Le pape Benoît XVI acclamé par la foule pour son ultime audience
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Le pape Benoît XVI acclamé par la foule pour son ultime audience

Le pape Benoît XVI acclamé par la foule pour son ultime audience

AFP | Lu 1150 fois | Publié

A la veille de sa démission historique, Benoît XVI a été acclamé par une foule chaleureuse, mercredi au Vatican, lors d'adieux émouvants au cours desquels il a assuré que "Dieu ne laisse pas couler la barque" de l'Eglise.

Devant quelque 150.000 personnes qui l'applaudissaient à tout rompre, en brandissant des drapeaux de tous les pays et des banderoles disant "merci" dans toutes les langues, Joseph Ratzinger a évoqué "les eaux agitées" de ses huit ans de pontificat". Lors de son ultime audience publique, il a aussi exprimé sa confiance dans l'Eglise et les simples fidèles rencontrés sur les cinq continents qu'il a remerciés longuement dans plusieurs langues, du portugais à l'arabe, de l'italien au polonais. "Je suis vraiment ému et je vois l'Eglise vivante", a-t-il lancé à plusieurs reprises, en réponse aux acclamations de la foule qui scandait son nom en italien, "Benedetto, Benedetto!" Durant le pontificat, a-t-il reconnu, en faisant allusion aux scandales et controverses (pédophilie, Vatileaks notamment), "il y a eu aussi des moments pas faciles, dans lesquels les eaux étaient agitées et le vent contraire, comme dans toute l'histoire de l'Eglise, et le Seigneur semblait dormir". "Mais j'ai toujours su que la barque de l'Eglise n'est pas mienne, n'est pas nôtre mais qu'elle est Sa barque et qu'Il ne la laisse pas couler", a-t-il souligné. "Dieu guide son Eglise, la soutient toujours et aussi dans les moments difficiles. Ne perdons jamais cette vision de foi", a-t-il insisté dans une dernière recommandation, en demandant à 1,2 milliard de catholiques de prier pour les cardinaux qui devront élire son successeur en conclave le mois prochain. Le pape est longuement revenu sur sa décision de démissionner, qui n'a pas été toujours bien comprise, y compris par les catholiques: "aimer l'Eglise signifie aussi avoir le courage de faire des choix difficiles", a-t-il dit, se déclarant "conscient de la gravité et de la nouveauté" de sa décision. "Je ne reviens pas à la vie privée, à une vie de voyages, de rencontres, de réceptions, de conférences, etc... Je n'abandonne pas la croix, mais je reste d'une façon nouvelle près du Seigneur crucifié. Je n'assume plus le pouvoir de la charge du gouvernement de l'Eglise, mais je demeure dans le service de la prière. Saint Benoît (fondateur du grand ordre contemplatif des bénédictins) dont je porte le nom comme pape, me sera un grand exemple", a-t-il dit. Auparavant, il a fait un long tour de la majestueuse place en papa-mobile décapotée. Il est apparu voûté et frêle, mais souriant et ému, à l'approche de ses 86 ans, dans ce qui était sa 348e et dernière audience générale. A plusieurs reprises, il s'est arrêté pour embrasser des bébés et des enfants. Dès les premières heures de la matinée, par un temps frais mais avec un grand soleil, des fidèles avaient commencé à s'approcher de Saint-Pierre, pour ne pas manquer ce moment. "C'est vraiment une joie pour nous d'être là aujourd'hui pour ce moment historique", confiait à l'AFP Alban, qui étudie au séminaire français de Rome. Anna Santamaria, retraitée d'Orte (près de Rome), qui voulait "le voir une dernière fois, dit "comprendre sa décision, à son âge c'est trop difficile". Alors que Leonardo Rossi, un jeune de l'Opus dei, n'est pas du même avis: "ce n'était pas le moment, avec tous les problèmes que traverse l'Eglise". Des paraboles de télévision et des écrans géant étaient là, comme à tous les grands moments, des funérailles de Jean Paul II en 2005 à sa béatification en 2011. Si l'audience a respecté le même déroulé que les autres, il n'y a en revanche pas eu de "baciamano", ce défilé de personnes qui ont le privilège de baiser l'anneau du pape, et d'échanger quelques mots avec lui. Le pape ne voulait marquer aucune différence en ce moment de départ, entre les gens importants et les anonymes. Le pape allemand, qui a pris la décision historique de démissionner, est premier pontife à le décider librement en sept siècles. Alors que l'hebdomadaire français La Vie a défini Benoît XVI comme un "pape moine"', le cardinal et ancien théologien de la Maison pontificale George Cottier a estimé au quotidien Repubblica que Benoît XVI démissionne "pour appeler toute l'Eglise à la pénitence", à "réfléchir sur elle-même, en conscience devant Dieu". Le pape avait annoncé le 11 février qu'il n'avait plus les forces d'assumer sa fonctions face aux défis d'un monde en pleine mutation. Jeudi, Joseph Ratzinger quittera le Vatican, sans cérémonie, pour se retirer sous le titre de "Sa Sainteté Benoît XVI, pape émérite" dans sa résidence d'été de Castel Gandolfo. Puis il s'installera dans un monastère, caché aux yeux du monde, sur la colline du Vatican. Avec une simplicité correspondant à son tempérament, le pape mettra fin à ses fonctions jeudi à 19H00 GMT. Rien ne marquera cet instant.
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