Immeuble effondré au Bangladesh: encore un peu d'espoir de retrouver des survivants
0
 

Écouter
Immeuble effondré au Bangladesh: encore un peu d'espoir de retrouver des survivants

Immeuble effondré au Bangladesh: encore un peu d'espoir de retrouver des survivants

AFP | Lu 1099 fois | Publié

Les sauveteurs tentaient avec acharnement samedi de dégager des rescapés des gravats d'un immeuble effondré près de Dacca après la découverte dans la nuit d'une quarantaine de survivants de la catastrophe qui a fait au moins 332 morts, tandis que les ateliers du textile étaient fermés dans le pays.

Alors que la plupart des 4.500 usines du textile du Bangladesh étaient déjà à l'arrêt en raison de manifestations d'ouvriers en colère, les entrepreneurs de ce secteur ont décrété la journée de samedi fériée et les syndicats ont lancé un appel à la grève pour dimanche afin d'exiger de meilleures conditions de travail. L'effondrement de l'immeuble construit illégalement à Savar, une banlieue de Dacca, qui abritait cinq ateliers de confection travaillant essentiellement pour des marques occidentales, a fait au moins 332 morts et plus de 1.200 blessés, selon un nouveau bilan provisoire communiqué samedi par un porte-parole de l'armée. Depuis mercredi 2.412 personnes ont pu être sauvées. La police a également annoncé l'arrestation de deux propriétaires d'ateliers de confection installés dans le bâtiment de huit étages. "Nous avons arrêté après minuit Bazlus Samad, le président des ateliers New Wave Buttons et New Wave Style, et Mahmudur Rahaman Tapash, directeur général de l'un de ces ateliers", a déclaré samedi matin à l'AFP le chef adjoint de la police de Dacca Shyaml Mukherjee". "La police a ouvert contre ces deux personnes une procédure pour "homicides dus à la négligence", a-t-il dit, après que le Premier ministre a indiqué que les salariés avaient été forcés à retourner au travail, malgré les fissures apparues la veille dans l'immeuble. Mais la police était toujours à la recherche du propriétaire de l'immeuble. Même si l'intervention des sauveteurs devenait de plus en plus difficile sur le site où se trouvait une centaine de personnes attendant désespérément des nouvelles d'un proche, ils gardaient l'espoir de retrouver des rescapés dans l'immeuble. "Nous pensons qu'il y a encore des survivants", a déclaré le responsable des pompiers Ahmed Ali à l'AFP, "mais ils sont trop faibles pour appeler à l'aide". Les responsables des secours devaient se réunir avec des experts pour décider de l'éventuelle utilisation d'équipement pour l'enlèvement de charges lourdes afin de libérer des survivants qui se seraient retrouvés dans des poches d'air. Mais les sauveteurs devaient lutter en outre contre l'épuisement et l'odeur terrible des corps en décomposition, a ajouté Ahmed Ali. "L'odeur est fétide, cela donne parfois envie de vomir. Il est difficile de travailler ici plus de 20 minutes d'affilée", a témoigné Mohammad Tareq, employé d'un atelier qui s'est joint aux centaines de volontaires à pied d'oeuvre jour et nuit. Polémique sur les conditions de travail Il s'agit du pire accident dans l'histoire industrielle du Bangladesh, pays pauvre d'Asie du Sud qui a fait de la confection textile le pivot de son économie. La catastrophe a relancé la polémique sur les conditions de travail dans ce secteur -- qui emploie essentiellement des femmes travaillant pour moins de 40 dollars par mois pour des marques occidentales -- et a attisé la colère des ouvriers. Vendredi, des heurts violents ont opposé la police à une foule immense de manifestants en colère à Savar, où le Rana Plaza s'est effondré comme un château de cartes. "Ils exigent l'arrestation et l'exécution des propriétaires des ateliers et du bâtiment qui s'est effondré à Savar", près de Dacca, avait expliqué à l'AFP M. Asaduzzaman, un responsable de la police. Des ouvriers ont attaqué des usines, renversé des véhicules, brûlé des pneus sur la route et essayé de mettre le feu à des échoppes le long du parcours de la manifestation de masse, selon un responsable de la police locale. Ils ont aussi obligé des usines textiles à fermer. L'immeuble abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé leurs relations avec des ateliers du Rana Plaza où travaillaient quelque 3.000 personnes. Des ouvriers s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d'embaucher normalement le jour suivant. Les Etats-Unis n'ont pu dire si des marques de vêtements américaines se fournissaient auprès des ateliers présents dans l'immeuble mais ont plaidé pour de meilleures conditions de travail dans ce secteur. L'accident "démontre qu'il faut que le gouvernement, les propriétaires, les consommateurs et les travailleurs trouvent des moyens d'améliorer les conditions de travail au Bangladesh", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Patrick Ventrell. L'Organisation internationale du travail (OIT) a lancé vendredi un appel aux autorités du Bangladesh et aux partenaires sociaux de ce pays pour qu'ils aident à créer des "lieux de travail sûrs". En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment l'américain Walmart avait fait 111 morts à la périphérie de Dacca.
Cet article vous a plu ! Partagez-le maintenant

A lire également

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En continu

RDC: inculpation d'un colonel dans le procès du meurtre de 2 experts de l'ONU

RDC: démission du vice-président de la Commission électorale

Bondoukou abrite un atelier sur la gestion des écosystèmes dans le bassin de la Volta en Côte d’Ivoire

Des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales de la Cedeao planchent à Abidjan sur le programme de la monnaie unique

Une trentaine de cadres africains en formation sur la tarification de l’électricité à Abidjan