre de l'Ivoirien Mahé: les accusés demandent à la cour clémence et compréhension
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Meurtre de l'Ivoirien Mahé: les accusés demandent à la cour clémence et compréhension

Meurtre de l'Ivoirien Mahé: les accusés demandent à la cour clémence et compréhension

AFP | Lu 1024 fois | Publié

Les militaires français accusés du meurtre d\'un Ivoirien ont demandé vendredi à la cour d\'assises de Paris de prendre en compte dans son verdict, attendu dans la journée, \"les difficultés\" rencontrées sur le terrain par des soldats en opérations extérieures.

A l'issue de deux semaines de procès, les quatre accusés sont intervenus une dernière fois devant la cour, composée de trois magistrats professionnels et six jurés, qui s'est ensuite retirée pour délibérer. Des peines de prison allant de six mois avec sursis à cinq ans ferme ont été requises contre eux par l'accusation, la sanction la plus forte ayant été réclamée non pas contre les exécutants, mais contre l'officier qui leur avait donné l'ordre fatal. Ils sont accusés d'avoir tué en 2005 l'Ivoirien Firmin Mahé, 29 ans, qu'ils tenaient pour un "coupeur de routes", un dangereux criminel qui dépouillait et terrorisait les populations. Les militaires appartenaient à la force française Licorne déployée en soutien de l'ONU en Côte d'Ivoire. Ils étaient chargés de surveiller la "zone de confiance", entre le nord tenu par la rébellion et le sud loyaliste. Cette zone était en fait une "zone de non-droit", sans aucun moyen de police judiciaire. Les accusés ont expliqué qu'ils étaient excédés de voir les auteurs d'exactions dont ils étaient témoins remis en liberté sitôt arrêtés. C'est dans ce contexte qu'ils avaient mis la main le 13 mai sur Firmin Mahé, dans la région de Bangolo (ouest). Repéré le matin et blessé par balle par une patrouille française, il s'était enfui et avait été retrouvé en fin de journée. Transporté dans un véhicule blindé vers la ville de Man, il avait été étouffé avec un sac plastique par l'adjudant-chef Guy Raugel, pendant que le brigadier Johannes Schnier le maintenait et que le brigadier Lianrifou Ben Youssouf conduisait le véhicule. Tous trois se sont retrouvés sept ans plus tard sur le banc des accusés, aux côtés du colonel Eric Burgaud, leur chef de corps. nausée Cinq ans ferme ont été requis contre le colonel, cinq ans dont trois ferme contre Guy Raugel, deux à trois ans avec sursis contre Johannes Schnier et six mois avec sursis contre Lianrifou Ben Youssouf. Le colonel, qui avait d'abord nié toute responsabilité, a reconnu avoir transmis à l'adjudant-chef Raugel l'ordre que Mahé n'arrive pas vivant à destination. Il affirme avoir lui-même tenu cet ordre implicite du général Henri Poncet, son supérieur, qui lui aurait dit "roulez doucement... vous m'avez compris". Mais le général a démenti avoir prononcé ces mots et a bénéficié d'un non-lieu. Vendredi matin encore, Eric Burgaud a jugé "indigne" l'attitude de son général. Il a en revanche assuré ses trois anciens subordonnés de sa "plus grande amitié et (son) plus profond respect". L'adjudant-chef Raugel, qui a toujours reconnu avoir tué Mahé sur ordre, a lui aussi déclaré qu'en vertu de son "éthique", il répondait des actes des deux hommes qu'il a entraînés dans cette affaire. L'adjudant-chef, comme le brigadier Schnier, ont tous deux espéré que leur procès ferait "réfléchir" à l'engagement de soldats dans des opérations extérieures très dures, en Afghanistan notamment. L'essentiel des débats a tourné autour de la possibilité qu'avaient les accusés de désobéir à un ordre illégal, ce qu'ils ont estimé plus simple à concevoir dans le confort d'un bureau qu'à mettre en oeuvre sur le terrain. "On a vu passer beaucoup de galonnés, avec de belles étoiles et politiquement corrects, qui m'ont donné la nausée", a déclaré l'adjudant-chef.
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