La victime d'un viol collectif au Pakistan plaide pour l'éducation des filles
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 La victime d'un viol collectif au Pakistan plaide pour l'éducation des filles

La victime d'un viol collectif au Pakistan plaide pour l'éducation des filles

AFP | Lu 1134 fois | Publié

La victime d'un viol collectif au Pakistan plaide pour une meilleure éducation des filles comme l'un des moyens essentiels pour mettre un terme à l'oppression des femmes dans son pays.

"L'éducation est vraiment ce qu'il y a de plus important", a déclaré Mukhtar Mai à l'AFP lors d'un entretien en marge d'une réunion sur les droits de l'Homme organisée mardi à Genève par des ONG. Mai, qui ne connait pas son âge exact mais pense qu'elle doit avoir environ 40 ans, a obtenu une reconnaissance internationale pour avoir osé défier ses agresseurs. Depuis son agression il y une dizaine d'années, elle a fondé plusieurs écoles au Pakistan. En 2002, lorsqu'elle avait voulu porter plainte contre ses agresseurs, les policiers "avaient écrit ce qu'ils voulaient" dans leur rapport. Illettrée, Mai avait signé sa déposition par une simple empreinte du pouce apposée au bas du document et n'avait aucun moyen de vérifier si son récit avait été transcrit avec exactitude. Un conseil du village avait ordonné son viol collectif pour punir son frère âgé de 12 ans qui avait été accusé - à tort selon une enquête menée par la suite - d'avoir des relations illicites avec une femme d'une tribu rivale. Selon la coutume, Mai aurait du se donner la mort ou au moins fuir le village pour protéger l'honneur de sa famille. Défiant la tradition, Mai a cependant choisi d'attaquer en justice ses agresseurs. Ses dédommagements lui ont permis de financer une première école pour filles. Son récit est depuis devenu une source d'inspiration pour d'autres femmes au Pakistan. "Je suis vraiment fière que grâce à moi, d'autres femmes n'aient pas à s'enfuir ou à se suicider et puissent au contraire aller voir la police," a-t-elle déclaré par le biais d'un interprète. Mai avoue cependant qu'elle avait pourtant songé à se donner la mort. "Ceux-là même qui m'avaient agressé sexuellement sont venus me menacer de me tuer si j'allais voir la police", explique-elle. "Mon intention était d'aller voir la police pour qu'ils me tuent et que je puisse quitter ce monde", ajoute-t-elle. Entre-temps, Mai a cependant rencontré "des personnes très éduquées" qui l'ont convaincue de "faire quelque chose pour les autres, plutôt que de mourir, afin que ces choses ne continuent pas". Bien que sa mère ait soutenu sa décision, le reste de sa famille était cependant scandalisée. Un de ses frères a même menacé de se tuer si elle refusait de se suicider, raconte-telle. Depuis que Mai a reçu une éducation et ouvert deux écoles primaires dans la région du Penjab ainsi qu'un refuge pour femmes, et l'attitude de sa famille a changé. "Maintenant ils me soutiennent tous", a-t-elle confié. La Cour Suprême du Pakistan a cependant confirmé l'acquittement de cinq hommes condamnés à mort pour son viol et commué la peine du principal accusé en emprisonnement à perpétuité. Mai reçoit également régulièrement des menaces. "Mais cela n'arrêtera pas mon travail", a-t-elle insisté. "Nous devons toujours garder l'espoir que la situation puisse changer au Pakistan", souhaite-t-elle. Bien que les agressions sexuelles se produisent partout dans le monde, elles sévissent en particulier dans son pays et en Inde, poursuit-elle. "Le problème vient du fait que les lois sont plus faibles. Elles ne nous rendent pas justice", déplore-t-elle. BIen que des dispositions légales existent, elles sont rarement appliquées. Malgré des financements pour les écoles nettement insuffisants, Mai reste déterminée à fournir à 1.000 filles les bases éducatives qui leur permettront de se défendre et pousser au changement. Mai est mère d'une petite fille de trois ans et d'un garçon de un an. "J'essaie de donner plus d'importance à ma fille", confie-t-elle.
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