France: des "gilets jaunes" toujours mobilisés, Macron appelle au "dialogue"
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France: des "gilets jaunes" toujours mobilisés, Macron appelle au "dialogue"

AFP | Lu 1232 fois | Publié Il y a 25 jour(s)

Le président français Emmanuel Macron a prôné mardi le "dialogue" pour convaincre les "gilets jaunes", ces manifestants excédés par la hausse des taxes sur les carburants, de cesser leurs blocages des autoroutes et des dépôts pétroliers dont les forces de l'ordre s'employaient à dégager les accès.

Directement interpellé par les contestataires tout au long des manifestations, M. Macron, en visite d'Etat en Belgique, a jugé "normal" qu'il y ait des protestations, réexpliquant que le gouvernement souhaitait à la fois "taxer davantage les énergies fossiles" et avoir "un accompagnement des plus modestes". 

"C'est dans le dialogue qu'on peut en sortir, dans l'explication, dans la capacité à trouver à la fois le bon rythme et les solutions de terrain", a-t-il ajouté dans sa première réaction depuis le début de ce mouvement protéiforme samedi. 

"Nous gagnerons par la cohérence, la constance et la détermination", a quant à lui assuré le Premier ministre Edouard Philippe aux députés de La République en Marche (LREM, parti au pouvoir), selon des participants à cette rencontre. 

Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait dénoncé la "dérive totale" des manifestations, déplorant une "radicalisation" et "un très, très grand nombre de blessés". 

Un motard, blessé lundi dans le sud-est dans une collision avec une camionnette qui manoeuvrait pour éviter un barrage, est décédé mardi.

Depuis le début de cette mobilisation contre la hausse des prix du carburant qui a essaimé hors de tout cadre syndical ou politique, les manifestations ont donc fait deux mort et quelque 530 blessés, dont 17 graves. 

Aucun chiffre officiel de participants n'était disponible mardi après-midi mais une source policière évoquait quelque 10.500 manifestants à travers la France en début de matinée. Ils étaient 27.000 lundi, 290.000 samedi. 

"Le mouvement ne s'essouffle pas", a assuré à l'AFP Olivier Garrigues, ouvrier agricole de 38 ans mobilisé dans la région toulousaine (sud-ouest). "Bien sûr, on est moins nombreux car les gens travaillent", concède-t-il: "Mais on est solidaire, on s'organise. Ceux qui travaillent le matin reviennent l'après-midi et vice-versa."

- "On va pas lâcher" -

D'abord concentrés sur la hausse du prix des carburants, les griefs des "gilets jaunes" se sont élargis à une dénonciation plus globale en matière de taxation et de baisse du pouvoir d'achat.

Mardi, les manifestants les plus irréductibles poursuivaient leurs actions : des barrages filtrants et des opérations escargot étaient signalés à proximité des péages, des échangeurs autoroutiers et sur des ronds-points dans plusieurs régions comme en Bretagne (ouest), dans le Grand-Est et en Provence-Alpes-Côte d'Azur (sud-est). 

Campé sur l'autoroute A16 à Calais, Mickaël Noël affichait sa détermination: "On va pas lâcher. Ce soir, je suis là, toute la nuit encore".

La circulation restait perturbée sur plusieurs autoroutes et un péage à Virsac, sur l'axe Bordeaux-Paris, dans le sud-ouest, était toujours occupé. Dans la nuit de lundi à mardi, il avait été la cible de dégradations "très importantes", selon la société Vinci qui gère l'autoroute. 

Le mouvement a reçu mardi le soutien de la fédération Force ouvrière des transports, troisième organisation du secteur, qui a invité ses adhérents et sympathisants à se joindre au mouvement pour obtenir une "augmentation du pouvoir d'achat". 

La colère touchait également la Réunion, une île française de l'océan indien où un couvre-feu partiel a été instauré dans la moitié des communes après une nouvelle nuit de violences. 

Les forces de l'ordre se sont employés mardi à libérer l'accès à des dépôts et péages dans plusieurs régions, dans un climat parfois tendu. Une vingtaine de sites "stratégiques" ont ainsi été débloqués dans la journée, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Ce mouvement lancé sur les réseaux sociaux, qui a débuté le 17 novembre et n'a pas de leader connu, est soutenu par près des trois quarts des Français, d'après plusieurs sondages. 

Lundi, la justice a prononcé de premières condamnations, notamment à Strasbourg (est) où un homme de 32 ans a été condamné à quatre mois de prison ferme pour mise en danger de la vie d'autrui et entrave à la circulation.

La grogne pourrait se poursuivre dans les prochains jours : des appels à bloquer Paris samedi commencent à fleurir sur les réseaux sociaux.

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