France: le maintien de la tutelle de l\'Intérieur sur l\'immigration critiqué
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France: le maintien de la tutelle de l\'Intérieur sur l\'immigration critiqué

France: le maintien de la tutelle de l\'Intérieur sur l\'immigration critiqué

AFP | Lu 1997 fois | Publié

En maintenant l'immigration au ministère de l'Intérieur, le gouvernement français contredit les engagements du nouveau président socialiste François Hollande et signe la poursuite d'une politique répressive dans ce domaine, estiment associations et experts. "Le rattachement de l'immigration à l'Intérieur relève d'une politique du 'tout répressif'", qui "a induit un malaise chez les policiers appelés à faire des reconduites à la frontière pour obtenir des chiffres", analyse l'historien de l'immigration Patrick Weil. Durant son quinquennat, l'ex-président conservateur Nicolas Sarkozy a conduit une politique de maîtrise des flux qui s'est traduite par plus de 100.000 expulsions. Il s'était fixé un objectif de 40.000 pour 2012 s'il était réélu. En 2007, Nicolas Sarkozy avait créé un "ministère l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire", fortement critiqué pour avoir associé "immigration" et "identité nationale", et qui disparaîtra lors d'un remaniement en novembre 2010. Ses attributions avaient alors été absorbées par le ministère de l'Intérieur, un véritable "hold-up", selon le juriste Serge Slama. Outre la gestion des flux migratoires, l'Intérieur prenait alors le contrôle de l'asile, des naturalisations, et de l'intégration dévolues auparavant aux ministères des Affaires étrangères, de la Justice et des Affaires sociales. Pour M. Slama, le "vrai problème c'est qu'il n'y pas de politique d'immigration" depuis l'élection de M. Hollande, alors que Nicolas Sarkozy, "en avait une même si elle n'était pas cohérente". L'expert en veut pour preuve le placement de 25 enfants en rétention depuis l'élection de M. Hollande alors qu'il s'était engagé à mettre fin à cette pratique dès le mois de mai. "Une instruction y suffirait", selon M. Slama. Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, reçu lundi à la présidence, a rappelé plusieurs fois ces dernières semaines que les enfants d'immigrés clandestins ne devaient pas être placés dans des centres de rétention administrative (CRA). Pour M. Weil, le maintien de l'immigration dans le giron de l'Intérieur est "contradictoire avec les engagements de M. Hollande" et "augure mal de la réalisation de ces engagements et du programme du Parti socialiste". Selon lui, c'est le Premier ministre qui devrait jouer un "rôle de coordination" en matière d'immigration professionnelle qui doit être définie lors d'un débat annuel au Parlement, comme M. Hollande s'y était engagé, et les naturalisations et l'asile devraient relever du ministère de la Justice. Le Réseau éducation sans frontières (RESF) a dénoncé "la poursuite assumée de la politique sarkozyste en matière d'immigration" après l'expulsion d'un père de famille macédonien. La politique d'immigration du nouveau pouvoir s'inscrit "dans la continuité" de celle de M. Sarkozy pourtant combattue par le PS lorsqu'il était dans l'opposition, dénonce France Terre d'Asile (FTA). "Il n'y a là aucun signe encourageant pour la société civile et les défenseurs des droits de l'Homme. Un changement nous avait été promis mais les premières notes jouées par le nouveau gouvernement sont hélas issues d'un répertoire qui n'a suscité jusqu'alors que rejet", déplore l'association.
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