Turquie: Heurts et blessés à Istanbul pour le 1er mai
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 Turquie: Heurts et blessés à Istanbul pour le 1er mai

Turquie: Heurts et blessés à Istanbul pour le 1er mai

AFP | Lu 560 fois | Publié

Plusieurs personnes, dont un photographe de l'AFP et deux policiers, ont été blessés dans des heurts survenus mercredi entre la police et des manifestants de gauche à l'occasion du 1er mai à Istanbul où les autorités ont interdit tout rassemblement en raison de travaux de rénovation en cours sur la place emblématique Taksim.

Une dizaine de manifestants, dont la plupart on subi des malaises cardiaque en raison du gaz lacrymogène utilisé en abondance par la police anti-émeutes, ont été hospitalisés. Un photographe de l'AFP a été violemment pris à partie par des manifestants anarchistes cagoulés qui ont brisé son matériel. Le gouvernorat d'Istanbul a annoncé en outre que 20 manifestants ont été interpellés par la police. Dès le petit matin, les unités anti-émeutes de la police sont entrées en action en faisant usage de canons à eau et de grenades lacrymogènes pour empêcher les regroupements dans le quartier de Besiktas, a 2 km de Taksim, sur la rive européenne de la ville. Les manifestants, quelques centaines de personnes, réunies a l'appel de partis de gauche et de syndicats, ont riposté par des jets de pierre. "Mort au fascisme", "longue vie au 1er mai", ont scandé les manifestants. Des échauffourées ont été signalés dans trois quartiers menant à Taksim vers lesquels les routes ont été fermées et barricadées pour empêcher les manifestants d'y accéder. De nombreux riverains et passants ont été incommodés par les gaz. Les petits restaurateurs du quartier ont offert des quartiers de citron aux manifestants, le jus de citron apaisant les effets des gaz lacrymogènes. Les bureaux stambouliotes du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, situés dans le quartier avoisinant de Besiktas, étaient barricadés et défendus par plusieurs dizaines de policiers soutenus par un blindé anti-émeute. Un groupe d'une trentaine de féministes, agitant leurs drapeaux violets et scandant "tous ensemble contre le fascisme", a été repoussé par la police à coups de grenades lacrymogènes qui ont fait suffoquer les manifestantes. Des manifestants ont interpellé l'hélicoptère de la police qui surveillait et filmait les heurts en brandissant vers lui le drapeau turc: "Tu le vois? Tu vois ce que vous êtes en train de faire?". "Assassins, sans honneur", hurlait d'autre part un vieillard a la barbe blanche, alors que la police continuait de jeter des grenades en dépit des appels a l'aide pour soigner les victimes de malaise. Vingt-deux mille policiers ont été mobilisés pour cette journée. En milieu de journée, la tension était retombée avec une dispersion graduelle des manifestants venus aux abords de Taksim. En revanche, la Fête du travail a été célébrée sans incident dans au moins deux autres places de la mégapole turque et dans d'autres villes de Turquie, ont rapporté les chaînes de télévision. Le gouvernement turc a décidé d'interdire le rendez-vous du 1er mai sur la place de Taksim, jugeant que le chantier engagé en novembre dernier pour en détourner la circulation automobile empêchait d'assurer la sécurité des dizaines de milliers de manifestants attendus. La centrale syndicale des ouvriers Disk (gauche) a toutefois décidé de passer outre. La police est aussi intervenue mercredi près des bureaux de ce syndicat situés aux abords de Taksim contre les manifestants, utilisant encore une fois des grenades lacrymogènes. Des députés du principal parti d'opposition (CHP, social-démocrate) qui étaient sur les lieux ont dû se protéger dans des immeubles avoisinants. "C'est une répression inacceptable contre les travailleurs", a déclaré aux journalistes le vice-président de cette formation, Gürsel Tekin, dénonçant l'agissement des "mentalités fascistes", en référence au gouvernement islamo-conservateur. Le 1er mai 1977, des inconnus avaient ouvert le feu lors du rassemblement du 1er mai, provoquant la panique parmi la foule et la mort de 34 personnes. Le Parlement turc a rétabli le 1er mai comme jour férié en 2009 et le gouvernement a autorisé les rassemblements l'année suivante à Taksim. Le gouvernement a toutefois autorisé pour mercredi le dépôt d'une gerbe à la mémoire des victimes de 1977, ainsi que la lecture d'une déclaration.
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