Autriche: après son revers, la coalition du centre contrainte au renouveau
0
 

Écouter
Autriche: après son revers, la coalition du centre contrainte au renouveau

Autriche: après son revers, la coalition du centre contrainte au renouveau

AFP | Lu 1309 fois | Publié

Une poursuite de la coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs reste l'option la plus probable en Autriche, mais elle est contrainte au renouveau après des élections législatives marquées par le revers historique des partis du centre et la montée de l'extrême droite et des populistes eurosceptiques.

"Continuer la grande coalition après le résultat d'hier, comme si rien ne s'était passé, serait un mépris flagrant de la volonté des électeurs", écrit le quotidien Sazlburger Nachrichten lundi dans un éditorial intitulé "Vont-ils enfin se réveiller?" "Il n'y aurait rien de plus stupide que de continuer comme avant", estime le politologue Peter Ulram de l'institut Ecoquest à l'AFP, invitant les partis du centre à enfin entamer des réformes des retraites et de l'éducation, point faible de la république alpine. Le Parti social-démocrate (SPÖ) du chancelier Werner Faymann a certes remporté le scrutin, recueillant 27,1%% des suffrages selon des résultats officiels provisoires, soit deux points de moins qu'il y a cinq ans. Mais il s'agit du plus mauvais score des "Rouges" depuis l'avènement de la 2e République en 1945 et l'effondrement de la dictature nazie. Avec 23,8% des voix, le Parti populaire ÖVP (démocrate-chrétien), son allié gouvernemental traditionnel, accuse un recul similaire et touche lui aussi le fond. Malgré un bilan économique et social honorable sur fond de crise financière mondiale, tous deux ont payé le prix des scandales de corruption de ces cinq dernières années et surtout des querelles internes qui ont conduit à une paralysie des réformes. Même si la grande coalition est la constellation gouvernementale préférée des Autrichiens et un gage de stabilité dans un pays attaché au consensus social, le résultat de dimanche traduit une certaine frustration. "Les choses ne peuvent pas continuer ainsi", a d'ailleurs reconnu dimanche le vice-chancelier conservateur Michael Spindelegger. Son parti entend se laisser du temps avant de réfléchir à la suite, a-t-il ajouté, alors que Werner Faymann, qui sera chargé de former un gouvernement, s'est d'ores et déjà déclaré prêt à discuter avec les conservateurs pour reconduire la coalition. Spéculations... "J'aime les relations stables, c'est pourquoi je préfère une coalition à deux", a expliqué le chancelier au journal populaire Österreich de lundi, tout en excluant une alliance avec le parti d'extrême droite FPÖ de Heinz Christian Strache, dont la photo tout sourire et pouce levé figure en bonne place dans tous les journaux. Avec 21,4% des suffrages, les "Bleus" font parti des grands vainqueurs du scrutin. Ils ont progressé de près de quatre points par rapport à 2008, profitant largement de la lassitude des Autrichiens vis-à-vis de leur grande coalition. L'autre force d'extrême droite BZÖ, parti créé en 2005 à l'issue d'une scission du FPÖ par le dirigeant charismatique Jörg Haider, décédé en 2008, n'a pas réussi en revanche à rester au Conseil national, la chambre basse du parlement. Il recueille 3,6% des voix, contre 10,7% en 2008. Orphelin de Haider, le parti a fait les frais aussi d'un nouveau venu dans la politique autrichienne, le milliardaire austro-canadien eurosceptique Frank Stronach (5,8%). "Le camp du populisme de droite augmente en Autriche", s'inquiète le grand quotidien de centre gauche Der Standard: "Si on compte ensemble les voix du FPÖ, de l'Equipe Stronach et du BZÖ, on voit que près d'un tiers des Autrichiens ont voté pour des populistes. C'est unique en Europe". Le peu d'empressement de Michael Spindelegger à entamer des discussions avec le SPÖ alimentait lundi des spéculations sur une coalition entre l'ÖVP, le FPÖ, et l'Equipe Stronach, qui rassemblent 98 sièges à eux trois contre 99 pour le couple SPÖ/ÖVP, sur les 183 sièges du parlement. "Il y a un peu de 1999 dans l'air", a estimé le politologue Anton Pelinka sur l'antenne de la radio publique Oe1, quand le FPÖ -- dirigé à l'époque par Jörg Haider -- et l'ÖVP avait formé un gouvernement, ce qui avait valu à l'Autriche d'être mise au banc de l'Union européenne pendant six mois. Selon lui, il y a au sein de l'ÖVP "une disposition plus grande" à prendre des risques, même si un tel scénario reste "improbable".
Cet article vous a plu ! Partagez-le maintenant

A lire également

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En continu

Des consultations dentaires gratuites au profit de 1500 écoliers à Abidjan

Corée du Nord: Kim Jong Un refuse une invitation de la Corée du Sud

Planification familiale: la Côte d’Ivoire veut accroître sa prévalence contraceptive

44 groupes artistiques issus de 15 pays sélectionnés pour le MASA 2020

Des élèves de Sikensi s’engagent à éviter les congés anticipés