La Suisse vote dimanche sur le durcissement de la loi sur l'asile
0
 

Écouter
La Suisse vote dimanche sur le durcissement de la loi sur l'asile

La Suisse vote dimanche sur le durcissement de la loi sur l'asile

AFP | Lu 863 fois | Publié

La Suisse va voter dimanche par référendum sur le durcissement d'une nouvelle la loi sur l'asile visant à endiguer le flot des réfugiés attirés par ce petit pays considéré comme un eldorado, mais contestée par une fraction de la population.

Les Suisses se prononceront également le même jour sur l'élection de leur gouvernement par le peuple, un texte qui a de très fortes chances d'être refusé, contrairement au durcissement des conditions d'asile, selon les derniers sondages. Quatre fois par an, les Suisses votent sur des questions d'intérêt national, cantonal ou communal, un principe de base dans leur système de démocratie directe. Actuellement, quelque 48.000 personnes sont en attente d'un droit d'asile. Ce nombre tient compte des 28.631 nouveaux arrivants en 2012, un chiffre record depuis 2002. Seuls 11,7% des requérants ont décroché l'asile en 2012, après des années d'attente. La nouvelle loi sur l'asile, entrée en vigueur à l'automne et contestée par une fraction de la population, a pour objectif principal de réduire la durée de la procédure à quelques mois et non plus quelques années. "Laisser des personnes et leur famille aussi longtemps dans l'incertitude est inacceptable", avait déclaré la socialiste Simonetta Sommaruga, ministre en charge du dossier. "Des procédures qui traînent en longueur et le statut de requérant empêchent une intégration rapide", avait-elle ajouté. Aussi longtemps que la personne voulant vivre en Suisse a le statut de requérant, elle ne peut pas travailler ni vraiment s'intégrer. Elle vit de subsides de l'Etat. En moyenne, l'aide sociale versée aux requérants d'asile s'élève à 1.200 CHF (1.000 euros) par mois et par personne. Dès l'adoption de la loi, les opposants, des représentants d'associations de défense des droits de l'homme, d'églises et de syndicats, ont lancé une campagne pour réunir le nombre de signatures nécessaires à l'organisation du référendum. Ils se sont rassemblés sous le collectif "Coordination contre l'exclusion et la xénophobie". Mais selon les derniers sondages, le durcissement de la loi devrait être approuvé par le peuple. Pour la Conférence des évêques suisses, qui milite pour le "non" à la nouvelle loi, "derrière chaque statistique se cachent des destins d'hommes et de femmes", et "personne ne quitte sa patrie de plein gré, ne sachant pas ce que lui réserve l'avenir dans un autre pays ou continent". Les évêques déplorent notamment une disposition de la nouvelle loi, qui ne permet plus les demandes d'asile dans les ambassades suisses, un cas unique pour un pays européen. "En supprimant cette possibilité, les réfugiés sont acculés à payer des intermédiaires et à choisir des voyages à hauts risques", dénonce l'organisation religieuse. Selon le gouvernement, moins de 4% des requérants ayant choisi de demander l'asile via une ambassade, obtenaient en fin de compte le précieux sésame. La nouvelle loi prévoit aussi l'ouverture de centres spécifiques pour les requérants récalcitrants. Elle ne reconnait plus la désertion comme motif d'asile. Cette disposition était surtout utilisée par les Erythréens. La nouvelle loi limite également l'asile familial, qui a été réservé au conjoint et aux enfants mineurs. La Suisse accueille aujourd'hui proportionnellement 4 à 5 fois plus de réfugiés que la France, l'Allemagne ou l'Italie. En 2012, les requérants d'asile en Suisse venaient principalement d'Erythrée, du Nigeria, de Tunisie, de Serbie et d'Afghanistan. L'autre grand sujet soumis à votation dimanche est une proposition du parti de l'Union démocratique du centre (UDC , droite populiste) d'élire le gouvernement par le peuple, et non plus par le parlement. Le système actuel d'élection par le parlement a été mis en place il y a 165 ans. Selon l'UDC, qui défend ce projet, l'élection du Conseil Fédéral par le peuple renforcerait sa légitimité, et mettrait fin "aux intrigues de bas étage qui marquent aujourd'hui l'élection du Conseil fédéral par le Parlement". Christoph Blocher, l'un des leaders de l'UDC, n'a pas retrouvé en décembre 2007 son siège de Conseiller fédéral, à la suite d'un subtil jeu d'alliances entre plusieurs partis suisses, pour faire échec à sa candidature. Furieux de s'être fait ainsi évincer, l'homme politique a lancé l'idée d'une élection du Conseil fédéral directement par le peuple. L'initiative de l'UDC est rejetée par tous les partis suisses, ainsi que par le gouvernement, qui estime que le parlement en ressortirait affaibli. Selon un sondage effectué entre les 17 et 25 mai, seuls 25% des Suisses vont voter en faveur de cette initiative.
Cet article vous a plu ! Partagez-le maintenant

A lire également

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En continu

Mali : un soldat malien blessé dans un échange de tirs avec des soldats allemands

RDC: Tshisekedi parle avec Kabila de la formation d'une coalition gouvernementale

Libye: situation "dramatique" de la liberté de l’information, déplore RSF

France/"Gilets jaunes" : un intellectuel cible d'injures antisémites

France/"Gilets jaunes" : un intellectuel cible d'injures antisémites