La droite bien partie pour décrocher le Grand Paris
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La droite bien partie pour décrocher le Grand Paris

La droite bien partie pour décrocher le Grand Paris

Libération | Lu 1318 fois | Publié

MUNICIPALES, au vu des résultats du premier tour, l'opposition pourrait bien obtenir la majorité des sièges au sein du futur conseil métropolitain du Grand Paris. Une surprise qui prend tout le monde de court.

C’est le scénario qui affole la gauche et prend de court la droite: même si Paris reste à gauche après le deuxième tour des municipales, la métropole du Grand Paris, qui verra le jour au 1er janvier 2016, sera probablement à droite. La présidence de la structure deviendrait ainsi, selon le mot d’un spécialiste «le plus beau poste d’opposition en France». Ce que personne n’avait prévu. Les 337 membres du futur conseil métropolitain étant issus des conseils municipaux, le premier tour des élections dans les 124 communes de la métropole a d’ores et déjà dessiné l’esquisse générale, peinte en noir pour la gauche. Il faudrait qu’elle ne perde aucune des villes difficiles à garder, type Bobigny, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Villepinte, Saint-Ouen ou Livry-Gargan pour espérer un petit 51% des conseillers. Hypothèse peu vraisemblable. Daniel Guiraud, maire PS des Lilas (réélu) et président de Paris Métropole pense que «c’est la déroute» et que «dimanche va amplifier ce résultat». Vent d'affolement Le système de désignation des conseillers offre, dans chaque ville, une forte prime majoritaire au camp qui emporte la municipalité. Paris, cas à part, enverra à la métropole 90 conseillers reflètant le rapport gauche-droite au sein du Conseil de Paris. Mais dans les autres communes, le nombre de conseillers, lié à la population, sera au maximum de cinq dont minimum quatre pour la majorité et un pour l’opposition. Avec quelques villes qui basculent, c’est vite plié. Dans la gauche francilienne, «souffle un vent d’affolement», reconnaît un élu. L’arithmétique étant sans espoirs, tous les regards se tournent vers les communes limitrophes de la métropole. Elles ont jusqu’à septembre pour décider si elles y adhèrent ou pas. Argenteuil par exemple, où le socialiste Philippe Doucet pourrait conserver la mairie, apporterait cinq sièges à la gauche si l’envie lui prenait de rejoindre la métropole. Ce genre de montage rendrait la victoire envisageable quoique peu honorable. Mais ce retrournement de situation est problématique aussi pour la droite. Ce coup-là, elle ne l’a absolument pas vu venir. Contrairement au prudent Claude Bartolone qui a pris la précaution de se faire élire au conseil municipal du Pré-Saint-Gervais, aucun des pontes de la droite n’a rien prévu. Ni Patrick Devedjian, ni Roger Karoutchi, ni Valérie Pécresse ne sont élus municipaux. Reste... Nathalie Kosciusko-Morizet. La chef de l’opposition parisienne présidente du Grand Paris? Pittoresque. Effets secondaires S’estimant «légitime sur le sujet», Philippe Dallier, sénateur-maire UMP des Pavillons-sous-Bois, militant d’une métropole très intégrée, a posé ce matin sa candidature à la présidence, via Twitter. Il a pour lui la constance et contre, son isolement parfait chez les siens. Cette nouvelle donne électorale provoque en outre de multiples effets secondaires. Elle réactive le débat entre les partisans d’une métropole fédérée, coopérative des intercommunalités, et ceux d’une métropole intégrant les communes dans une structure unique. Les premiers avaient perdu à l’Assemblée et ils rappellent aujourd’hui que si on avait gardé le filtre des intercommunalités, le paysage politique serait moins net. Les fédéralistes voient leurs adversaires, et leur mentor Claude Bartolone, «pris à leur propre jeu». «Ils avaient une conception un peu propriétaire de la métropole», dit l’un d’entre eux. Et brusquement, changement de propriétaire... Daniel Guiraud, le maire des Lilas qui faisait partie des «intégrateurs», se veut beau joueur: «On savait tous, quand on a lancé cette construction, qu’il n’y avait aucune garantie pour la gauche là-dessus.» Reste enfin le gouvernement, que cette situation met dans une posture difficile. Est-il si urgent désormais de supprimer les intercommunalités en première couronne comme c’est prévu dans la loi de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles? Ne vaudrait-il pas mieux observer quels seront les rapports droite-gauche au sein de ces structures avant de les envoyer au cimetière des institutions? Et les départements? Faut-il encore se dépêcher de les faire disparaître, comme l’a annoncé le Premier ministre, en les offrant à la métropole dirigée par la droite? Nouvelle donne.
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