La Thaïlande promet d'interdire son commerce légal d'ivoire
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La Thaïlande promet d'interdire son commerce légal d'ivoire

La Thaïlande promet d'interdire son commerce légal d'ivoire

AFP | Lu 1132 fois | Publié

La Thaïlande, accusée d'être une brèche dans la lutte contre le trafic d'ivoire, a promis dimanche, sans donner de calendrier, d'en interdire le commerce sur son territoire, au premier jour de la réunion de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites).

L'éléphant, décimé en Afrique, est l'une des stars de cette conférence qui se penchera également jusqu'au 14 mars sur la protection des rhinocéros, des requins ou de bois rares. Et la Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra a martelé son attachement à cet animal "très important pour la culture" de son pays: "Personne ne s'inquiète plus des éléphants que les Thaïlandais". Mais l'hôte de la conférence, régulièrement accusée d'être une plaque tournante du trafic d'espèces protégées en tous genres, est sous le feu des critiques des défenseurs de l'environnement pour son autorisation du commerce de l'ivoire de ses éléphants domestiques. Une faille problématique à l'embargo mondial car elle permet aux trafiquants d'écouler leur marchandise africaine, illégale celle-là, mais difficile à différencier de celle qui vient des éléphants d'Asie. "Malheureusement, beaucoup utilisent la Thaïlande comme pays de transit dans le trafic international d'ivoire", a reconnu Yingluck. "Nous allons amender la législation nationale dans l'objectif de mettre un terme au commerce d'ivoire et être en accord avec les normes internationales", a-t-elle alors ajouté, sans autre précision. Cette déclaration a été immédiatement saluée par le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui avait remis il y a quelques jours à la Première ministre une pétition de plusieurs centaines de milliers de signatures réclamant un moratoire sur les ventes d'ivoire en Thaïlande. "Nous sommes ravis" de cette promesse, a commenté Carlos Drews, chef de la délégation à la conférence de cette organisation qui décrit la Thaïlande comme le deuxième marché illégal de l'ivoire derrière la Chine. "Mais le combat pour (...) fermer les marchés thaïlandais de l'ivoire n'est pas terminé", a-t-il insisté. Yingluck "doit maintenant fournir un calendrier pour cette interdiction et s'assurer qu'elle est mise en place en urgence, parce que le massacre des éléphants continue". Le braconnage des éléphants et des rhinocéros, deux espèces dont le commerce international est déjà interdit, sauf exception, a atteint de sinistres records ces dernières années. "Ces tendances pourraient menacer la survie des espèces elles-mêmes", a commenté John Scanlon, secrétaire général de la Cites, notant l'implication de plus en plus grande du "crime organisé" dans le trafic d'ivoire et de cornes. "Mais ce n'est pas seulement ces grandes espèces, c'est également un commerce illégal systématique de milliards de dollars qui a lieu chaque année", a souligné de son côté Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des nations unies pour l'environnement. Depuis son entrée en vigueur en 1975, la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) a placé sous sa protection quelque 35.000 espèces d'animaux et de plantes, soit en interdisant leur commerce international soit en l'encadrant strictement. Les 178 pays membres, tenus de faire appliquer ces décisions, devraient ajouter quelques noms sur la liste. Un des débats les plus attendus concernera les propositions d'inscription de plusieurs requins (requin-taupe, requin océanique et trois espèces de requins-marteaux) à l'Annexe II de la Cites, qui permet de réguler le commerce pour empêcher une surexploitation. Lors de la précédente conférence en 2010, des propositions similaires de protection des squales, dont les ailerons sont vendus à prix d'or en Asie, avaient échoué de justesse face à un front de pays inquiets pour l'industrie de la pêche.
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