Transactions suspectes: le président de la Banque du Vatican prône la "tolérance zéro"
0
 

Écouter
Transactions suspectes: le président de la Banque du Vatican prône la

Transactions suspectes: le président de la Banque du Vatican prône la "tolérance zéro"

AFP | Lu 848 fois | Publié

La banque du Vatican ou Institut pour les oeuvres de religion (IOR) doit avoir une "tolérance zéro" envers les transactions suspectes et mettre fin à la "culture du silence" qui prévalait en son sein, estime son président, l'Allemand Ernst von Freyberg dans un entretien avec l'AFP.

L'IOR doit redevenir "un membre bien accepté du système financier international", juge le baron allemand, qui avoue tout ignorer de projets de réformes de François qui pourraient avoir des implications sur "la banque du pape". Cet industriel des chantiers navals Blohm & Voss, nommé en février par Benoît XVI, affirme s'être fixé "un objectif très concret: faire en sorte que le processus international Moneyval (qui vérifie la transparence du Saint-Siège en matière de lutte anti-blanchiment) puisse être mené à bonne fin dans les prochaines semaines" pour ce qui concerne l'IOR. Il juge "possible" d'y arriver, parce "beaucoup de choses sont déjà en place", espérant avoir "fini à l'été". L'institut gère --pour 7 milliards d'euros-- les comptes du clergé, et donc aussi bien de la sœur philippine qui fait ses études à Rome que les évêques et cardinaux et les transferts d'argent des congrégations religieuses. Certains scandales retentissants ont entaché sa réputation, des milieux criminels ayant profité de l'anonymat pour y blanchir leurs fonds. Le plus important, la faillite du Banco Ambrosiano, remonte à 1982, mêlant CIA et loge maçonnique. Le pontificat de Benoît XVI avait marqué une rupture avec l'opacité, et la volonté de normaliser la situation. Depuis l'arrivée du nouveau président, une équipe d'experts d'une agence de consultants financiers, Promontory, aide à vérifier un à un chacun des 19.000 comptes de l'IOR. "Mon rôle est d'améliorer notre réputation: que le message de l’Église ne soit plus assombri par de mauvaises nouvelles venant de nous", explique M. von Freyberg. Aujourd'hui, il partage avec le directeur de l'Agence d'information financière (AIF) du Vatican, le Suisse René Brühlart, "le même objectif": "tolérance zéro pour toute transaction" suspecte. "Nous ne sommes pas une banque, nous ne cherchons pas le profit, chaque pfennig en excédent doit servir au Saint-Siège. Nous devons être propres sous tous les aspects juridiques", insiste le baron allemand. Pour M. von Freyberg, "la sécurité est notre atout le plus important". "Nous gérons 7 milliards d'euros. Nous assurons aussi des services de paiement: un ordre de religieuses peut gérer un camp de réfugié au Soudan ou une clinique. Il ne lui est pas facile d'envoyer de l'argent et nous le faisons" pour son compte. La réputation sulfureuse de l'IOR, selon l'industriel, provient d'un "triangle" de causes". Il y a "les choses qui n'étaient pas correctes" comme le Banco Ambrosiano, puis "les rumeurs et les calomnies", "qui ont été de toutes sortes, franc-maçons, mafia, Satan, Oussama ben Laden". Ces bruits "ont fleuri d'autant plus --et là c'est la troisième pointe du triangle--que nous n'avons pas parlé", reconnaît-il. "Quand on se tait, c'est déjà un message. Un message compris comme le fait d'avoir à cacher quelque chose. Cette culture du silence n'est pas née de mauvaises intentions. C'était simplement la mauvaise décision", juge-t-il. M. von Freyberg a demandé que soit documentée l'histoire de l'IOR "comme elle était", pour mettre fin aux rumeurs. Parmi les volets de la nouvelle communication: des actions juridiques immédiates contre les calomnies dans les médias, une communication interne "très organisée et moderne", des visites aux cardinaux "pour leur expliquer ce que fait l'IOR". Le 1er octobre, un rapport annuel sera présenté comme le font toutes les banques, et "chacun dans le monde pourra le consulter" sur un site internet. Mais quels sont les projets du pape argentin qui ne cesse de prôner une "Église pour les pauvres" et a récemment affirmé que "Saint-Pierre n'avait pas de compte en banque"? "Il n'y a pas une seule personne qui sache ce qu'il pense du IOR, et ce qu'il envisage", dit le banquier, rejetant toutes les "spéculations" qui circulent dans la presse et qui vont jusqu'à une fermeture de l'IOR. Curieusement, M. von Freyberg n'a pas encore eu d'entretien prolongé avec le pape François. "Je lui ai été présenté quelques secondes. Je vis à la résidence Sainte-Marthe quand je séjourne ici, et parfois je peux aller à la messe. C'est ainsi que deux ou trois fois, je lui ai été présenté", a dit l'industriel qui passe plus de trois jours par semaine à Rome et vit le reste du temps à Francfort. "Nous lui sommes tout dévoués, et il va nous dire ce qu'il a comme projet pour nous, affirme M. von Freiberg. Nous avons une mission, cette mission est donnée par lui". "Nous essaierons de l'accomplir comme il nous la confiera", dit-il, se définissant comme un membre du grand "troupeau" de l’Église qui suit ce que dit son "berger".
Cet article vous a plu ! Partagez-le maintenant

A lire également

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En continu

Costa-Rica/Venezuela : l'ambassadrice de Guaido va quitter l'ambassade à la demande du gouvernement

Sénégal: faute de débat, des candidats de l'opposition face à un panel citoyen

Kenya: report du jugement sur les lois criminalisant l'homosexualité

La direction générale des impôts (DGI) a franchi la barre des 2000 milliards de francs CFA en 2018 dans la mobilisation des ressources

Une nouvelle entreprise s’installe pour l’enlèvement des ordures ménagères dans le Sud-Comoé